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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:16

Ça va faire 6 ans, bientôt, que vous et moi vivons une folle histoire d’amour placée sous le signe des livres (bon, en vrai, les livres on s’en fout un peu, ce qui compte c’est ma petite personne, et je vous remercie donc de m’aimer. Vraiment). Le spectre de la crise des 7 ans n’est donc pas loin.

Oui, c’est triste, je sais, mais pas insurmontable. En général, un couple se reproduit au bout de 3 ou 4 ans de vie commune justement pour palier les sentiments qui s’évaporent et pour tenter de construire quelque chose d’un peu plus solide avec un machin (enfin un bébé) qui servira de chape de plomb de poutre ancrée. Dans notre cas à vous et moi, ça va être un peu plus compliqué (et puis je peux pas coucher avec tout le monde hein. Je ne suis qu’un homme. Même si bon. C’est vrai que bon. Bref). Mais comme vous m’êtes chers et qu’on a quand même passé de chouettes moments ensemble, j’aimerais que ça dure encore un peu. Juste un peu. Et pour ça, il faut apprendre à se connaitre. C’est bien gentil de s’envoyer des textos sur facebook (enfin j’ai pas tout compris à leur appli à 16 milliards là, mais ça doit être un truc du genre), mais c’est quand la dernière fois qu’on s’est retrouvés en tête à tête devant un banana split, hein ? hein ? C’est bien ce qu’il me semblait.

 

Je vais donc faire une liste de choses essentielles à mon sujet que vous ignorez sûrement. Ça n’a incroyablement rien à voir avec la librairie ou le Salon du livre ou la surproduction ou le livre numérique. Ça n’a même sûrement rien à voir avec Amazon, c’est dire si on est hors sujet. Mais c’est important. Allez, je commence. Donnez-moi la main, c’est parti.

 

- J’ai très peu de bandes dessinées chez moi. Peut-être 300, à tout casser. Que j’ai dû acheter entre 2002 et 2004. J’en récupère quelques unes chaque année, qui me tiennent vraiment à cœur, mais c’est à peu près tout. De toute façon, je lis trop de nouveautés pour avoir le temps de relire mes anciennes. Ça me perdra. Bon en revanche, les romans, c’est une autre histoire…(et les disques aussi).

 

- En parlant de disques, celui que j’ai le plus écouté dans ma vie, ça doit être Doggystyle, de Snoop Doggy Dogg. Un album loin d’être parfait (qui doit être ex aequo avec Only Built 4 Cuban Linx, de Raekwon, qui lui est parfait) mais que je me trimballe toujours dans ma voiture et que j’écoute très régulièrement depuis 1993. Un neuf neuf trois, comme on dit. Je sais pas à quel point j’ai l’air crétin à écouter ça dans ma Punto, d’autant plus que j’ai dû fumer une fois de l’herbe dans ma vie (j’adore l’odeur de l’herbe, par ailleurs, si je n’étais pas aussi ours névrosé, je trouverais un colocataire fumeur invétéré pour imprégner l’appart), mais ça me rend heureux. Biatch.

 

- Je me suis retrouvé, par une sorte de suite de hasards que je vous épargne, à aider un ami à enregistrer un morceau (de musique) dans un pavillon au nord de Paris. Je ne savais pas où je mettais les pieds, il ne m’avait rien dit, et j’ai commencé à avoir des doutes en voyant les disques d’or au mur (oh, y’en avait pas beaucoup non plus hein, c’était pas Julie Pietri). Et pif paf puf, voilà qu’il me présente. Il ne me dit pas juste son prénom. Il ajoute ‘des G Squad’. J’étais pas super au taquet niveau boys band à ce moment-là (ça devait être en 2003 ou 2004, je sais plus), et je me soupçonne de ne toujours pas l’être, mais je savais à cet instant que ça me ferait une anecdote à raconter, un jour. Je la réservais à mes petits enfants, mais ça c’était avant l’invention des blogs.

 

- Le 11 septembre (le fameux) 2001, j’étais aux Etats-Unis. Bon ok, j’étais à plus de 4 000 km de New York (je humais de l’herbe à Seattle chez des amis musiciens, mais chaque anecdote en son temps), mais quand même, le séisme s’est fait sentir très loin, la psychose aussi. Et j’ai pas mal de proches qui se sont inquiétés pour moi. C’est si bon de sentir que quelqu’un, quelque part, s’inquiète pour vous. Surtout quand c’est pas nécessairement justifié.

 

- Etats-Unis toujours, sachez que j’ai passé un an à New York (non, c’est pas ça, l’anecdote. Tout l’espace d’internet ne suffirait pas à raconter toutes mes anecdotes liées à cette année-là). Et que lors de cette année, j’étais dans une école privée, franco-américaine (pour plein de raisons. Mais disons que je me sentais pas exactement à ma place au milieu de tous ces fils et filles de diplomates blindés, même si à 11 ans, tout ça nous passe un peu au dessus. Surtout que je ne suis pas bien grand aujourd’hui, mais alors à l’époque encore moins. Bref, ce n’était pas par snobisme parental, puisque mes parents n’ont jamais roulé ni sur l’or ni sur l’argent, juste de temps à autre sur du bronze, mais par une sorte de suite d’obligations. Bon, je m’égare dans mes justifications, à croire que j’ai peur que vous me preniez pour un social traitre). Bref. Et dans cette école, privée, donc, et qui filait des Oreos et un verre de lait à la récré (je détestais le lait. Sauf celui de l’école. Tout petit déjà, je racontais n’importe quoi pour faire mon intéressant. Mais nous reviendrons à cette histoire de lait), on devait tous porter un uniforme. C’est le seul moment de ma vie où j’ai porté des cravates. J’étais très beau, tout le monde me laissait sa place dans le métro. Depuis, je les fuis, les cravates (et ne porte que des baskets).

