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  • : Les libraires se cachent pour mourir
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 00:44

Ce soir, j’hésite.

Oui, j’écris ces petites chroniques pétillantes le soir, au calme, avec un peu de musique dans les oreilles et un mug de café Blue Jays acheté en 1993 à Cleveland dans la main. C’est un rituel. C’est comme ça. Comme toute personne ordonnée et libraire, j’ai mes petites manies, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place, sinon c’est le chaos (notez qu’un bordel organisé peut aussi fonctionner. Autant mes étagères sont organisées, autant le reste de mon appart ressemble pas à grand-chose sinon à une successions de tas difformes).

 

Et donc ce soir j’hésite.

Soit je vous gratifie d’une note spéciale gestion pour expliquer comment on arrive à une remise de plus de 40% (les mythiques) sans trop de problèmes, avec force formules pour le prouver (on va trop rigoler), soit je fais une note spéciale éditeurs avec leurs nouvelles idées en cette fin d’année pour être plus visibles encore (ils vont moins rigoler), soit je fais de nouveau une note qui n’a rien à voir avec la vie de la librairie, histoire de souffler un peu pendant ce long tunnel qui nous mène jusque Noël.

Faisons plouf plouf de pique nique douille qui pisse dans un tonneau.

 

(je sens que vous retenez un peu votre souffle, là, accrochés à vos fauteuils respectifs. Je vous comprends. Moi-même je sens un peu le vent de la folie souffler sur moi)

 

Allez, la roue a tourné et s’est arrêtée sur l’anecdote du jour.

Zou.

C’est parti.

 

Voyons voyons…de quoi parler…hum…j’ai déjà évoqué le distributeur de pains près de chez moi, mais j’ai pas d’anecdotes croustillantes sur ce sujet. Mon débit Internet a doublé ce week-end sans prévenir, mais pareil, on en fait vite le tour. Ce soir, j’ai nourri les chats de mes parents et ramassé des feuilles du jardin en pleine nuit, mais idem, rien n’est arrivé de palpitant.

 

Ah oui je sais.

Hop.

 

Ces derniers mois, j’ai eu quelques soucis de santé. Oh, rien de grave, pas la peine de m’envoyer de cartes (enfin si, vous pouvez, ça fait toujours plaisir) ou de pousser des Oh non c’est pas vrai pas lui !, simple gêne liée à des brûlures d’estomac intempestives qui me gâchaient quelque peu la vie. Et moi, comme toujours quand un truc me gâche la vie, je fais la seule chose sensée qui me vienne à l’esprit : j’attends que ça passe. Ça m’a réussi pendant plus de vingt ans, je vois pas pourquoi ça s’arrêterait aujourd’hui. D’ailleurs, comme je n’ai pas vu de médecin pendant 20 ans (la dernière fois c’était pour un certificat médical, me semble-t-il, j’avais 15 ans) en dehors de la médecine du travail (autant dire donc que je n’ai pas vu de médecin pendant 20 ans), je n’ai pas de médecin référent. Je ne sais même pas à quoi ça sert, un médecin référent. Je ne sais même pas comment ça marche, un médecin. On prend rendez-vous pour le jour même ? On se pointe et on attend en lisant Neuf Mois et Nous Deux en espérant que le Paris Match sera du bon millénaire ? On dit bonjour monsieur, bonjour madame, j’ai mal là et là quand je fais ci et ça merci combien je vous dois ? ça se paie comment, un médecin, on avance l’argent et on est remboursé par la Sécu ? D’ailleurs elle est où, ma carte Vitale et je me souviens pas, faut une photo dessus ? Bref, c’est bien trop compliqué pour moi, autant laisser faire les anti corps, après tout c’est comme ça qu’ils faisaient au Moyen-âge et ça leur allait très bien (oui bon…), j’ai foi en mon corps, il sait ce qui est bon pour lui-même, il est pas complètement con, quand même, la nature est bien faite tout ça tout ça.

