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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 21:23

Je ne sais pas pour vous, mais moi, cette année, elle ne m’inspire absolument pas, pour l’instant (ce qui explique mon mutisme prolongé).

 

Ni les bons résultats de certains éditeurs sur le dernier trimestre (mais bon, un Quête de l’oiseau du temps en même temps qu’un Blake et Mortimer en même temps qu’un Blacksad en même temps qu’un Jul qui s’étale dans les médias, forcément, ça aide un peu), ni le mercato (Ankama chez MDS, 12 Bis chez Glénat, Bourgeon chez Delcourt, Star Wars chez Marvel) ni certains libraires qui se rendent compte que ah tiens, ceux qui avant achetaient chez Virgin se retrouvent à acheter un peu chez eux aussi, non, rien de tout ça ne m’inspire.

 

Il y a bien la tva sur les centres équestres qui passe d’un tva réduite à une tva à 20%, mais je sais pas, j’arrive pas à être solidaire, et pourtant j’aime bien les poneys. Il y a aussi cet auteur (dont je tairai le nom, vais pas lui faire de la pub non plus) qui crie à qui veut bien l’entendre que les ‘petits libraires’ ne servent à rien, qu’il faut laisser faire le marché non entravé, qu’ils empêchent les livres de se vendre (ah ?) parce que, ces cons, ils les lisent (ah oui, là d’accord) et décrètent ce qu’il faut lire ou non. Ça c’était un peu rigolo tellement c’était improbable. JE vous laisse découvrir la réponse de Claro, toujours aussi merveilleux.

 

A la limite, ce qui pourrait titiller le plus, c’est le feuilleton éphémère Angoumoisin annuel. Et même pas pour une question de sélection ou de futur Fauve d’or (si on me demandait mon avis (sait-on jamais), je choisirais…heu…voyons la liste…hmm…Le livre de léviathan, allez. Ou La tendresse des pierres. Ou le Annie Sullivan. Même si y’a des chances que ce soit plutôt Mauvais Genre qui soit primé). Non, ce qui occupe les murs facebook des auteurs, ces deux dernières années, c’est le vote pour le Grand Prix, qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre. En général, il est désigné par l’ensemble des anciens Grands Prix, donc autant dire que, de temps à autres, leurs choix autocentrés peuvent paraitre pour le moins curieux et fermés (après, hein, si ça permet de parler plus de Willem, Baru et Blutch, je vote (hahaha) plutôt pour). Mais là, tadah, retournement de situation, ce sont les auteurs (de langue française) qui votent. Et re-tadah, les 1 500 votants n’ont pas soutenu du Sfar, du Van Hamme ou du Hermann mais du Chris Ware, du Clowes, du Taniguchi, et surtout du Otomo (l’auteur de Domu et de Akira), du Alan Moore (l’auteur de…oui bon là y’a pas assez de place sur mon disque dur) et….du Bill Watterson, qui se retrouve même preums. Ça va donc se décider entre ces 3 derniers.

 

Bon, Alan Moore se déplace pas des masses (aux dernière nouvelles il n’avait même pas de passeport, ce qui indiquerait que l’international, Union Européenne ou pas, ne soit pas trop sa tasse de thé bouilli) et Bill Watterson n’existe pas en dehors de l’endroit où il se terre secrètement reclus et refuse catégoriquement tout contact avec la presse. Reste Otomo pour espérer une photo Op avec le fauve l’année prochaine et un peu de retombées presse. Y’a des chances qu’ils tentent de trouver un plan B, d’autant plus qu’une partie des auteurs Grands Prix font un poil la gueule parce que pfff, laisser voter les copains c’est bien, mais on voit ce que ça donne, la démocratie, c’est n’importe quoi, y’a soit des mecs qui ont rien fait depuis plus de 10 ans et qui sont auteurs d’une seule œuvre, ou un gars qui dessine même pas. Pourquoi pas une femme, tant qu’on y est (ou pire, une femme coloriste) ?

 

 

‘fin bon, dans 15 jours tout cela sera oublié et on retournera à notre quotidien (je ne doute pas un instant que le vôtre est rempli de pingouins dansant la carioca sur la musique du Magicien d’Oz. Vous avez de la chance). En attendant l’inspiration.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 20:20

Nous y voilà.

Nouvelle année, donc fin de période de Noël, à y’est, on peut passer à autre chose, retour à la routine, le quotidien, les piles de retours, les commandes de début d’année et, le plus important, LES STATS A GOGO.

 

Wooohoooo.

 

Je vous ai gavés de chiffres pendant ces quelques semaines intenses, et c’est pas fini (youpi, je sais). Car c’est bien gentil, les chiffres, mais si on ne les explique pas, ça sert à rien. Je vais faire vite, vous en faites pas.

