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A y’est, on est au mois de Décembre. Alors certes, il n’aura fallu que onze mois pour y arriver de nouveau, et cet éternel recommencement est un émerveillement annuel, mais ça n’enlève rien au fait que ça commence doucement, que c’est parti pour le marathon, que j’ai bien préparé mes tables et mes pochettes cadeau, ramenez-vous, je suis prêt à déchiffrer vos listes et à tenter de vous conseiller.
Le conseil est un thème récurrent dans ces lignes, pour la simple et bonne raison que ça fait pas mal partie de notre quotidien de libraire (enfin du mien tout du moins), et que c’est un peu plus rigolo de parler des conseils plutôt que de parler des coups de cutter dans les cartons et dans les doigts (me suis coupé d’ailleurs tout à l’heure, j’aime pas trop, ça pique et j’ai plus de mercurochrome).
Et du coup, le thème de la note du jour c’est : la thématique. Eh oui. Je ne sais plus du tout si j’en ai déjà parlé, et là présentement je suis pas super motivé à l’idée de relire tout mon blog juste pour être sûr qu’on ne me reprochera pas de me répéter et d’être incapable de me renouveler. Je préfère ne jamais me relire, ça vaut mieux. Je préfère laisser passer un peu de temps, tomber sur un de mes textes plus tard et me demander bigre, mais qui est-ce donc qui a écrit ce superbe texte et qui l’a laissé traîner sur mon ordinateur ? (je fais très bien le naïf ingénu). Bon allez, je me relirai peut-être le jour où je devrai choisir mes 100 meilleurs textes en vue d’une publication chez un grand nom de l’édition, mais si j’en crois mon téléphone et ma boîte mail qui ne vibrent pas, c’est pas pour tout de suite (je fais très bien Calimero).
Donc qu’entends-je par ‘thématique ‘ ? C’est une excellente question et je fais bien de la poser, ça va nous permettre d’atteindre poussivement le paragraphe suivant.
J’ai quelques fois, et surtout à la période de Noël, des demandes de conseils corporatistes ou en rapport avec les prénoms. L’autre jour par exemple quelqu’un me demande ce que j’ai comme Bd sur le vin pour un œnologue. La plus évidente, c’est un manga, et c’est Les gouttes de Dieu, aussi bancal soit-ce, c’est très précis dans le domaine et c’est du manga qui plaît aux non amateurs de mangas, donc chouette, allez, en deux minutes c’est plié cette histoire, un sourire, un encaissement, on appuie sur entrée pour valider tout ça et je peux retourner à mes piles de livres. Sauf que non, ça lui plaisait pas l’idée du manga, à la madame, elle avait peur que ça fasse trop gamin. Du coup elle a pris Happy Sex. Qui fait beaucoup moins gamin. Mais qui n’a rien à voir avec le vin. Les femmes, ça sait jamais ce que ça veut, jusqu’à ce que ça tombe sur des histoires de fesses.
On me demande rarement des cadeaux pour un petit Bone, ou un Calvin, ou un Ratafia. C’est dommage, ça me faciliterait la tâche, j’aurais moins d’explications à fournir sur le pourquoi du comment de la qualité de ces Bds. Surtout que, je vous le rappelle, je suis super nul pour raconter les histoires, et j’en suis régulièrement réduit à conclure mon argumentaire par ‘bref, faites moi confiance, c’est super bien’. Sauf qu’ils sont pas tous psychologiquement prêts à mettre leur bonheur et leur éducation entre mes mains, comme ça, aveuglément, même si j’ai l’air d’avoir vécu un paquet de temps au milieu des loutres immaculées et que ça c’est un des signes irréfutables de sagesse universelle.
Bref j’en étais où moi ?
Ah oui, je discutais avec un collègue libraire l’autre jour (coucou), qui me disait que c’est sûr que c’est rare qu’on nous demande un conseil pour un garçon qui est ninja ou pour une fille avec gros nénés et armure chasseuse de dragons. J’ai trouvé ça plutôt rigolo. Et j’ai décidé d’en écrire une note. Voilà Voilà. Comme quoi les idées les plus courtes sont pas toujours les meilleures, et comme quoi (bis) ne pas se relire a aussi du bon.
Allez, j’appuie sur entrée et je valide.