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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 00:07

Ouvrir un 1er et un 8 Mai quand ça tombe un samedi, c’est super fastoche, la question se pose pas trop, n’importe quel commerçant le fait les doigts dans le nez et la motivation au taquet. On voit pas grand monde, c’est comme un jour de semaine un peu fade, mais bon, c’est samedi, faut ce qu’il faut, et ça vaudra toujours le coup d’ouvrir. En gros, de manière générale, si je fais moins de 250€, c’est limite si je perds de l’argent donc ces jours-là je ferais mieux de rester chez moi avec des marshmallows sous la couette, un transistor qui passe du Blondie et une lampe torche pour lire le prochain livre sur ma pile. Comme ça arrive très (très) rarement, je n’ai jamais droit à ces petits bonheurs singuliers, et c’est un coup à finir aigri au fond d’un puits, ça. Il faut impérativement que je songe à m’occuper un peu plus de moi. Que je prenne le temps de me poser, de m’enduire, de reluire, de m’astiquer (oui bon ok, laissons de côté l’astiquage). Je comprends mieux le succès d’Yves Rocher en ces jours de tourments économiques où l’on se remet au centre du monde pour ne pas oublier qu’on existe (même si moi perso en ce qui me concerne je préfère aller sentir les savons au chocolat chez Lush, quitte à faire de la pub).

 

En parlant de marshmallows, je soulève un problème important : le supermarché près de chez moi n’en avait plus de normaux (les tout beaux tout roses et tout bleus et tout blanc). Il n’en restait plus que goût fraise tagada. C’est n’importe quoi. Je m’insurge. J’en ai évidemment tout de même acheté, je ne suis pas à une erreur de jugement près, mais quand même, quelle idée débile, pourquoi pas du Coca à la vanille ?

 

Bref.

Oui, donc. Ça suffit les digressions.

 

Par contre en revanche ceci étant, ouvrir un Jeudi 13 Mai, jour férié même si j’ai jamais bien compris pourquoi, et pourtant on me l’a expliqué de nombreuses fois, et pourtant (bis) je suis quelqu’un de foncièrement et profondément intelligent, ouvrir un Jeudi férié, donc, relève de l’abnégation et de la dévotion les plus totales. Il faut avoir rudement confiance en la vie, pour résumer. Ma librairie ne se trouve pas à Paris, je le rappelle, là où les gens sont habitués à ce que tout leur soit tendu sur un plateau, que les commerces soient ouverts à pas d’heure, que le parking soit gratuit au mois d’août et que les pigeons s’écartent toujours des roues des bus et des vélibs. Par chez moi, c’est différent : les commerçants préfèrent rester chez eux pour regarder à la télé le défilé de sosies de Jesus montant au ciel, tout est payant y compris au mois d’août et les pigeons sont interdits, il n’y a que les canards sauvages qui soient tolérés (pour trouver où je me cache, suivez un canard sauvage, il vous indiquera la route). Donc en gros, le centre ville est mort de chez mort, sauf quelques fiers combattants qui osent braver l’évidence et qui lèvent leur rideau métallique malgré tout.

 

C’est comme écrire un article de blog un Jeudi de méga pont forcé ou non (je me demande à quoi ça ressemble, un RTT), je sais très bien que personne ne me lira demain, que tout le monde en a profité pour partir quelques jours faire la fête à Acapulco et que l’Iphone ne capte pas là bas. Mais je m’en fiche. J’ai des choses à dire, et je vais pas laisser Jesus se transformer en bâtons dans mes pattes.

 

De toute façon, mon objectif du jour n’était pas de vendre des livres, ça c’est bon, je le fais tous les autres jours, je connais. Non, si j’ai ouvert, c’est pas pour faire la fête avec des rollers et des stroboscopes mais pour ranger le bordel incommensurable qui règne en ce moment dans la librairie. Mais j’étais un tantinet débordé : apprentie malade, cartons de partout et clients qui m’aiment, c’est pas toujours simple à gérer. Et ma foi, j’ai rempli ma mission, j’ai fait des cartons, fait de la place, rangé les mangas d’occasion (saloperies) et admiré le travail bien fait avec l’autosatisfaction de l’homme d’expérience qui sait qu’il assure.

