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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 00:51

Il est de ces airs qui apparaissent dans la tête comme ça, sans prévenir, de manière très sournoise et qui s’immiscent pour une durée bien plus grande que de raison. Je l’ai déjà évoqué récemment : je me réveille avec un Cd. Et forcément, il vaut mieux que je fasse très attention à la première plage, car c’est elle que j’aurai en tête sous la douche (non, je n’y chante pas, je ne suis pas du tout suffisamment réveillé pour  ne serait-ce que penser à chanter. Je pense à me rincer, ce qui est déjà pas mal). Ces airs là, j’arrive à les identifier.

 

Quand je regarde La Folle journée de Ferris Bueller (ce fut le cas tout à l’heure, et c’est toujours aussi bien), je sais que j’aurai soit du Yello (Oooooooh Yeah…tchika tchika) soit Twist and Shout qui trotteront pendant un moment. Suivant mon humeur, il m’arrive même de m’imaginer sur un char dans un défilé entouré de tyroliennes, mais c’est une autre histoire.

 

Quoiqu’il en soit, avant d’être sauvé par Matthew Broderick in extremis, j’ai cru ne jamais me débarasser d’un air plus qu’improbable, sorti de je ne sais ou et qui a bien failli me rendre fou tout la journée : Les poèmes de Michelle, de Téri Moïse.

Bon sang que je déteste cette chanson.

 

Sans raison particulière en plus, et je n’ai pas du l’entendre depuis une douzaine d’années (à mon avis, je ne suis pas le seul à ne plus jamais l’avoir entendue). Ce qui nous ramène à l’été de mes 19 ans. Le bac tout juste en poche (oui, j’ai redoublé ma seconde, tout ça parce que je n’arrivais pas à rire à Ionesco. Je me suis rattrapé depuis), un mois passé à jouer les manutentionnaires (j’avais déjà la passion du carton) et faire des courses de Fenwick, et me voici sur la route, direction le sud, avec quelques amis triés sur le volet (que je n’ai plus jamais revus depuis, d’ailleurs, c’est dire si mes volets sont bien triés).

 

J’ai passé trois semaines au milieu de nulle part, pas loin de Montpellier, à faire la bombe dans l’Hérault (vous croyez quand même pas que je vais passer des vacances à Palavas ou la Grande Motte ?), et à dormir dans…comment décrire ça…une sorte de cabane en pierres au milieu des vignes, sans eau courante ni électricité ni toilettes, façon Koh Lanta, sauf qu’on pouvait aller acheter du rôti de porc à la boucherie du coin si on voulait, le riz et les vers (surtout que par là bas y’a que des limaces) ça va cinq minutes. Et ma seule fenêtre sur le monde, la seule façon de suivre Marie-José Perec et Michael Johnson, c’était la radio. Et cet été là, le tube c’était la Macarena (je préfère jouer une des tyroliennes plutôt que de me lancer dans la chorégraphie de la Macarena, il est des choses auxquelles je ne m’abaisse pas), suivi de près par la reprise de Killing me softly par les Fugees (One time). Et au milieu de cette cacophonie, cette chère Téri (j’ai longtemps cru que c’était un homme, d’ailleurs, derrière cette chanson horrible) qui nous explique que dans les poèmes de Michelle, les enfants ont des ailes pour, tenez-vous bien, voler. Ces vacances sont plutôt un bon souvenir, au final, donc mon aversion pour cette chanson de vient pas forcément de la réminiscence induite. D’ailleurs je l’ai détestée probablement la première fois que je l’ai entendue, c’est donc pas de la discrimination radiophonique face à la supériorité de la télévision (j’étais jeune et immature à l’époque). Non, c’est tout simplement arbitraire. J’ai aussi décidé que je ne supportais ni Toto ni Dire Straits, et bon courage pour me faire changer d’avis.

 

J’ai donc passé la journée à demander aux clients de me chanter une chanson, dans l’espoir vain qu’elle viendrait supplanter la tenace. C’est fou le nombre de clients méfiants, d’ailleurs, dont la première réaction était ‘pour quoi faire ?’ et non ‘oh mais oui bien sûr, avec plaisir, égayons cette pièce morne’. Il est là le problème avec le monde aujourd’hui : les gens ne chantent plus spontanément.

 

Et quand ils le font dans ma boutique, je leur demande s’ils ont craqué, ou bien ?

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Published by Le libraire en question
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commentaires

D.R. 04/03/2009 01:35

Milles pardons , j'ai vu Jerry , j'ai aussitôt pensé Jerry Seinfeld alors que, Jerry Hall existe aussi. Bon je m'arrête à ces deux Jerry , je suis à deux doigts d'en faire une liste ; )

Bonne nuit à vous deux et vivement le prochain article !

D.R. 04/03/2009 01:00

Attention les garçons , "Summertime" par the Zombie ou personne. ; P

Le libraire en question 04/03/2009 01:02


ouaip, tres bons The Zombies

par contre autant te prevenir de suite, des fois que tu croises Jerry lors d'une soiree mondaine rganisée par mes soins: c'est une fille. C'est pour eviter les faux pas


Jerry 03/03/2009 23:45

Alors moi dans ces cas-là j'ai mes "chansons-balais". Des chansons que j'aime, que je connais suffisamment bien pour pouvoir le repasser dans ma tête n'importe quand, et qui ont le magique pouvoir de dissoudre toute autre chanson dans la tête en question, ne laissant qu'une agréable fraîcheur (et sans parfums synthétique, c'est des détergents bio).
Le plus souvent, j'utilise House of the rising sun, mais Summertime (version Ella Fitzgerald, Janis Joplin est efficace mais beaucoup trop abrasive) donne aussi de bons résultats.

Le libraire en question 03/03/2009 23:46


oui, moi meme quan je chante du Janis Joplin, j'ai tendance a vouloir dechirer mes vetements tout en hurlant et me contortionnant.

ce qui est rarement recommandé


ororuK 03/03/2009 21:49

La chute de l'article est tellement inattendue qu'elle m'a entrainé avec elle, très bon !

Matilou 03/03/2009 20:19

J'avoue que ce qui hérisse le plus mes tympans, ce sont nos amis les Canadiens et Belges. Je les aime bien (la moitié de mes racines ont poussé dans l'un de ces deux pays...) sauf quand ils chantent...
Je ne peux pas m'empêcher d'associer ces paroles : "je t'aaiimmmme! je t'aaiimmmmmmmme! Comme un fou, comme un soldat, bla,bla,bla" à celles-ci: "le crapaud qui gueulait "je t'aime" a fini planté sur une croix"...