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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 00:22

Il y a (il parait d’ailleurs que c’est très mal de commencer une rédaction (une rédac’) par ‘il y a’. Tant pis, je prends le risque) des rumeurs qui circulent, perfides comme le sont toutes les rumeurs alors même qu’elles viennent de bouches innocentes, rumeurs selon lesquelles moi, en ce moment, j’ai pas l’air super heureux et que ce serait évident en me lisant.

 

Que nenni, voudrais-je répondre ici-même, si je m’autorise à utiliser cette tribune pour rétablir la vérité (je vais me gêner). Je vais d’ailleurs le prouver en plusieurs points, le nombre desquels reste à définir, et je n’ai aucune intention de reprendre ce paragraphe une fois que j’en aurai fini avec vous, alors donc laissons-le en l’état, chaussons nos savates rouges et partons vers l’inconnue tels des clones de Dorothy se tenant par la main dans le tourbillon du bonheur de ma vie (le rôle du chien sera joué par ma loutre).

 

1 – ne faisons pas semblant de ne pas être au courant : on va m’offrir tout plein de cadeaux dans une dizaine de jours pour aucune autre raison que le fait que j’ai été très sage toute l’année et qu’un type s’est sacrifié pour racheter mes fautes et donner par la même l’occasion aux païens du monde entier de devenir un poil croyant pendant quelques heures tout en dansant sur Los Pitufos y la feliz navidad. Avant que la réalité ne reprenne le dessus et qu’ebay remplisse son office.

 

2 – Une lectrice (coucou) m’a offert des granolas pour me remonter le moral parce que, apparemment, ça a pas trop l’air d’aller. Le chocolat étant en effet la solution à tous mes problèmes, et même si bah non, tout va bien, mais je tenterai de l’expliciter, promis, eh bien ils sont les bienvenus (suis content d’avoir utilisé les granolas comme gimmick et non des fraises tagada. Je supporte pas l’odeur des fraises tagada. Ce doit être une sorte de réminiscence de surboum et de quart d’heure américain. Vais mener l’enquête).

 

3 – La veille, une cliente m’a offert des Schoko-Bons pour me remercier d’être moi (bon et pour les fêtes de fin d’année aussi). C’est le nom le plus débile de la terre (je suis d’ailleurs en train de le répéter à voix haute alors même que j’écris ces lignes et vous invite à faire de même), mais ça reste totalement savoureux.

 

4 – Une lectrice d’ici-même et qui a réussi à me débusquer (je suis très débuscable) est venue pointer le bout de son nez (coucou). Elle m’a dit qu’elle s’attendait à ce que je sois tout moche tout laid tout rabougri mais qu’au final j’étais pas trop mal (j’euphémise exprès, pour pas trop rougir). Bon après, quand j’y réfléchis, je trouve un peu dommage qu’on me visualise comme un être moche et rabougri mais bon, j’ai qu’à pas me planquer derrière des livres et cacher à la terre entière ma rayonnante phosphorescence (ou un truc du genre).

 

5- J’ai reçu à la librairie un des plus chouettes scénaristes du moment (et de loin) pour une dédicace/conférence de toute splendeur sous le regard totalement ébahi d’une foule conquise et hypnotisée (ça se voyait au sourire des participants). Bon, en vrai je m’attendais à ce qu’il y ait dix fois plus de monde, une banderole, éventuellement une statue érigée en l’honneur de l’invité (Kris, pour le nommer (coucou)), mais qu’au moins ça chuchoterait d’impatience dans les rangs parqués devant la porte en attendant de franchir le tapis rouge. Mais noooooooooooooooooon, seule une poignée s’est déplacée, preuve qu’il n’est jamais facile de faire se déplacer les gens à autre chose qu’une séance de dédicace dessinée (je dis ça sans juger qui que ce soit hein, je ne fais que constater et trouver ça un poil dommage que le métier de scénariste n’affole pas plus les foules). D’ailleurs c’est simple, un dessinateur, aussi médiocre soit-il (et je dis ça avec toute la sympathie que j’ai pour la médiocrité, la cultivant moi-même) aura toujours du monde devant sa table prêts à demander l’héroïne en tenue sexy, même si l’héroïne est un homme (ils trouvent toujours une case quelque part avec un personnage féminin). Allez Kris, raconte-nous une histoire sexy.

 

6 – J’ai reçu (bis) à la librairie (je reçois rarement chez moi. C’est trop petit. Et je déteste faire la vaisselle) une des plus chouettes et plus drôles scénaristes et dessinatrices du moment, et on a bien ri. Y’avait du monde, plein, et c’était chouette comme tout. Elle devrait se reconnaître vu qu’elle était là, et si vous, cher lecteur, étiez dans une librairie samedi où vous avez bien ri, eh bien derrière le comptoir c’était moi. Coucou.

 

7 – Un père de famille est venu me voir dimanche (je vous déconseille de travailler le dimanche, c’est surfait) avec la liste faite au père-noël par son petit garçon de 12 ans (qui à mon avis a du chercher sur wikipedia et doit bien savoir qu’il n’existe pas mais allez, j’ai joué le jeu). Et voilà que bonjour (oui bonjour monsieur), alors mon fils voudrait les tomes 2 à 6 des épatantes aventures de Jules (là je reconnais que dimanche ou pas, il avait toute mon attention), je sais pas si vous connaissez ? Ainsi que Le journal d’un ingénu.

 

Mon monde s’est définitivement illuminé d’un feu d’artifice sans fraises tagada, d’une fenêtre ouverte directement en mon petit cœur qui bat et qui semblait s’ouvrir sur un ciel sans nuages et sans fin.

 

Alors si avec tout ça je suis pas heureux….

Par Le libraire en question
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