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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 22:05

Vendredi 6 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

 Je sais pas trop ce qui se passe, mais je vois tout plein de monde (deux fois plus que l’an passé à la même période, alors même que, pour ne rien vous cacher, et je préfère qu’on soit honnêtes les uns avec les autres, depuis le début de l’année, c’est pas la méga fête folichonne niveau fréquentation. Ce qui veut donc dire que ceux qui ne viennent qu’une fois par an (à Noël) sont bien là. Bienvenue à eux). Ça fait du bien, ça rassure un peu, sauf que ça permet pas de faire tout le rangement comme il faut. Heureusement, Dieu a créé les heures sup’ afin que le travailleur puisse pleinement s’épanouir dans sa boutique fermée.

 

Parmi ces clients :

 

Une dame qui découvre la librairie pour la première fois, qui a cru comprendre que son fils avait réservé des Bds, et ma foi, pourquoi pas les lui offrir (y’en a une quinzaine de côté). ‘Et vous vendez aussi des livres ? ‘ m’a-t-elle demandé. Ce qui m’a un peu surpris, je dois l’avouer (la phrase qu’on entend la plupart du temps c’est ‘je préfère les vrais livres’). Ne carrément pas donner à la Bd le droit à sa condition de livre, c’est une première. J’espère qu’elles ont rien entendu

 

Un client vient récupérer une figurine Cixi (personnage affriolant présent dans Lanfeust, qui se déshabille de plus en plus à mesure que la série se vend de moins en moins) qu’il a commandée. Je l’ouvre pour vérifier qu’elle n’est pas cassée, ce à quoi il répond que ah, y’a les seins, c’est bon, c’est le principal. Parfois, je hais mon métier, un peu (alors même que j’aime beaucoup les seins, là n’est pas la question).

 

Un autre client est venu, je cite, faire le plein. Il est reparti avec 23 Bds. Parfois, j’adore mon métier, tellement y’a juste à faire des piles et que les gens se servent pour faire de grandes piles de suites entre octobre et décembre. Curieusement, à partir de janvier, ça se gâte et faut lever ses fesses du tabouret de comptoir pour aller pousser les livres au cul (oui, ceci est vaguement une référence à Desproges, je laisse les spécialistes trouver laquelle).

 

La femme d’un client régulier est venue car ledit client lui a fait comprendre que nous saurions quel cadeau parfait il lui fallait. Ça tombe bien, je me souvenais du cadeau parfait qu’il lui fallait (mais quand même, baser son bonheur du jour de Noël uniquement sur ma mémoire, c’est prendre des risques, aussi bonne fut elle).

 

Un type est passé, a demandé si j’avais des Schtroumpfs (oui, quelques uns), a soutenu m’avoir appelé plus tôt alors que super pas (la mémoire, toujours) et est reparti en expliquant que les Bds, c’est lu en une soirée, faut les acheter d’occasion, que le neuf c’est uniquement pour les collectionneurs (bon, en même temps, Peyo est mort, les royalties vont pas lui manquer, va pour l’occasion sur les Schtroumpfs).

 

Et une dame âgée a voulu des bds pour 3 ou 4 trentenaires, car parait-il que les jeunes, de nos jours, ça lit de la Bd. Elle est repartie avec du Lepage, du Lupano ainsi que Le premier homme, de Camus, illustré par Muñoz parce que, vous comprenez, me dit-elle, s’il n’y a qu’un livre à lire dans sa vie, c’est celui-ci. Et elle n’est même pas partie du principe que j’ignorais totalement qui était Camus sous prétexte que je passe ma vie à vendre des Schtroumpfs.

 

Allez, bisous et à demain

 

Nombre de tickets : 52 (l’équivalent d’un samedi un peu moyen)

CA : 2 500 (ibid)

Nombre de livres vendus : 160

Nombre de paquets cadeau : 15

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Published by Le libraire en question
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commentaires

virninie 08/12/2013 01:21


Nan, pas google, le souvenir des K7 de mon père enregistrées du Tribunal des FG sur France Inter (pff la K7 ça met un coup de suite direct). Je me suis offert les CD (DVD ?) c'est plus facile de
retrouver l'extrait faut bien l'avouer. Et les Chroniques de la Haine ordinaire, ça se vend toujours ?
Tiens encore un humain qui me manque...



 

Le libraire en question 08/12/2013 11:50



oui, ils ont fait des coffrets intégrales Cds, pour Les Chroniques...bon apres, de là à savoir si c'est toujours dispo...



C. 07/12/2013 07:46


A propos de la première cliente dont il est question dans l'article : cela me fait penser que plusieurs fois, dans la bibliothèque dans laquelle je travaille, des lecteurs m'ont demandé si
"les BD, ça compte comme des livres ?".

Une BD a une couverture, une quatrième de couverture, plein de pages dedans et ça raconte quelque chose, donc c'est quoi ? Un magazine sans publicité ? Un gros prospectus qui ne fait la réclame
de rien ? Une notice d'assemblage de meuble pleine de dessins et de couleurs ?

virninie 06/12/2013 22:24


 À la question : «Les éditeurs sont-ils un mal nécessaire ? » 100 % des maquereaux de
Pigalle interrogés répondent : «Oui, bien sûr. Si y a personne pour les pousser au cul, les livres, y restent dans la rue au lieu de monter dans les étages. »


La remarque sur les seins c'est de l'or en barre... de rires :o) 

Le libraire en question 07/12/2013 22:53



bingo !


(et si ça a été trouvé sans l'aide de google, c'est double bonus)