 

Sauf que là, moi, concrètement, j’ai mal au bide. Ça me réveille au milieu de la nuit, j’ai l’impression d’avoir un puits d’acide au fond de moi, j’aime pas trop ça, j’aimerais bien que ça revienne comme avant, s’il vous plait, tout ce concept de temps qui passe et de cellules qui se dégradent, ça commence à me gonfler. Enfin attendons de voir quand même si ça passe pas, prenons un peu de Maalox, ça fera bien l’affaire.

 

Sauf que non, pas là.

 

Et moi, même si je vois pas de médecin, ça ne m’empêche pas d’être au bord de l’hypocondrie. Un hypocondriaque qui ne se soigne pas. C’est pas très malin (je ne suis pas très malin, de manière générale). Et donc ça me prend la tête, moi, cette histoire, car là, de toute évidence, mon corps il fait pas son boulot de corps parfait (de l’intérieur) qu’a jamais rien et qu’a pas besoin d’être soigné parce qu’il s’auto régénère. Il est son propre foie, sa propre queue de lézard, il va pas me lâcher comme ça.

 

Je sais pas quoi faire. Je demande autour de moi. On me suggère d’aller voir un médecin (un quoi ?). Bon. S’il le faut. Ils se trouvent où, au juste ?

L’avantage, quand on est commerçant, c’est qu’on croise plein de monde. Et que je peux donc leur demander conseil. Et de me diriger vers un médecin compétent qui ne me dira pas que je suis enceinte ou que je dois manger plus de choux de Bruxelles. Je croise les recommandations et retiens un médecin. Je me vois déjà tout soigné le lendemain, gambadant gaiement et ouvrant des cartons avec juste un doigt (non, je plaisante. C’est impossible. Ce sont évidemment mes apprentis qui ouvrent les cartons) le plus dur après tout c’est de prendre le combiné pour un rendez-vous.

Ah.

Bon, il semblerait que je ne puisse pas avoir rendez-vous avant une bonne semaine. Très bien. Je vais attendre. Mais quand même, ça me parait un peu hasardeux comme système. Je fais comment, si je me suis coupé une moitié de jambe et que j’appelle pour prendre rendez-vous parce que je veux pas déranger les pompiers, hein ?

Il me revient en mémoire un film dans lequel le protagoniste allait demander conseil à sa pharmacienne (à moins qu’il ne s’agisse d’une pub pour le viagra, je ne sais plus, quand ils disent à la fin de demander conseil au médecin ou au pharmacien). Ça tombe bien, y’en a une près de la librairie, bonjour madame la pharmacienne, je sais pas trop comment vous dire ça, mais j’ai de l’acidité dans le ventre et j’aime pas trop ça et j’ai rendez-vous chez le médecin dans une semaine est-ce que vous pouvez me sauver en attendant ?

Elle me vend une solution miracle.

Qui élimine tous les symptômes dès le lendemain.

Je suis sauvé.

Youpi.

Bon, j’ai quand même rendez-vous, autant y aller, ça me fera pas de mal, et puis j’ai tout plein de questions à lui poser, après tout ça fait 20 ans qu’on ne s’est pas vus, ses enfants ont du grandir et les miens naître.

A y’est, ce le jour j du rendez-vous. Je suis à l’heure. Moi.

J’apprends donc que chez un médecin, avoir rendez-vous, c’est comme attendre l’agent France Télécoms. C’est pas tant une heure de rendez-vous qu’une fenêtre plus ou moins ouverte avec plein de monde prêt à sauter et qui se frotte dans la salle d’attente pour mieux se refiler ses microbes (et créer des anti corps. C’est peut-être ça, finalement, la médecine moderne). Il finit par m’ouvrir ses bras et sa porte (dans le désordre), je lui raconte mes problèmes, il me palpe ici, puis là, me demande si ça fait mal quand il appuie (non non), me demande mon âge (de quoi je me mêle) et puis on discute un peu, je sens que quelque chose se passe entre nous, que ces quelques minutes ont suffit pour nous rapprocher, que dorénavant rien ne pouvait nous séparer.

‘Bon par contre, je suis spécialisé en ostéopathie et en médecine du sport, je pourrai plus vous prendre pour des actes de médecine générale hein’.