 

- Comme j’avais décrété que je n’aimais pas le lait (sauf dans le chocapic ou avec de la grenadine), je mettais de l’eau chaude dans mes Country Store (c’est une sorte de muesli, pour ceux d’entre vous qui l’ignoreraient car ils n’ont pas eu d’enfance). Pour moi, c’est son goût naturel qui me ramène à des matinées à me lever tôt pour regarder Dragon Ball. Aujourd’hui, je continue de mettre de l’eau chaude dans mon Country Store (oui, je suis quelqu’un de très nostalgique), par contre il est hors de question que je me lève les dimanche matins. Alors même qu’il y a surement encore Dragon Ball à la télé (et probablement encore Dorothée ou Corbier).

 

- Je regarde très peu la télé. Enfin si, je suis scotché en permanence devant à regarder des gens dribbler ou lancer une balle ou un ballon et à mater des séries, mais disons que je ne rentabilise pas franchement la redevance que je verse chaque année. Mais il m’arrive, à de très rares occasion, de zapper, histoire de. Et par deux fois je suis tombé totalement par hasard sur la tête d’un de mes clients (qui lit ces lignes, d’ailleurs. Il est partout. Partout !). Une première fois lors d’un jeu télévisé assez éloigné de Questions pour un champion (j’ai arrêté de me foutre de lui quand j’ai appris qu’il avait gagné quelques dizaines de milliers de granolas), et une seconde fois car il faisait la queue pour avoir une signature de Stephen King (bon, là par contre j’ai pas arrêté). Moi je trouve ça assez fou, en fait.

 

- C’est pas aussi fou que la fois où, en 1998, je discutais sur Internet (oui, ça fait longtemps que je traine par ici) et où je suis tombé sur quelqu’un qui connaissait un mec, à l’époque (1994) qu’il avait rencontré à Cleveland (je vous raconterai) et qui habitait lui aussi pas loin de Versailles et qui portait lui aussi le même prénom que moi. Pour un  Américain, je le connaissais forcément, après tout la France est un petit pays de 60 millions d’habitants, on se croise tous en allant chercher la baguette au camembert. Et effectivement, puisque c’était moi. Foufou.

 

- On devient pas libraire sans aimer l’ordre et les collections. C’est scotché à notre ADN. Moi j’ai collectionné tout et n’importe quoi (les paquets de cigarettes quand j’avais 12 ou 13 ans, par exemple), y compris les cailloux. C’est difficile d’être exhaustif, dans une collection de cailloux. Mes parents y ont vite mis un terme. Mais la collection qui a vraiment duré, c’est celle de cartes de baseball (et de basket). J’en ai un paquet (hahaha). Je les ai encore, d’ailleurs. 15 000 cartes qui trainent dans mon placard. Classées parfaitement. Que je vous lèguerai si vous promettez de ne pas vous battre pour la distribution.

 

- J’ai vécu une folle et brève histoire d’amour intense avec une Néo-Zélandaise psychopathe. J’étais à deux doigts de la suivre tout là bas et d’ainsi vous priver de ces mots. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

 

Je me rends compte que j’écris tout ça pour qu’on se rapproche, mais que ça risque plutôt de faire l’effet inverse. Tant pis, vous voilà prévenus. Alors, on signe où ?

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Vikler 05/04/2014 16:30


Tout ça vous donne un petit côté humain pas désagréable en tout cas ;)

Le libraire en question 05/04/2014 20:26



j'essaie, parfois, de l'être !



MATILOU 07/03/2014 23:15


T'es sûr qu'on devient pas libraire parce qu'un jour, on vous a demandé de porter une cravate à l'école? C'est une raison suffisante pour traumatiser...si on ajoute les petits cailloux et la
fumée de l'herbe, on obtient le petit Poucet qui sème pour retrouver le chemin et la cheminée de la maison et de son enfance. 

Bibigeneve 27/02/2014 14:38


On a déjà un point commun (si on exclu le fait de se retrouver ici...) c'est que je collectionne les collections, et pourtant je ne suis pas libraire. Par contre je suis une accro du papier :
livres, BD, carnets, cahiers, bloc à peinture, livres à colorier.... Et ça suit de génération en génération. Mes petites filles en sèment partout ! Donc je signe des deux mains. A bientôt !!!

ororuK 27/02/2014 02:40


Moi, j'aime bien !

Marc-Edouard 26/02/2014 00:53


Yes mon cher libraire , je suis partout et surtout dans ta boutique qui est un peu ma seconde maison  ( ok çà fait beaucoup , je squatte  ta tv et ta boutique mais aussi ton site ) .
 Plus tu lèves le voile et plus certains sont dans la brume , à la recherche de ton antre avec une carte indiquant un racourci introuvable . 


A+ le libraire !