 

Et visiblement j’étais le seul à me rendre compte que j’assurais et que j’étais beau et fort. Pas uniquement car effectivement je n’ai vu personne ou presque, mais aussi parce qu’un client est venu accompagné de madame et sa fille, que ces gens là sont tout en haut de ma liste de clients que j’aime bien et avec qui on rigole bien quand j’ai de la mousse de chocolat chaud sur le nez, qu’il a jeté un coup d’œil rapide aux livres alentours et a affirmé haut et fort :

 

‘Ouais je sais pas, je vois rien d’excitant dans la boutique’

Ça m’a vexé.

Parce que je suis bigrement excitant. D’abord.

 

 

Sinon j’ai lu Les aventures d’arthur gordon pym (Poe/Baudelaire). C’était chouette. Surtout la première moitié.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

mic 15/05/2010 19:57



moi, j'ai eu de la chance parce que pour l'ascension il y a foule : c'est la foire à tout, et comme le temps n'était pas franchement beau les gens sont venus se mettre à l'abri et acheter un peu
par la même occasion, donc vous devez suggérer à la municipalité de faire une foire les jours fériés!!



Le libraire en question 15/05/2010 23:04



ah oui, c'est une option.


quoiqu'un peu de tranquillité, de temps à autres, c'est pas mal non plus. Et une foire à tout, c'est rarement tranquille



sebar 15/05/2010 12:35



derniers jours d'un immortel !!! je dis oui. Coup de coeur dans ma librairie. A conseiller egalement aux psycho/socio/philo logues/sophes en herbe. Jeudi j'étais fermé, j'ai joué avec ma famille
au "Fleau des dieux". Un jeu de plateau, adaptation de la BD du meme nom (non, je dirai pas eponyme). Si tu vends quelques jeux, penses'y, le jeu est réussi, en plus .



Le libraire en question 15/05/2010 23:03



ah ouais non je fais pas dans le jeu de société (pas trop mon truc. et les jeux de plateau encore moins. Et le Fleau des dieux, beurk beurk)



Laure 14/05/2010 22:17



et bien, finalement, les gens n'avaient rien de mieux à faire que venir à la bib aujourd'hui, et en plus, il faisait beau, j'aurais bien fait le pont MOI et je serai meme pas allée emmerder les
gens qui bossent XD



Le libraire en question 14/05/2010 22:48



oui, pareil, j'ai eu tout plein de monde. Mais ils sont venus pour m'acheter plein de livres, pas pour m'emmerder, donc ca me va.


 


reste a voir si demain ce sera desert, du coup



Celle qui n'avait pas de loutre 14/05/2010 16:10



C'est vrai que les petits parisiens sont bien exigeants et impatients. Hier, alors que je travaillais dans la seule bibliothèque parisienne ouverte en ce jour férié, nombreux sont ceux qui ont
râlé pour avoir attendu près de quatre heures dehors pour pouvoir entrer. Quel manque de reconnaissance ! Ils ont tout de même eu la chance et l'honneur de voir mon visage réjoui d'être près
d'eux plutôt que sous ma couette. Et ils ont encore ce privilège aujourd'hui. Puis demain. Et dimanche. Et lundi... Et je confirme, y a bien tous les casse bonbon du coin ^^


 



Le libraire en question 14/05/2010 16:43



4h pour rentrer dans une bibliotheque?


ca me parait un peu abstrait. mais tant mieux, quelque part



Ly-anh 14/05/2010 15:32


Jour férié ? Ca existe encore ça ? Ca fait deux ans que je n'en ai pas vu. Toujours un concours blanc ou des révisions à mener de front ce jour là. Du coup ça fait deux ans que, quand il m'arrive
de sortir de chez moi en pareille occasion, je me dis "c'est bizarre, y a personne dans les rues aujourd'hui...". Avant de réaliser que, ah bah oui, les gens normaux ils profitent des jours fériés
pour pas travailler. Ca me console de savoir que je n'étais pas la seule à travailler hier !


Le libraire en question 14/05/2010 16:42



ca se revise, un concours blanc? ca me parait etre un peu de zele, tout ca


 


et pis quand on revise, c'est un peu tous les jours les vacances, surtout quand y'a rolland garos a la télé