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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 00:17

Aujourd’hui je suis retourné à l’âge du shifumi, mais avec un stylo à la place des ciseaux et une pierre qui sert pas à grand-chose dans ces cas là. Par contre, la feuille était bien là.

 

Car oui, aujourd’hui je fus plongé dans le noir (relatif, il faisait jour dehors) suite à une coupure de courant. Je regardais tranquillement mes meilleures ventes du mois quand soudain, zbiouf.

 

*zbiouuuuuuf*, plus précisément.

Plus rien.

Ecran noir.

Le réflexe dans ces cas là est évidemment de taper sur son écran, on sait jamais, suivi d’un long pfff (je suis très onomatopesque ce soir) quand on se rend compte que les lumières sont aussi éteintes (ça sent soit le complot, soit la panne, soit les deux).

 

Bon, très bien, ça va revenir bientôt, on va pas s’énerver pour si peu, au moins j’ai eu le temps de rentrer le stock de nouveautés, ça m’évite de prendre du retard pour cause technique.

 

Sauf que non.

Et arrivent des clients.

A qui je ne peux décemment refuser de vendre des livres parce que c’est mon boulot, déjà, et que je ne puis fuir mes responsabilités aussi facilement (même quand on est un homme) et ensuite parce que j’ai des piles de nouveautés à faire baisser et que telles les vaches dans le pré, elles vont pas se traire toutes seules.

 

Le problème qui se pose, car dans ma vie il y a toujours un problème qui se pose (enfin que je me pose comme un grand), c’est que ma vie de libraire dépend de mon ordinateur et de mon logiciel de gestion. Il est beau, grand, fort et il fait tout tout seul sans jamais chouiner (sic) et m’obéit sans rechigner. J’ai mon stock bien en tête, donc de ce côté ça va (et puis techniquement, on a beau être à l’ère de l’informatique, je suis encore capable de me déplacer vers les bacs). Par contre en revanche, et on va mettre ça sur le compte de ma scolarité : je suis une triple buse pour tout ce qui est maths, ce qui inclut les additions, les soustractions et le rendu de monnaie.

 

J’avais consciemment choisi de laisser mon subconscient gérer tout ça, mais voilà que mon passé refait surface. Au lycée, convaincu empiriquement que c’était pas mon truc (de travailler), j’ai décidé que les maths, de toute façon, j’y comprenais rien, qu’il fallait s’y faire, que c’était comme ça, autant abandonner une bonne fois pour toutes. Les solutions les plus simples sont après tout souvent les meilleures, tout du moins pour les plus simples d’entre nous. Ça fait donc quinze ans que je suis arbitrairement nul en maths (ce qui ne m’a pas empêché de passer mon bac éco avec 3 de moyenne sur l’année et 7 à l’examen, un miracle). Et me voilà devant ma feuille blanche, à noter ce que chaque client me prend, et à quel prix et à tenter vaguement de ne pas me planter quand je rends la monnaie (j’ai évidemment une calculatrice à portée de main, m’en fiche du regard moqueur des collégiens, suis habitué, même pas mal), car autant dire que mon calcul mental est autant au point que mes figures de patinage artistique (un indice : j’en ai jamais fait).

 

‘Bonjour, je vais prendre le nouveau Fairy Tail et le dernier One Piece’

‘Ca te fait….heu….voyons….5 et je retiens 4…13.45€ s’il te plait’

‘Ah, je vais prendre aussi le Kurokami tome 5’

*groumpf* (mais avec le sourire)

‘voyons...trois et trois neuf moins sept... ça te fait 20.90 €’

‘ah mince, j’ai que 20€’

Généralement, dans ces cas là, je fais les 5% automatiques, sauf que bon hein, faut pas non plus trop m’en demander, j’étais pas en état (je sais le faire, merci hein, je suis quelqu’un de très intelligent, c’est plus à démontrer, mais dans les conditions de l’examen, c’est toujours plus stressant).

‘Ah bah va falloir en enlever un…’

et c’est parti pour des ratures, une soustraction et une feuille qui ressemble déjà plus à grand-chose.

 

C’est à ce moment que je me suis rendu compte à quel point j’étais dépendant de cette technologie, comment donc qu’ils faisaient avant, hein ? Je me suis surtout rendu compte que je le vivais très bien, d’être dépendant et que je voulais seulement qu’on me rende mon ordinateur, mon imprimante, mon Internet et éventuellement mon téléphone, mais ça c’est pas trop urgent.

 

Et la lumière fut.

Sauvé par le gong…

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Published by Le libraire en question
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commentaires

s_kara_b 19/01/2009 12:24

Nous ne sommes pas devenus dépendants ou nuls, juste nous changeons!!
Après tout, il y a bien longtemps, ils utilisaient les étoiles pour se repérer, ensuite les cartes (papier), et aujourd'hui ça devient le GPS.
C'est l'évolution : les choses changent, c'est comme ça.

(Bein quoi?? On s'rassure comme on peut!!;)

Anonyma 15/01/2009 12:25

Mais, en fait si j'ai fait cette remarque, un peu à la légère il est vrai, c'est que ayant déjà vécu cette situation, j'ai trouvé qu'il manquait l'ambiance sonore.
A savoir les BIP-BIP incessants qui vous vrillent le crâne. Bloquant ainsi toutes les capacités de calcul (atrophiées) des libraires qui se trouvent au fin fond de cervelles d'habitude si alertes.

Anonyma 15/01/2009 11:58

Je sens le sarcasme...
Mais je l'ai bien mérité!

Le libraire en question 15/01/2009 12:05


non non au contraire. vu que mon message precedent etait un peu 'sec', me suis dit que je me rattraperais là. j'ignorais l'existence des ondueurs a vrai dire avant de changer mon materiel
informatique il y a quelques mois. tres pratique en effet


Anonyma 15/01/2009 11:37

ah, autant pour moi...

Le libraire en question 15/01/2009 11:48


mais merci pour le tuyau hein!


Matilou 14/01/2009 21:52

Lire la note d'hier.