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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 00:22

Vous vous en rendez pas forcément compte, mais cet homme (ce fou), abat un boulot incroyable chaque année pour du9.org avec ses dossiers numérologie. Un homme qui aime autant les chiffres et qui les manie aussi intelligemment ne pouvant pas être totalement mauvais, c'est tout naturellement que je lui ai demandé de se prêter au jeu.

 

Je me méfie des tops et des listes, d'autant plus lorsqu'elles sont données comme ça, de manière brute, sans que l'on vienne expliquer pourquoi tel titre se trouve là. Se pose aussi la question de savoir pourquoi tel autre titre n'y aurait pas sa place, le fait que ces listes changent avec le temps et/ou l'humeur, et qu'elles ne sauraient être autre chose que le reflet éphémère d'un moment donné. J'invoque donc le droit de me dédire, de renier tout ce qui suit et de soutenir exactement l'inverse si besoin est. Qu'on se le dise.
Ah oui, dernière précaution d'usage: il y a dix titres, mais l'ordre ne correspond à rien (si -- après coup, j'ai décidé de classer par ordre alphabétique des auteurs). L'idée de noter ou d'organiser des œuvres en prétextant que telle est «meilleure» que telle autre me hérisse au plus haut point. Il y en a donc dix, parce que c'est l'exercice qui le veut, il n'y en a pas qui soient plus ou moins indispensables à mes yeux, et cette remarque s'étend aux dizaines d'autres livres que j'aurais pu citer ici.
Anton Kannemeyer & Conrad Botes - "Bitterkomix"
 Gros bouquin publié par l'Association et criminellement ignoré par la critique, "Bitterkomix" est une claque, une ouverture sur un territoire inconnu de bande dessinée, doublé d'une intelligence politique incroyable. La rencontre avec les auteurs à Angoulême reste pour moi un souvenir très fort.
http://3.bp.blogspot.com/_HZWdWl9jpL4/S0ndguVJrPI/AAAAAAAAAsg/BC9vHUY0xIg/s400/bitterkomix.jpg
Charles Burns - "Black Hole"
 Charles Burns, Daniel Clowes, Chris Ware -- difficile de choisir un titre pour ces trois auteurs qui se trouvent un peu dans la même catégorie pour moi. On y trouve une sorte de perfection formelle, un rien glaciale, qui met le lecteur un peu à distance. C'est finalement sur "Black Hole" que je me suis arrêté, parce qu'il s'y trouve une véritable sensualité, dans un le récit qui tient incroyablement bien malgré la décennie qu'il a fallu pour sa réalisation.
http://v2.du9.org/wp-content/uploads/img/jpg/blackhole.jpg
Peter Milligan & Duncan Fegredo - "Enigma"
 J'aurais pu citer pas mal des titres qui paraissaient alors chez Vertigo -- "Sandman", "Preacher", "The Invisibles" -- mais c'est étonnamment celui-ci qui me reste comme étant une sorte de bon condensé de l'époque. Mystique, sombre, tordu aussi, et très bien servi par le dessin de Fegredo. 
Vincent Fortemps - "Par les sillons"
 Le travail du FRMK me fascine, et m'intimide également. Pas que j'aie peur d'ouvrir leurs livres, mais que bien souvent, il m'est difficile d'en parler ensuite. Vincent Fortemps fait partie de ces auteurs-là, dont le dessin (muet, gratté, sombre) est d'une élégance folle (je pense aussi à Dominique Goblet, qui joue dans la même cour) et dont les récits sont parfois si fragile qu'on ne peut en parler sans en donner une image forcément abîmée, et bien moins forte que l'original. C'est une lecture qui ne se raconte pas.
Jochen Gerner - "Contre la bande dessinée"
 Le travail de Jochen Gerner me fascine, dans sa simplicité apparente et dans la richesse de son approche. Bien sûr, "Contre la bande dessinée" m'intéresse particulièrement par rapport au discours de/sur/autour de la bande dessinée, mais il faudrait presque y rajouter tout le reste de sa bibliographie.
Los Bros Hernandez - "Love & Rockets"
 Il m'a fallu du temps pour réussir à dépasser le premier recueil chronologique ("Music & Mechanics"), dont je ne savais trop quoi penser. Mais ensuite, une fois que les frangins trouvent leur voie, on se laisse embarquer... Une petite préférence pour les récits de Beto, plus foutraques parfois, mais à mon sens plus aventureux aussi. Ou alors, c'est que je ne suis pas assez punk pour lui préférer Jaime.
Frank King - "Gasoline Alley"
 Une belle claque que de découvrir ce récit de vie, où les personnages vieillissent jour après jour. On y retrouve les choses simples de la vie, avec une double résonance: Frank King y dessinant sa propre paternité nouvelle, et moi-même y trouvant les échos de la mienne. C'est aussi superbement dessiné, mon seul regret étant que les Sunday Pages ne soient pas inclues dans l'édition de Drawn & Quarterly.
Matsumoto Taiyô - "Printemps bleu"
 Matsumoto Taiyô m'est important à plus d'un titre -- c'est le premier auteur japonais qui m'a fait découvrir qu'il pouvait y avoir un "autre" manga. Et puis, c'est aussi un auteur avec une bibliographie exceptionnelle, toujours mouvant, toujours évoluant, toujours unique. Alors pourquoi "Printemps bleu"? Peut-être parce que c'est un recueil de récits courts, qui donnent à voir toute une palette d'approches et d'ambiances. Et peut-être aussi pour son adaptation en film, impeccable également, et fabuleusement servie par la musique de Thee Michelle Gun Elephant. Oui, c'est le nom du groupe.
Fabrice Neaud - "Journal t.4"
 Il y a beaucoup de projets autobiographiques qui m'ont marqué ("Approximativement" de Lewis Trondheim, "Journal d'un Album" de Dupuy et Berberian, "Livret de Phamille" de JC Menu, etc.), mais ce quatrième (et, pour l'instant, dernier) volume du Journal de Fabrice Neaud est fascinant en ce qu'il boucle la boucle, en quelque sorte, puisqu'il y est question de la sortie du premier volume -- et donne l'occasion à l'auteur de s'interroger sur sa pratique de l'autobiographie.
Tsuge Yoshiharu - "Neji-shiki"

 

 Je n'avais pas complètement été conquis par "L'homme sans talent" lorsqu'il avait été publié par ego comme x, mais la lecture de ce recueil de récits courts parus dans Garo (en particulier "Kurenai Hana", puis "Yoshiharu no Seishun") m'ont absolument convaincu de l'importance de Tsuge. Puisque l'on ne peut espérer qu'il soit plus traduit, ne reste qu'à apprendre le japonais pour le lire. Et franchement, ça en vaut le coup.

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Published by Le libraire en question
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