Ce fut court mais bref.

Il m’a dit que pour lui j’avais pas de problème particulier au ventre, que allez, on va faire une prise de sang, vérifier que tout va bien et zou, adieu, sache que tu fus aimé, d’une certaine manière, même si on ne peut plus se voir.

 

Je repars le cœur léger et soulagé (c’était un peu une aventure, pour moi, de prendre rendez-vous quelque part. J’aime pas trop trop ça. Je préfère qu’on me laisse tranquille, de manière générale, et qu’on m’oblige pas à aller vers des points B qui ne me disent rien qui vaille), je me dis que tout ça n’est bientôt qu’un mauvais souvenir, que haha la vie me sourit de nouveau, je savais bien que mon corps ne pouvait pas me trahir, lui et moi nous connaissons depuis trop longtemps.

 

Mon traitement de la pharmacienne durait 7 jours.

Au 8ème, les symptômes reviennent.

Saloperie de 8ème jour, se dit Dieu, et moi avec.

Sauf que moi, du coup, je ne sais que faire. Je suis un papillon affolé qui s’affole contre une vitre qui est pourtant transparente, c’est quoi ce bordel, la vie doit-elle être toujours aussi compliquée ?

J’attends de voir si ça passe. Ce n’est pas le cas. On m’avait pourtant dit que je n’avais rien. C’est bien la peine d’aller consulter. Et en plus, il m’a interdit de retourner le voir. Tu parles d’un contrat de confiance et d’un service après vente.

Je tente d’autres médecins. En plein mois de Juillet. Qui sont visiblement absents. Ou qui ah non, vous êtes pas un patient habituel, c’est pas possible, désolé, au revoir monsieur. Je décide donc d’aller à l’hôpital, aux urgences, ayant vu sur leur site qu’il existait un service de consultation pour les machins pas vraiment urgents .

Et je suis un machin pas vraiment urgent, j’en ai conscience. Moi je veux gêner personne. Je me mets dans un coin, j’attends qu’on vienne me voir avec un stéthoscope, qu’on me dise que ah, bougez pas, j’ai déjà vu ce cas dans Dr House, il suffit juste de réciter l’alphabet Grec à l’envers et vous serez guéri, voilà monsieur, au revoir, au plaisir, vous avez une carte de fidélité ?

 

Mais en vrai, après avoir attendu 2 heures dans une salle d’attente déserte (le fameux service était suspendu pendant l’été, faute de personnel, ce qui fait que je dois passer par les urgences, finalement), on me demande de me foutre à moitié à poil dans une autre salle, où j’attends un bon quart d’heure, mi stressé et mi terrassé par un mal de crâne sorti de nulle part, qu’un médecin vienne me voir. Il me demande ce que je fais là. Je le lui explique. Il me dit que j’ai rien à faire là, que je dois voir un spécialiste, un gastro-entérologue, qui me fera une fibroscopie, allez, au revoir monsieur. Et il me laisse en plan. A moitié à poil. Avec mon mal de crâne (par contre, suis plus du tout stressé).

On fait pas des examens ? On me dit pas là tout de suite ce que j’ai ? On me laisse sortir dans la lumière aveuglante de mon ignorance ? Et puis c’est quoi, une fibroscopie, d’abord ?

 

(vous sentez, un peu, la tension dramatique dans le récit ?)

Je découvre, donc, petit à petit, ce que c’est, au juste, que le parcours médical. Et je l’aime que moyen. En gros suis une boule de flipper qui roule, comme disait l’autre. Et qui gonfle, surtout.

Mais d’accord. Je suis obéissant. On me dit d’aller voir un spécialiste, je vais aller voir un spécialiste. Je suis invincible. Complètement rôdé. On dirait que je fais ça depuis toujours. Elles sont où, mes pages jaunes ?

