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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 00:19

Encore un client qui me quitte, victime de l’autoroute de l’information, des échanges de données ultra rapides, de la suppression petit à petit des intermédiaires, de la globalisation des sentiments, bref : il a rencontré une gonzesse sur Internet.

 

Alors oui, ok, c’est devenu courant, j’en ai bien conscience, merci, même si je vis toujours à l’ère du papier et de Gutenberg. D’ailleurs ceux qui ont lu mon Roman Eponyme en savent quelque chose, puisque j’ai moi-même failli me retrouver à l’autre bout du monde, probablement attaché à un lit tellement la demoiselle en question s’est révélée totalement psychopathe (mais j’y ai échappé de justesse, je vous rassure, il en faut plus que ça pour m’empêcher de vendre des livres et pour que je m’enfuie loin). C’est pratique Internet, et si ça peut m’éviter les bars et les boîtes de nuit, je vote pour. Mais bon en même temps, je passe mes journées avec des plus ou moins inconnus, c’est pas pour en plus passer mes soirées à tenter de faire copain copine zigounette pilou pilou sur des sites de rencontre. C’est pas comme ça que je vais assurer ma descendance et ma lignée, mais il faut un temps pour chaque chose, et le temps est à la neige et à la luge, pas aux conversations virtuelles pleines de papillons dans le ventre tellement on fantasme loin de la réalité. Et la réalité peut-être très très cruelle, c’est rarement par hasard que l’on se retrouve à dragouiller sur Internet entre deux parties de WOW (ou Dofus si vous avez 13 ans) plutôt que d’être accoudé au Jukebox au café des sports avec son blouson en cuir entre deux parties de flipper.

 

Il faut tout de même que je me méfie, car j’ai pas mal d’exemples autour de moi de rencontres virtuelles qui ont eu des conséquences désastreuses, à commencer par mon frère (coucou) qui s’est marié à une Australienne (hello) et qui en a même profité pour se reproduire (coucou hello) et vivre tout là bas et y élever des chèvres et des prisonniers. Et ce avant même l’invention de Meetic et de Facebook, c’est dire le précurseur. Il fallait tenir compte des heures creuses, des déconnections intempestives du 28.8kbds, de l’interface pénible d’aol et d’inphonie et du bruit très peu discret du modem qui se lance après minuit. Pas question de webcam ni d’échange instantané de photos, évidemment, ce qui ajoute un peu de piment à la relation et aux désillusions. Maintenant c’est beaucoup trop facile, vous remplissez des fiches, on vous catégorise, on vous branche directement avec une fille qui est elle aussi fan de grenouilles rouges carnivores et qui préfère les chiens aux chats (ça c’est normal par contre), fini l’imprévu, fini les romances interprofessionnelles sur fond de machine à café qui coule et de photocopieuse qui secoue, fini les coups d’un soir (enfin ceux qui n’ont pas été conclu sur Internet, j’entends) dans une boîte glauque de la proche banlieue (alors attention, j’ai jamais fait ça hein, j’ai même (pratiquement, mais c’était un traquenard) jamais été en boîte, faut pas non plus déconner, j’ai une certaine haute estime de moi-même).

 

D’ailleurs ce fameux client, que j’aime bien par ailleurs et qui faisait un chouette boulot de bibliothécaire de petite commune et qui se démenait comme un ptit diable, il part pour l’Argentine, où la viande est plus tendre et les chanteurs plus sereins. Il part rejoindre sa dulcinée loin des moulins à vent, rencontrée lors d’échanges de commentaires sur un blog regroupant des bibliothécaires. Alors allez-y, faites-vous plaisir ici même, promis je ne censurerai pas, j’aime bien l’idée que des couples se forment grâce à moi (généralement les couples qui se forment grâce à moi c’est quand une fille me quitte pour un autre, donc bon, ça compte moins), parlez, partagez, échangez vos adresses msn, utilisez des smileys même si vous voulez, aimez vous grâce à moi, aimez vous sous moi.

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Published by Le libraire en question
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commentaires

Cécile de Quoide9 05/03/2010 21:03


J'vous jure ! C'est à désespérer des nouveaux outils de communication !


Cécile de Quoide9 05/03/2010 17:23


Je m'insurge : aucun prince charmant énamouré ne m'a contactée depuis que j'ai laissé le commentaire précédent. Pfeuhhh.


Le libraire en question 05/03/2010 19:48


oui, pareil, pas de princesse charmante

internet c'est plus ce que c'etait. Ou alors y'a plus de celibataires ni de gens malheureux


Cécile de Quoide9 25/02/2010 00:56


Demande à ton futur ex-client s'il faut nécessairement faire un commentaire intelligent ou pas ?


Le libraire en question 25/02/2010 09:30


j'ai pas compris, en fait, ça me perturbe


Linu 15/02/2010 11:25


Les sites de rencontre, c'est has been. Faut tester les univers virtuels : j'ai bien rencontré ma moitié sur une planètre très très lointaine, entre deux combats à la taverne du coin. Ca fait plus
exotique, comme rencontre à raconter.

En passant, j'espère que notre libraire favori a fait du chiffre pour cette St-Valentin, avec des livres en chocolat, des coffrets BD parfumés à la rose et tout et tout. C'est quand même l'un des
objectifs de cette fête :)


Le libraire en question 16/02/2010 09:13


oh je pense que c'est a peu pres autant la honte de rencontrer sa moitié sur un univers virtuel, mais bon hein quesqui compte, c'est l'amour

(et nope, pas vendu beaucoup de Bds pour la Saint valentin, tout se perd)


Noknoknok 14/02/2010 04:43


Et moi qui pensais en ce triste et mercantil jour être la seule libraire célibataire...
Mais voilà que j'apprends que je suis une demoiselle de qualité donc... je pense me laisser encore 2 ans avant de me décider pour les sites de rencontres, c'est correct ?