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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 00:59

Ah oui non mais vous vous rendez pas compte.

 

Les rues sont illuminées, mes voisins utilisent à eux tout seuls les capacités d’une centrale nucléaire pour faire fonctionner leurs 3 000 lampes de couleur disséminées autour de leur pavillon et pour qu’on soit sûrs de bien voir le faux père noël qui escalade leur façade (j’en ai vu des mauvaises idées dans ma vie, mais celle-ci doit être dans le trio de tête), il fait froid, les scouts sont quand même en short et ont affuté leurs ciseaux afin de me faire concurrence côté paquets cadeaux. Concurrence déloyale par ailleurs, moi j’ai jamais marché des heures avec un foulard autour du cou en chantant des chansons à la con, ils sont mieux armés que moi pour affronter les rigueurs nécessaires à la préparation d’un paquet cadeau bien carré pas froissé tout symétrique avec du bolduc dessus. Si on vous offre des Bds dans un papier un peu froissé (je m’énerve régulièrement dessus), complètement de travers avec des extrémités pliées bizarrement et sans bolduc (faut pas trop m’en demander), il y a de fortes chances pour que ça vienne de ma librairie. Félicitations, vous m’avez démasqué. Et si les Bds vous plaisent pas, mettez ça sur le compte des conseils de mon apprentie, ou alors c’est que j’ai pas eu le choix et qu’on m’a donné une liste. Moi je me trompe jamais pour les cadeaux de Noël. Jamais.

 

Mon secret, c’est que j’ai le père-noël dans un coin dans la boutique, qui me tient compagnie et qui joue au bridge (il a toujours une longueur d’avance et a bien compris que le poker ça allait pas durer), assis en tailleur, le dos bien droit pour montrer l’exemple. Et dès que j’ai un doute sur un conseil, je lui jette un coup d’œil furtif, et s’il me répond par un clin d’œil, je sais que j’ai bon, et je peux du coup lever mon pouce pour souligner notre connivence et lui dire merci copain.

 

Oui, je sais, j’arrive à m’inventer des amis imaginaires encore à mon âge, je ferais mieux de sortir un peu plus, rencontrer des vrais gens, qu’est ce qu’on va faire de moi hein, je veux finir comme ma vieille tante Aline, à qui personne n’a jamais crié de revenir ? Mais j’ai le sens du sacrifice, j’ai des gens à rendre heureux moi, je veux des sourires dans chaque chaumière au pied de chaque sapin et dans chaque crèche (surtout les ânes). C’est pas le moment d’aller faire du speed-dating ou de mettre à jour mon profil sur Meetic (c’est devenu ringard au fait Meetic, ou pas encore ?).

 

Je sais pas si ça se voit, mais je travaille beaucoup en ce moment. Pour de vrai. Le surmenage, tout ça. J’ai beau me promener peinard en peignoir chez moi, je reste en mode boulot 24h/24, impossible de penser à autre chose. Ce qui est proprement incroyable quand on connait le pouvoir apaisant du peignoir (franchement je sais pas comment je faisais avant, je restais dans mes habits, c’était déprimant). Et la semaine prochaine, ce sera pire encore. Soyez prêts.

 

 

Bon je lis très peu en ce moment, mais j’ai tout de même réussi à terminer Les lions d’al rassan. Pas mal du tout, même si j’avais un peu de mal à m’y retrouver au milieu de tous ces noms compliqués et que, quand même, on s’ennuie un peu par moments. J’ai enchaîné sur Le chien des Baskervilles, que je n’avais jamais lu, et là j’entame La servante écarlate, de Margaret Atwood qui, je le sens bien après 200 pages, est en passe de me réjouir au plus haut point.

Par Le libraire en question
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