 

Le rendez-vous est trois semaines plus tard. Pendant ce temps, je me shoote à l’omeprazole, qui fonctionne parfaitement et me permet de vivre dans un brouillard d’insouciance chargé de pluie à l’horizon (parce que quand même, j’aimerais bien savoir ce que j’ai, ça commence à être pénible, cette histoire, car dès que je tente d’arrêter le traitement, l’acidité revient en force, cette garce). Le rdv dure à peu près 5 minutes. La madame me tâte ici et là (non, j’ai pas mal, non, ici non plus), aucune étincelle entre nous, on sent que le plaisir n’a pas sa place dans cette salle, que c’est strictly business, mais ok, je m’adapte, j’ai eu les ailes trop souvent brûlées de toute façon par le corps médical.

Je remets mon t shirt, je la rejoins devant son bureau et elle m’annonce que bon, va falloir aller voir à l’intérieur ce qu’il s’y passe.

Je. Hein ? Comment ça ? On peut pas l’éviter ? Je promets que je ferai la vaisselle, que je rangerai ma chambre, que je ramasserai les feuilles à l’automne, que je n’achèterai jamais de fromage râpé, mais doit bien y avoir moyen de trouver un autre moyen, non ? on est en 2013 quoi, on est vraiment obligé d’enfoncer des machins dans les corps des gens non consentants ?

- Oui. Allez, on peut se voir à mon hôpital dans 15 jours, ça dure 15 minutes, on fait pas d’anesthésie, vous en aurez pas besoin, allez, d’accord, à dans 15 jours, vous réglez comment ?

 

Ce furent les 15 jours les plus tendus de ma vie. J’y ai pensé jour et nuit. C’était toujours J-14, j-13 etc etc. Je n’arrivais pas à imaginer un monde dans lequel j’arriverais à bout de cette expérience, ça me paraissait inimaginable et inconcevable. Par contre j’imaginais parfaitement un monde dans lequel je faisais demi-tour pour retourner sous ma couette plutôt que de rester à jeun à 13 h loin de chez moi pendant qu’on m’enfonce un tube dans la gorge.

 

Le jour J (puis H-4, H-3 etc etc), je suis étrangement plutôt serein. Je n’ai quasiment pas dormi, évidemment, mais sorti de là, je ne suis pas particulièrement stressé (suis un grand angoissé, de manière générale, donc suis le premier surpris). Je suis même à l’heure. Et le médecin aussi. L’ensemble du personnel médical est plutôt fort sympathique avec moi et me traite globalement comme si j’avais 5 ans. C’est dingue à quel point on est infantilisé. C’est peut-être pour nous tranquilliser, je sais pas, mais j’avais surtout l’impression d’être pris pour un môme apeuré qui a besoin qu’on lui parle comme s’il était dans sa poussette alors même que j’étais un brave soldat prêt à affronter la tourmente qui allait s’abattre sur moi.

On m’anesthésie la gorge (je peux plus reculer, là, je le sens, allez, dans 15 minutes c’est fini, pense à tes enfants (heu lesquels ?), pense à tes clients (oui bon…), pense aux lapinous avec qui tu vas pouvoir faire la course à vélo une fois cette épreuve passée), on me demande de me mettre sur le côté (c’est donc ça qu’éprouve un condamné à mort), de mordre dans ce machin en plastique (heu…), que vous allez sentir quelque chose s’enfoncer, que ça va pas être agréable, que ça dure que deux minutes et que vous allez surtout avoir des nausées (hein, comment ça des nausées ?) et que allez, soyez brave, oui voilà très bien, c’est parti, vous voyez que ça se passe bien (gkjgljfsgj, font mes yeux un peu affolés et mon cerveau qui ne comprend pas bien ce qui se passe et pourquoi y’a un intrus tout là en bas dans le ventre qui ramone), voilà, c’est normal que vous baviez, surtout respirez bien fort (c’est donc ça qu’éprouve une femme qui accouche), voilà, très bien, c’est bientôt terminé (moi à ce moment là je suis comme un chat coincé dans une cave et qui chercherait à sortir de là en grattant le sol), vous réagissez très bien (surtout penser à respirer fort, faire le chien comme elle a dit), encore quelques prélèvements (c’est long, bordel, deux minutes), vous pouvez regarder l’écran si vous êtes curieux d’à quoi ressemble votre estomac (oui non là je me concentre pour respirer et pas crever étouffé par un tuyau qui est en train de me niquer la gorge) et voilààààà c’est fini.

