Partager l'article ! L'homme à la tête de bouteille de lait: J’ai dû faire un coin Gainsbourg dans la boutique tellement les éditeurs ont décidé de sur ...
J’ai dû faire un coin Gainsbourg dans la boutique tellement les éditeurs ont décidé de surfer sur la vague et le sillons creusés par Sfar (c’est pas toujours très subtil, un éditeur, ça aime bien racler des fonds de tiroirs et faire dans l’opportunisme de bas niveau). J’hésite à mettre un choux en vitrine pour illustrer mon propos, mais j’aurais peur que mon humour légendaire ne passe au dessus d’à peu près tout le monde et que l’odeur n’incommode les livres autour (j’ai pas senti de choux crû depuis un moment, mais c’est pas si fort que ça, si ? De toute façon, je préfère la batavia et la feuille de chêne, même si oui, j’ai bien conscience que ça n’a rien à voir avec la choucroute qui nous préoccupe, qui elle est bien à base de choux).
En tout cas, choux ou pas choux, on en bouffe du Gainsbourg et du Sfar, et chacun y va de son carnet sur le tournage, du carnet sur le pré tournage, des chansons illustrées en petit format, en grand format, en intégrale etc. Et moi-même, outre le fait que je ne me sente pas très bien, j’y participe en en parlant ici, c’est un cercle vicieux, on va jamais s’en sortir, au secours, qu’on m’apporte une cargaison de granolas, on risque d’y rester un moment D’ailleurs, si Gainsbourg avait fumé des granolas et bu du lait au lieu de ses gitanes, il aurait été tout aussi cinématogénique (j’ai moi-même l’air très classe et à la limite du génie quand j’en mange) et il serait là pour faire la promo aux côtés de Sfar et empêcher ma boutique de ressembler à un linéaire de supermarché tout en préservant la mode de la chemise en jeans.
Ah tiens, ça tombe bien, ça me rappelle une anecdote super intéressante qui va nous sauver de ce sujet rabougri. Figurez-vous que j’ai passé ma 6ème à New York. Eh oui. Généralement je le case dans une conversation pour impressionner les gonzesses (sans succès) avant d’enchaîner sur mon métier actuel (qui visiblement ne les fait pas rêver non plus, si j’en crois le regard embarrassé qu’elles adressent à leur verre en attendant que quelqu’un vienne les secourir). J’étais encore jeune à l’époque et je sifflotais du New Kids on the block alors que mes congénères se saoulaient à la lambada (j’arrive pas à croire que j’ai raté le phénomène lambada, je pense que ce fut déterminant dans mon futur, surtout que je suis revenu juste à temps pour le phénomène Felix Gray et Didier Barbelivien, donc bon). J’habitais dans le Queens et allait, insouciant, à Manhattan pour l’école, en passant par la case métro (le fameux métro de New York, celui qui fait peur, celui tout taggé pré-Giuliani) et devant une cinquantaine de fast-foods qui me tendaient les bras (on oublie jamais son premier whopper). Bref, tout ça pour dire, car c’est un peu là où je voulais en venir en racontant ma vie, que nous, là-bas, à l’école, à chaque récré on avait droit non pas de sortir dehors, car ça aurait été un peu le bordel vu que y’avait pas de cour de récré, que des rues avec des taxis jaunes et des vendeurs de bretzel, mais plutôt à un verre de lait et à des cookies. Généralement des Oreos, preuve du bon goût absolu des Américains en la matière. Et moi je le buvais, ce lait, persuadé qu’il était meilleur que le lait Français, que j’ai toujours détesté, sauf évidemment dans mes céréales Chocapics devant Pas de pitié pour les croissants. Mais c’est ça les gamins, ça se persuade que ça aime pas un truc juste pour faire son malin, sa forte tête, pour montrer que oh ça va, nous aussi on sait ce qui est bon pour nous, j’en ai rien à cirer de votre lait, puisque je vous dis que c’est pas bon, sauf avec les Chocapics et éventuellement avec de la grenadine dedans (je me demande comment j’arrivais à boire ça, d’ailleurs).
D’ailleurs, et ma capacité à passer du coq à l’âne tout en retombant sur mes pattes de velours me surprendra toujours, j’ai eu devant moi tout à l’heure un client qui m’a ramené une Bd. C’était Ernest et Rebecca, que je lui avais conseillé pour sa jeune fille, fan de Lou, en lui expliquant qu’allez-y, foncez, c’est super sympa chouette top, elle va adorer. Sauf que bah non, ça lui a pas plu du tout. Elle a juste regardé la couverture, a affirmé haut et fort que non, ça lui plaît pas, c’est nul, n’a même pas ouvert le livre, ne lui a même pas donné sa chance. C’est pas Lou, c’est conseillé par un monsieur à la barbe de trois jours mal peignée, c’est pas ce qu’elle avait en tête, c’est forcément nul. Saletés de gamins.
Ah, et au fait, si vous pouviez éviter de faire le lien entre mon dégout pour le lait et ma taille (corporelle, je précise) en dessous de la moyenne nationale, je vous en serais reconnaissant. Merci.