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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:43

Son sac à dos doit faire à peu près cinq fois sa taille et quatre fois sa circonférence.

 

« A mon époque », on quittait l’âge gamin (c'est-à-dire le CM2) à partir du moment où on laissait de côté le Tan’s pour un sac à dos de marque quelconque (pas de raz de marée Ea***** encore). J’en déduis donc qu’il est au collège, à moins que les cartables ne soient plus obligatoires en primaire, moi j’en sais rien, ça fait 20 ans que j’y ai pas mis les pieds (ah quoique si, je fus contacté par les autorités en place afin de participer au départ en retraite de mon instituteur de CM1, il y a un peu moins de dix ans. J’y suis allé par curiosité pas forcément très émue, si ce n’est que ça m’a fait drôle de me dire que oh, c’est là qu’on nous forçait à manger ces horribles épinards-œufs durs, en passant devant la cantine (cantoche). De toute façon je l’aimais pas trop, cet instituteur, il me menaçait tout le temps de m’accrocher au porte manteaux par le col, ce qui à mon avis rentre dans le cadre des violences sur mineurs prévu par l’UNESCO (ou l’ONU, ou l’OTAN, ou le MEDEF, je m’y perds)).

 

Quoique le vrai signe concrétisant l’entrée au collège ce n’était pas que les baskets de marque aux pieds (autres que Tex, ça c’est pas de la marque. Je le dis à l’intention des femmes qui me lisent par millions et qui ne comprennent rien à la mode de l’adolescent et des pressions qu’il peut subir dans une cour de récré. Vous, tous ce que vous aviez à faire, c’était vous occuper du rembourrage et hop, c’est parti pour le concours de popularité (et le début de la longue et amère expérience de ce que c’est que de côtoyer des mâles au quotidien)). Non, c’est surtout le passage à l’agenda. Fini le cahier de texte tout pas beau. ‘Je peux écrire un mot sur ton agenda, on sera meilleures copines pour la vie’ sonne bien mieux que ‘il est nul ton cahier de texte, y’a pas de marques de baskets dessus’. Il est intéressant de noter qu’une fois le bac en poche, on passe à l’âge adulte, symbolisé par l’organizer (prononcer à l’anglaise au début, et finir par un ‘eeeeure’ bien Français). Bon, j’imagine qu’aujourd’hui, à l’ère d’Internet et des portables qui crachent leur musique irritante dans les transports en commun, les vrais adultes qui veulent piétiner une bonne fois pour toutes leurs agendas maculés (‘de toute façon Déborah j’ai jamais pu la piffrer ‘ sortent fièrement leurs pocket Pc (prononcer pocket à l’anglaise et pc à la Française) dans les amphis (ça existe encore hein, les amphis ? J’ai vraiment peur de passer pour le mec qu’est trop pas à la page, dans cette note).

 

Tout ça pour dire que ce pauvre ptit père, qui semble immuable à toute loi de la gravité (sinon il serait depuis belle lurette sur le dos, telle une tortue qui  n’a jamais demandé à hériter d’une carapace aussi ridiculement grande, surtout qu’elle n’a pas de quoi l’aménager correctement), déambule avec plus ou moins d’aise dans les allées.

 

Que je sens d’ailleurs qu’il va faire tomber quelques Bds.

Ça m’arrangerait que mon instinct légendaire fasse défaut ce matin, car honnêtement j’en ai un peu marre de faire des retours, je passe ma vie à ça en ce moment, donc s’il te plait petit bonhomme (oui, parfaitement, petit bonhomme, comme dans la chanson de Pierre Bachelet. Qui nous manque à tous), fais attention à ta carapace.

 

Voilà, doucement, pas de mouvements amples. Tranquille. On est pas pressé. Oui, les mangas d’occasion c’est là bas, je te laisse aller voir (en fait j’ai pas le courage de lui demander de laisser son sac à l’entrée, j’ose à peine imaginer le temps qu’il lui faut pour l’enfiler le matin, ni la force herculéenne induite).

 

‘Hey salut Théo !’

‘Salut !’ répond-il.

Se retournant brusquement.

 

Au moins une tortue, quand ça se retourne, ça le fait doucement, et ça fout rien en l’air. Saloperie.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Matilou 06/02/2009 16:18

C'est ce qui différencie un sac de garçon d'un sac de fille: les garçons y rangent leurs baskets, les filles ont plutôt un sac extra plat pour y glisser leur miroir...(Qui a dit "mort aux stéréotypes" ?) Et dire que leurs parents se plaignent des "cartables" trop lourd...

Ptit escargot 06/02/2009 02:24

Une note truffée de parenthèses ?! Est-ce là une déformation due à une lecture intensive de Jaenada ?
:)

PankkypH 05/02/2009 17:55

Mort aux stéréotypes !

Le libraire en question 05/02/2009 18:00


oui? ou ca?


Thibaud 05/02/2009 17:39

Sans souci ;)
Et faut aussi reconnaitre que ça donne une histoire très vivante.
En y repensant (tss, faut jamais commenter à chaud, je le sais pourtant) c'est sympa d'avoir la liste des idées en vrac qui passent en observant l'inéluctable (chute de piles de BD dans ton cas).

Thibaud 05/02/2009 16:56

Je me permet juste un ptit comm en passant, pour vous dire que c'est très plaisant de lire toutes vos z'Aventures'.
Mais (ben oui ...:)), j'avais un peu de retard à rattraper, et du coup j'ai lu un certain nombre de billets d'affilé.
Conclusion, la véritable histoire se situe très souvent entre les parenthèses. Et mélangé à l'histoire qui sert de prétexte, c'est pas simple et parfois fastidieux de vous lire (surtout quand on a 15 billets à lire). Mais c'est juste une remarque hein ;)
Ou alors c'est juste qu'aujourd'hui, j'ai le cerveau qui est passé en mode mono-tâche ;)
En tout cas, c'était surtout une remarque pour vous dire que vos billets sont sympas et raffraichissants à lire, bonne continuation

Le libraire en question 05/02/2009 17:03


en fait c'est surtout la note du jour qui est noyée dans les parentheses, je reconnais que ca la rend un peu indigeste.

mais bon, on s'y fait hein. parfois