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Présentation

  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 17:19

 

Bon, c’était sympa cette histoire de tva, on a bien parlé des librairies indépendantes, ça a donné lieu à plein de débats de ci de là, les médias ont remis tout ça au centre des préoccupations et c’est tant mieux. Sur les dizaines d’articles nombrilistes que j’ai pu écrire ici-même, c’est d’ailleurs ce simple cours de maths élémentaire qui en est le plus populaire. Je vais pas m’en plaindre, j’aime la popularité, ça me rappelle que j’existe, c’est important pour mon ego.

 

Ça a aussi multiplié le nombre d’âneries que l’on peut lire sur internet (non mais vraiment, quelle idée j’ai de venir trainer ici, moi), y compris probablement sur mon propre blog, car je suis pas à l’abri de mes propres bêtises. Mais au moins ce sont des bêtises à peu près informées, j’évite de raconter n’importe quoi (j’ai lu en réaction à je ne sais plus quel article de libé, que les libraires faisaient 100% de marge. Bah oui, on fait du x2 par rapport au prix d’achat, c’est  bien connu. Et x 2 = 100%. Et on s’étonne après ça que les Français soient nuls en économie mais super forts en raccourcis non réfléchis).

 

D’ailleurs, l’effet pervers de tout ça, c’est que là je sature vraiment. C’est pas pour rien qu’il m’a fallu deux semaines avant d’avoir de nouveau envie d’écrire. Le cœur n’y est plus, et fatalement, vu que les clients désertent soi disant les librairies (oui bon ok, les chiffres le prouvent, ça c’est pas une vue de l’esprit. D’ailleurs il paraitrait que si les gens ne vont pas en librairie, c’est parce que les libraires sont condescendants, telle la caissière de Leclerc qui regarderait de haut votre papier toilette premier prix qui gratte alors qu’elle, elle n’aime que le triple épaisseur et qu’elle sait ce qui est bon pour ses fesses et son esprit), vu que y’a plus personne en librairie, donc, eh bien moi j’ai moins d’anecdotes à raconter.

 

C’est mathématique.

Aussi mathématique que l’impact de la hausse de la TVA.

Aussi mathématique que le fait qu’on ferait mieux de s’activer en cette fin d’année vu que c’est là, maintenant, que les gens ils vont venir faire des cadeaux et fureter parmi les beaux livres loin des prix littéraires.

Libraires of ze world, unite ! Mettons en place nos tables d’un poing rageur, cessons deux minutes de nous plaindre que plus personne ne nous aime et que le numérique va nous mettre au chômage et que y’a plus qu’à se mettre en boule dans un coin et pleurer en attendant qu’on nous déloge virtuellement à coups de Santiags dans le derrière. Les éditeurs comprennent nos complications et sont globalement prêts à nous accorder des échéances et rogner sur leurs marges, la qualité éditoriale est là (oui bon ok faut fouiller un peu, certes), les banquiers un peu moins mais tant pis pour eux, l’anarchie n’a pas besoin de banques (oui bon…), alors en avant, camarades, levons-nous fièrement, et demain le livre papier sera le genre humain.

 

Enfin espérons.

Ce sera toujours mieux que de vivre la peur au ventre en entendant au loin des bruits d’éperons.

Par Le libraire en question
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