 

Je n’ai jamais savouré un moment aussi intensément de toute mon existence. Ce moment où tout s’arrête enfin. Où je peux respirer. Où y’a rien qui me triture de l’intérieur (c’est donc ça que ressentent les femmes qui….oui bon). Où je suis libre de mes chaines.

 

Vous avez été très courageux, me dit madame le médecin. Hein Brigitte qu’il avait pas besoin d’anesthésie ? (Brigitte, c’est l’anesthésiste, qui m’a regardé depuis son fauteuil pendant tout ce temps).

Elle me donne les résultats, c’est une simple gastrite (c’est un mot en ‘ite’, m’explique-t-elle, toujours avec ce ton qui pourrait faire croire qu’après elle va m’offrir une glace et peut-être que ce soir on ira au Mc DO, comme dans otite, par exemple, et donc rien de grave), reprenez rendez-vous à mon cabinet pour la prescription.

 

Un rendez-vous de plus. Mais là tout de suite j’en ai rien à cirer. Je me sens léger. Léger comme tout. J’ai survécu. J’ai même vaincu. Brillamment. Pas un pète de jeu. Je peux à présent affronter le monde, maintenant que je suis revenu des Enfers, pénard, sans Eurydice pour prendre la place sur le canapé.

 

There’s no place like home.

 

Je suis ma propre Dorothy.

Et je ne veux plus jamais entendre parler de médecins.

 

Même si là, mon dos me fait un mal de chien.

 

Mais ça passera.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Cerise 12/11/2013 23:28


Pour la poursuite de l'exploration du corps médical, il y a "Le Chœur des Femmes" de Martin Winckler !


(Certes, c'est pas une BD...)

Le libraire en question 12/11/2013 23:40



oui, je l'ai lu et j'ai beaucoup (beaucoup) aimé !



Les Perroquets de la place d'Arezzo 17/10/2013 15:05


Sympa le blog! Vous auriez été un bon écrivain ;)

julie 07/10/2013 13:30


aaahhhhh.... tu me rassures......

julie 06/10/2013 23:20


Mais
qu’est-ce que tu as contre les agents France Télécom ??? hein ???


Bon,
cher libraire, j’ai une question cruciale pour toi. Hier, après avoir lu une bonne partie des Astérix et quelques Tintin, ma fille découvre Calvin et Hobbes, qu’elle ne lâche pas tout en se
marrant comme une baleine. Je me dis chouette, et me voilà à lui parler de Hobbes, le tigre en peluche. « c’est pas un tigre en peluche, c’est un tigre qui se transforme parfois en
peluche ». Là j’ai eu l’impression de prendre 10 ans d’un coup… ensuite elle m’a demandé si Hobbes existait (elle doit en vouloir un pareil, pour faire des conneries avec), et souvent je
suis pas sympa, je réponds non…. Mais là…. On parle de Hobbes quand même ! Alors je suis restée bête, n’ai pas su lui répondre, et elle m’a dit « pas grave, tu demanderas au
libraire » . Alors, je lui dis quoi ? J

Le libraire en question 07/10/2013 11:17



j'ai bien vu dans ses yeux l'autre jour qu'elle pourrait satisfaire tout l'espoir que j'ai dans la jeune génération.


merci à elle.


et sinon, je répondrai ce que répondais Watterson à tous ceux qui lui posaient la même question au sujet de l'existence de Hobbes : la question n'a pas lieu d'être car il n'y a pas de réponse (il
faut croire qu'il était agnostique).


(mais bon, évidemment qu'il existe, Hobbes. Il faut bien quelqu'un pour dessiner les têtes de tigres sur les devoirs de Calvin)



Marsan 04/10/2013 11:38


Magnifique!


monsieur le libraire, il faut devenir écrivain!


oui, c'est bien cela le docteur qd on est jeune, après, c'est bcp plus compliqué, on en a vraiment besoin...

Le libraire en question 07/10/2013 11:17



merci !


(pour un roman, peut etre un jour...)