/

Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 00:25

Tous les commerçants vous le diront, l’année 2011 fut toute pourrie toute nulle avec des bouts de crise dedans et de la baisse de consommation en veux tu en voilà malgré des produits soldés en permanence (je me demande si une partie du problème vient pas un peu de là, d’ailleurs, hein) et malgré des lendemains qui ne peuvent que chanter, la preuve, il n’a pas neigé en Décembre (les gens ont du coup été obligés de parler d’autre chose, notamment du manque de neige. C’est malin, un humain qui cherche un sujet bateau), c’est un signe de clémence, les affaires peuvent reprendre.

 

Le secteur de la librairie n’est pas épargné, même si les ventes de livres restent stables par rapport à l’an passé (en gros, les acheteurs de livres se tournent de plus en plus vers internet et de moins en moins vers les librairies physiques qui sentent bon le papier sec bien stocké en bon état dans des endroits chaleureux où il suffit de parfois se mettre sur la pointe des pieds pour attraper un livre plutôt que de demander à Bernard d’aller chercher le Fenwick). Mais bon, ça on en a déjà parlé en large de travers dans tous les sens de mes démonstrations brillantes et pourtant mesurées.

 

Le commerçant aime se plaindre, c’est comme ça. D’ailleurs, l’un d’entre eux se plaignait d’avoir trop de monde qui soudain voulait ses chocolats (les salauds) et que bon sang comment diable allait-il gérer cette affluence soudaine, non vraiment c’est n’importe quoi, les gens sont pas organisés. Des vrais problèmes, en somme. Si chacun venait récupérer sa petite boîte de manière un peu ordonnée, chacun son tour, à heure prédéfinie, et ce dès le 10 Septembre (le temps de s’occuper de la rentrée, quand même), ce serait bien moins le bordel et monsieur le chocolatier pourrait gérer son stock et son personnel sans craindre le rude fardeau du travail supplémentaire de dernière minute de la panique.

 

Et présentement, je n’ai aucune idée d’où je veux en venir.

Ah si.

J’ai vendu plein de livres, ces trois dernières semaines. Alors certes, cette semaine c’est celle des retours clients, ceux qui ont mal compris la liste (‘c’était pas les livres qu’il voulait, mais ceux qu’il avait déjà’), ceux qui ont refilé la liste en double ou en triple pour vraiment être sûrs de l’avoir, le One Piece t 59 (on vous ramène le vôtre, c’est plus pratique qu’au supermarché), et ceux qui sont pas contents de mes conseils pourtant avisés (‘j’ai pas aimé les trois premières pages, vous avez pas Les Profs, plutôt’ (et j’aimerais que ce soit une caricature faite pour faire sourire, mais non, c’est vraiment arrivé tout à l’heure, et j’ai toujours pas récupéré ma foi en l’être humain. Ça risque de prendre un bon moment)). Ca permet de revenir un peu sur terre, d’oublier l’euphorie du conseil à gogo, celle qui vous met sur un petit nuage et vous empêche de redescendre faire le reste de votre boulot qui pendant ce temps s’accumule et qu’il va bien falloir rattraper entre deux bouchées de dinde aux marrons.

 

Mes apprentis ont assuré comme des petits chefs (ils sont très observateurs, et je suis super à observer, faut dire) et ont touché du bout des doigts l’infini de la gratitude des acheteurs qui ne viennent qu’une fois dans l’année et qui sont contents de passer le moins de temps possible au milieu de ces livres qui sont même pas des vrais sérieux sur la vie du Général de Gaulle.

 

Le traditionnel blues de fin de noël approche sournoisement, mais j’ai une arme imparable pour contrecarrer ses plans maléfiques : il suffit que je regarde mes meilleures ventes du mois de Décembre.

 

Tu mourras moins bête

Les Ignorants

Portugal/Habibi/Notre mère la guerre/Il était une fois en France

(bon doit aussi y avoir Quai d'Orsay, mais c'est pas vraiment du conseil, France Inter fait le boulot pour nous)

 

De quoi faire des heureux en cette fin d’année qui ne devrait donc pas non plus manquer de chocolats (c’est moins cher qu’une tablette tactile). Enfin sauf ceux qui voulaient juste un peu d’humour corporatiste à mettre dans les chiottes (‘c’est pourtant évident quand je demande une Bd sympa, merde quoi, c’est si compliqué que ça de demander un truc sur les pompiers ou les blondes ?’. Là je reconnais m’être peut-être planté. Tant mieux.

Par Le libraire en question
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés