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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 23:34

De manière générale, je ne me laisse pas facilement impressionner.

 

J’adore écrire des énormités pareilles. J’en oublie même parfois à quel point je peux être un vrai rigolo.

Ceux qui  me connaissent un peu savent que c’est évidemment faux, je passe mon temps à être impressionné par les Alpha mâles (et femelles) vu à quel point je suis moi-même plutôt du côté Omega du spectre. En vrai je suis un couard peureux qui se cache sous la table façon Scoubidou dès qu’un fantôme se pointe, surtout si c’est un fantôme avec des grosses mandibules qui font peur et de la bave qui pourrait très bien être du poison, et allez expliquer ça au centre anti-poisons, ils sauront pas me sauver, et la terre entière sera triste.

 

Je tiens le bonheur du monde entre mes mains, il est important que je prenne soin de moi et que j’évite ainsi les conflits au maximum. Surtout ceux qui impliquent des mandibules. Surtout des mandibules de fourmis. Car voyez vous, en ce moment elles ont décidé d’envahir mon chez moi, ce qui est particulièrement pénible car ça gratte dans mon faux plafond et ça fait la fête jusque pas d’heure, et je les soupçonne en plus de copuler et se reproduire à la vitesse de l’éclair vu que bon, là haut il fait noir tout le temps et doit pas y avoir grand-chose d’autre à faire (mais sinon oui, merci, je sais que c’est la reine qui pond, que les mâles ne s’accouplent qu’une fois et qu’ils passent leur temps à jouer les nounous et trouver à manger. Et comme j’ai lu la trilogie des fourmis à une époque où visiblement j’avais beaucoup de temps à perdre avec des conneries, je sais aussi plein de choses totalement débiles notamment qu’on peut suivre une fourmi dans le métro, qu’elles peuvent regarder la télé, qu’elles veulent tous nous tuer et qu’une révolution est possible pour peu qu’on soit lycéen, un peu naïf et caricatural. Non vraiment, de grands romans dont je comprends parfaitement le succès ô combien mérité (faut dire que j’en avais un peu marre de tout le temps dire du mal de l’Alchimiste, j’avais envie de varier un peu. Prochaine étape : Comment je suis devenu stupide)). Ce qui est frustrant c’est que je ne peux même pas les empoisonner en m’exprimant d’un rire machiavélique en me frottant les mains devant tant de supériorité car elles sont inaccessibles pour cause de tuyaux mal placés. Voilà, vous savez tout. Fourmis 1 – Libraire 0.

D’ailleurs je les entends encore ricaner. Elles savent. Et leurs ricanements me donnent des fourmis partout dans le corps, c’est de l’ironie assez pénible.

 

Je pourrais écrire des pages et des pages sur les fourmis et ne jamais en faire un best-seller pour autant, et je vais donc me remettre sur les rails de ma librairie, focalise-toi mon lapin en sucre de canne, les vacances et les plages approchent, t’aurais d’ailleurs pu manger une salade plutôt que des frites mais passons, allez, accouche, c’est de quoi déjà que tu voulais parler ?

 

Cette digression supplémentaire me fait penser que j’ai participé à une rencontre avec un auteur (de talent) il y a quelque temps qui expliquait candidement qu’il ne faisait jamais de plan (mon héros) et qu’il ne savait jamais où allait son histoire (mon héros), qu’il la découvrait au fur et à mesure de l’écriture (non mais vraiment, quel bel homme, mon héros). Ça me rassure un peu sur moi-même, vu que je fonctionne exactement de la même manière, et que du coup j’oscillais entre me trouver franchement glandeur mou des fesses et au contraire me sentir génial. De quoi devenir cyclotimiquement schizophrène. Etant donné que ce qui m’empêche d’écrire un roman c’est justement un manque flagrant d’idée originale programmée et jetée dans un carnet sous forme de plan, je me rends à présent compte que c’est même pas la peine, haha, trop fastoche l’écriture, moi aussi je vais commencer et voir où ça me mène, et si je commençais par l’histoire d’une loutre, d’un pingouin et de trois papillons qui cherchent le pôle nord ? On verra si ça se transforme en western.

 

D’ailleurs, en parlant de western, c’est un peu là où je voulais en venir, au tout début tout là haut dans le premier paragraphe de la première phrase de cet article qui sent bon le retour après une période d’acharnement au boulot qui ne peut être bonne pour personne (et c’est pas fini, c’est ça le plus inquiétant, la tête dans le guidon jusqu’au tour de France. C’est stimulant, mais ça m’empêche de lire et d’écrire. Ce qui n’est bon pour personne). Je voulais justement parler d’un type qui me fait peur, un peu, et qui vient de temps à autres à la librairie.

 

Faut dire qu’il est impressionnant. Qu’il a un regard froid et dur de lémurien sous acide se battant contre un crocodile. Qu’il est grand. Très. Et sûrement plus fort que mon papa et que le vôtre aussi. Peut-être même plus fort que Lincoln Hawk dans Over the Top (on n’en fait plus des films comme ça. C’est con, ça aurait de la gueule en 3D (la 3D étant autant l’arnaque du cinoche aujourd’hui que l’était Over the top à l’époque)). Bref, physiquement il en impose. Mais c’est surtout son caractère qui est incompatible avec le mien. Il a l’air de m’en vouloir en permanence. Je ne sais pas ce que je lui ai fait dans une vie antérieure, mais il est rudement rancunier. Je pense qu’on était à l’époque des pirates concurrents et que j’ai dû piquer la fille du capitaine qu’il convoitait. Ça me surprendrait pas, à mon avis j’étais du genre à faire tomber les gonzesses des hommes puissants avec mon charme de flibustier au grand cœur et aux dents avariées (je pense que j’aimais déjà les marshmallows au coin du feu et les granolas au coin de la rue pavée d’excréments). Il est poli, bien entendu (je me laisse jamais faire par les rustres, j’ai été duelliste aussi, je donne des baffes à coups de gants comme personne), c’est bien plus sournois que ça.

 

C’est simple, je ne saurais même pas le décrire (haha comment je vous entourloupe, là).

Je sais juste que si on était dans un western, vu que c’est là où je voulais en venir, et qu’il se pointait avec son poncho, sa barbe mal rasée, son cigare et son chapeau, alors moi je serais probablement celui qui creuse. Ou le petit Mexicain au poncho bien moins classe et à l’embonpoint bien tassé qui se presse de courir vers le bordel s’y planquer en attendant que l’orage se calme.

 

Ou alors je suis le cheval qui n’a jamais fait de mal à personne et qui se demande ce qu’il fout là à boire de l’eau frelatée alors qu’il y a tant de grenadine dans ce monde.

Je me demande si c’est freudien.

 

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Claire_C 18/06/2011 23:15



L'inverse de beau ténébreux? Moche lumineux??


Haha et bim Bernard, dans tes dents Paolo et mange la poussière Martin. J'adore les règlements de compte, blondin.


(ps: avez-lu du Javier Cercas? Si non, A la vitesse de la lumière c'est vachement top.)



maud 18/06/2011 12:12



Si je résume, ça donne donc un lapin au sucre de canne et un glandeur mou des fesses. Ben didonc!!!


Mais je vois que tu as tes lettres en matière de bon western et de monde qui se divise en deux catégories...



Marc-Edouard 14/06/2011 17:53



La fourmi ayant mangé tout son miam vint crier famine chez le libraire ;le libraire ,qui n'était point prêteur , voulu  envoyer  ad patres la mécréante sur l'heure .......


La suite de cette aventure à lire dans toutes les bonnes librairies  


A+ le libraire ( prend garde que la vilaine fourmi ne te croque ) !!



Gulby 14/06/2011 11:30



Je penche plus pour le génie. À mon avis, le plus gênant dans l'histoire, si vous écrivez un jour un roman, c'est qu'à moi d'embaucher un Mr Malaussène pour prendre votre rôle, il faudra bien
vous montrer. Adieu l'anonymat ! (Parce que oui, je suis optimiste, si vous écrivez, vous serez célèbre, c'est comme ça, c'est déjà le cas d'ailleurs.)


 


Et pour le cowboy, je suis sûre que c'est le style Bernard Lavillier !!! :D Ou Crocodile Dundee, au choix, non ?... Y'avait un type style pirate qui venait là où je bossais précédemment, il était
classe, regard bleu qui glace d'effroi les victimes, bagues crâne à tous les doigts, chemise sombre et classe, les cheveux poivre et sel... Bref, un pirate des temps mordernes !!! :D



Le libraire en question 15/06/2011 09:27



nan, c'est pas du style beau ténébreux.


plutot du style inverse



Thomas 14/06/2011 00:54



Faut bien, personne me fait de compliments.