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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 00:19

Ouf.

A y’est.

C’est bon.

La tempête est passée.

 

Je suis de nouveau diplômé.

 

Car comme je l’expliquais sur facebook il y a quelques semaines dans un statut limité par l’espace (je sais pas si vous en avez entendu parler, mais c’est un réseau social, le genre qui vous permet de l’être le moins possible. Bref, c’est pile pour moi), la période de Noël peut être comparée à ce qui se passe après le bac pour les esprits brillants de ce siècle dont je fais partie (petit exercice : vous décortiquerez la phrase grammaticalement et déterminerez ce à quoi se rapporte le ‘dont’ (un indice : ce mot est un pronom relatif)).

 

Je m’explique.

Car en 2013, j’ai décidé de mieux m’expliquer, ça sert à rien de rester obscur et en permanence référencé juste pour faire son crâneur (bon ok si, quand même, ça sert un peu, ça sert à ce qu’on me laisse tranquille dans les cocktails malgré l’effervescence autour de moi et la fascination que j’exerce malgré tout et malgré moi). Ça sent la résolution non tenue jusque dans le cœur des frites, ça.

Explications, donc.

 

Fin novembre, pendant les deux dernières semaines pour être précis, c’est comme en prépa (HEC, Lettres, Ingé, vous choisissez, je sais plus trop ce qui existe maintenant). Alors oui, ok, au début c’est la fête, les filles recherchent des plaisirs simples et ça tombe bien, les hommes (sic) sont pas capables de faire plus simple, les nouveautés coulent à flots, on est crevé, les librairies se font la guerre, c’est chacun pour soi, après tout on est l’avenir de la nation, il faut venir en colle le week-end pour perfectionner la boutique, on bosse douze heures par jour, on a l’impression qu’un devoir en chasse un autre et qu’on va jamais tenir, ce sont les montagnes russes hormonales de partout, et bordel pourquoi les éditeurs nous rajoutent des devoirs supplémentaires, ils voient pas qu’on aura jamais le temps de tout faire, ils sont cons ou quoi ?

 

Et puis on trouve tout de même le moyen de les faire, ces devoirs, malgré la pression, malgré le temps non extensible et malgré pas mal de matières dont on se fout royalement parce que là, on commence à le saisir, le système, que c’est tout con en fait.

 

Le mois de décembre arrive, on a passé les examens, on se retrouve donc dans une grande école pendant 3 semaines, ça emmerde un peu papa maman de payer les frais de scolarité mais bon, ils se disent que ça vaudra le coup plus tard quand vous vous occuperez d’eux et que vous leur offrirez des tablettes HD pour Noël. Le BDE est blindé de thunasses (en 2013, je parle djeuns (on dit encore djeuns, en 2013 ?), c’est vraiment la super fête tous les soirs, le week-end d’intégration se fait même sur place, les gonzesses sont encore plus dévergondées (oh ça va, je fantasme si je veux, c’est mon billet), y’a plus vraiment besoin de bosser le soir, suffit juste de se pointer en cours à heures fixes et de se laisser porter par les rails. Ca reste fatigant, de se laisser porter comme ça, car il faut aussi ramer (oui, parfaitement, ramer sur des rails) et ne pas faire n’importe quoi, mais dans l’ensemble, on sent que le plus dur est derrière nous, que bientôt on va pouvoir palper car quand même, on nous promet des salaires de folie pour l’élite de la nation, y’a pas de raison.

 

Après le 25, c’est le dur retour à la réalité. Les cotillons baignent dans le champagne, c’est franchement le bordel, y’a des trous de partout (non, j’ai fini les fantasmes là, je parle de trous dans l’offre), y’a encore l’euphorie du diplômé, le World is ours, il va voir ce qu’il va voir, c’est le premier jour du reste des jours à venir de si tout se passe bien.

 

Janvier arrive et on se rend compte que son boulot il manque de paillettes, que faut aussi passer le balai, parfois, et que ça on nous avait pas prévenus et que là faut tout reprendre à zero et que des tomes 1 peu inspirés ont remplacé les intégrales enrubannées. En plus bon, je sais pas où ils sont allés chercher leurs grilles de salaires, mais c’est n’importe quoi, nous sommes l’élite, bordel, tu ferais mieux de reconnaitre.

 

L’avantage étant bien sûr que ce cycle reprend année après année, invariablement. Et que j’ai passé trois très bonnes semaines dans le doux enfer agréable de la grande école (j'ai bien fait de pas choisir Virgin après ma prépa tiens). Je crois même que je me suis fait des amis.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Sheer 09/01/2013 08:59


... et bonne année hein