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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 01:01

J’aurais été nul en prof, je peux officiellement l’affirmer. Déjà parce qu’il faut passer un concours à la con pour lequel on est obligé (plus ou moins) de s’enfermer dans une bibliothèque pendant de longs mois à réviser et réviser encore et que moi j’ai une capacité de concentration proche de celle d’une huitre (quoique non, l’image n’est pas bonne, ça doit être rudement concentré, une huitre, pour rester au même endroit tout le temps comme ça malgré le ressac et pondre des perles), et ensuite parce que j’ai la patience d’une huitre marinière (oui bon là non plus, suis nul en images, nul en prof, j’ai pas grand-chose pour moi ce soir).

 

Pourtant, je me souviens que dans ma prime jeunesse, en ce temps où j’accompagnais vaillamment mon petit frère sur le chemin de l’école, où ma mission était de l’y déposer sain et sauf avec l’aide du Garde-champêtre (qui pue qui pète qui prend son cul pour une trompète, oui, celui là même), l’abandonnant ensuite à son triste sort de ptit con de CP qui sait même pas lire (pour un frère de futur libraire, ça la fout mal) pour foncer dans ma classe de CM2 qu’est trop cool et qui si tout se passe bien devrait m’élire au poste de délégué parce que bon, reconnaissons-le, j’ai un discours à toute épreuve avec plein de blagues dedans et des sketchs et des promesses que je ne tiendrai pas, en ce temps là, donc, j’aimais bien jouer au maître d’école.

 

Je faisais s’asseoir ce même petit frère sur une petite chaise devant une petite table et je lui faisais faire des devoirs, que je corrigeais en faisant semblant de connaître les réponses (j’avais tout compris au métier d’instituteur). Le pauvre. Je pense qu’il m’en veut encore aujourd’hui, alors même que si ça se trouve c’est grâce à moi qu’il est aussi intelligent et alerte et que les femmes sont à ses pieds (je l’écris uniquement parce que je sais qu’il me lit, et que comme ça peut-être que j’aurai enfin un cadeau à Noël, après 24 années de boudin il serait temps de pardonner, se prendre par la main et refaire le chemin ensemble jusqu’au garde-champêtre qui nous aidera ainsi à mieux traverser la vie et ses embûches).

 

Mais je me rends bien compte aujourd’hui que je serais incapable de gérer une classe d’élèves semi-attentifs qui refusent catégoriquement de me voir comme un dieu vivant et qui ne songent qu’à la tartine de Nutella s’ils ont moins de quatorze ans et qu’à la petite Slovène rencontrée sur Internet qui les attend à la maison plus ou moins virtuellement. A la boutique ça va, j’arrive à asseoir mon autorité navrante, mais je les frustre plus que je ne les éduque, c’est moins gratifiant. Ou alors je peux aussi les laisser lire autant qu’ils veulent et feuilleter des livres avec des filles toutes nues dedans, leur servir des fraises tagada et passer en boucle les épisodes de One piece sur un écran géant tout en faisant leurs devoirs à leur place, ce qui me vaudrait à n’en pas douter le titre de mec le plus trop cool du coin qu’ils aimeraient trop que je sois leur grand frère en vrai.

 

J’ai opté pour le rôle du gros con en vrai. Tout ça parce que j’ai la patience d’un âne à qui on enfoncerait en permanence une punaise dans le derrière pour faire tenir sa queue (c’est une image, on ne m’a jamais enfoncé une punaise où que ce soit). Ça découle très probablement du fait que je n’ai jamais été élu délégué de ma classe.

 

Déjà à l’époque j’étais un incompris.

Mais je me rattraperai.

Je vais leur montrer moi.

Je commence demain.

Enfin après la grève.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Stella J. 06/09/2010 18:34


ah ah ah ! (je ris) l'image de l ane et de sa punaise m a fort fait rire ! oui, comme je ris encore sur la blague du taureau qui se promene dans un pre et qui, tout en broutant joyeusement, trouve
un gant et s empresse d aller trouver la vache du coin et de lui dire "il semnblerait que vous ayez perdu votre soutien-gorge mademoiselle" (............) Je ne suis pourtant pas aussi gnangnan (ah
oui tiens au fait je lisais aussi les gnangnans de Bretecher ça me fait penser !)mais il y a des choses comme ça qu on ne s explique pas :-)


Le libraire en question 06/09/2010 18:53



oui, je l'aime bien cette image de l'âne, elle m'attendrit, curieusement


 


il faut que je reflechisse un peu pour voir si je valide ou non la blague du taureau..