Le plus important, en fait, c’est de comprendre que même si on brasse des milliers d’euros, ce qui reste au final dans la poche, c’est quelques centaines d’euros, au mieux. Et pas pour des raisons de salaires mirobolants des libraires et gérants, loin de là (2 000€  nets pour ceux qui gèrent une librairie en moyenne, 1 300€ pour les libraires qui ont de l’expérience). Plutôt pour des raisons de marges moyennes très faibles sur le livre. Concrètement, une Bd que je vends 15€, je l’achète un peu moins de 10€ (9,45€ pour être précis). Il n’y a donc que 5€ qui vont directement payer les charges fixes (et variables). Donc quand vous me voyez fanfaronner car j’ai fait 10 000€ en deux jours, ça peut sembler beaucoup d’argent, mais en vrai ce qu’il reste après avoir payé les fournisseurs, c’est 3 700€. Ce qui reste beaucoup d’argent. Gagner en deux jours plus de deux fois le salaire médian en France, c’est même indécent en temps de crise. Sauf que ça permet généralement de combler un trou que l’on creuse comme des grands depuis le mois de février (janvier est assez tranquille, et fin janvier et fin février on paie les livres commandés en Novembre et Décembre, et là ça fait mal. De l’intérêt d’avoir négocié de l’échéance pour ces commandes-là qui sont plus importantes que la moyenne, par définition), attendant justement avec impatience que le cycle se cyclise et qu’on arrive enfin au mois d’Octobre, que le banquier nous lâche un peu la grappe et qu’on ne se ronge pas les ongles en permanence avec un œil sur le compte. Le mois de Décembre permet d’équilibrer les comptes, pas de se gargariser à coups de pièces de 2€ dans un bain de billets de 500€.

 

En gros, je surveille de prêt 3 indicateurs qui me permettent de gérer grosso modo le monde qui m’entoure.

 

1/ Le chiffre d’affaires

 

Le fric, quoi. Alors sachez que je suis pile à l’objectif que je m’étais fixé au mois de mars (ah, la magie des chiffres et des tendances). Ce ne sont pas des objectifs le doigt levé au vent, mais qui s’appuient sur ce que j’observe. On n’est jamais à l’abri de bonnes surprises et de reprises soudaines de consommation, mais une courbe est une courbe, il faut s’y fier. C’est très pratique pour, par définition, prévoir un minimum où on sera à un instant T. J’ai tendance à être plutôt réservé et pessimiste, donc je m’enflamme rarement, ce qui fait que les surprises sont plus souvent bonnes que mauvaises. Là, j’ai fait 800€ de plus que l’objectif prévu. Pas dégueu.

 

Je m’étais d’ailleurs fixé un objectif sur les intégrales et les coffrets. J’ai injecté 30% de stock en plus (les Calvin & Hobbes ont joué dans la balance, évidemment) et partais donc du principe qu’il fallait vendre 30% en plus. Logique (j’ai une tendance normale sur le livre neuf à + 1%, pour info, c’était donc par forcément gagné d’avance). Objectif atteint, avec même 10% de plus. Donc chouette. Ce qui veut surtout dire que si l’offre est là, les ventes suivent. L’implantation est primordiale.

 

30% de mon CA a été réalisé les 5 jours avant Noël. 40% sur 8 jours (donc sur 25% du temps, pour ceux qui suivent et se sont pas encore endormis la bave et la dinde aux lèvres). Autrement dit, faut pas se rater à ce moment-là. D’où ma légère angoisse qui, je l’espère, était palpable.

 

2/ La fréquentation

 

Là aussi, c’est au vert. Mon nombre de clients uniques sur 12 mois a enfin de nouveau grimpé après un an de baisse et le nombre de paniers (actes uniques d’achats) est lui aussi en légère hausse. Ça veut donc dire que même si les gens se serrent la ceinture le restant de l’année, ils reviennent en Décembre faire des cadeaux et nous ont en tête pour ça. C’est la preuve que la fidélisation suit son cours. D’ailleurs, 99.7% de mon chiffre est fait sur des gens qui ont une carte de fidélité à la librairie. 94% des gens en avaient une et j’en ai créé autant de nouvelles que l’an passé. C’est primordial, car j’ai besoin d’engranger un certain nombre de nouveaux clients chaque année pour, au  minimum, compenser ceux qui partent. Je ne vous donnerai pas le chiffre exact car il faut bien que je garde un peu de mystère, mais mon taux de remise sur carte de fidélité était aussi très élevé ce mois-ci, confirmant le fait que j’ai très peu de passage et principalement des clients fidèles (et bien élevés).

 

3/ Le stock

 

Je suis obsédé par le stock. Presque plus que par le chiffre d’affaires (presque, hein). La gestion du stock est la différence entre un libraire et un vendeur de livres. Et autant vous dire que personne ne touche à mon stock. Bas les pattes. Là, concrètement, mon stock est pile poil où il doit être (allez, j’ai 800€ de trop, mais ce sera réglé avec la vague de retours qui arrive). J’ai déstocké 20 000€ de livres sur décembre, ce qui me permet de revenir à mon niveau de début octobre. Et ça tombe bien, c’est pile ce que j’avais injecté spécialement pour Noël. Même si on est crédité de tout ce qu’on ne vend pas, le problème c’est que le temps que ce le soit, l’argent est déjà parti dans les poches des distributeurs, nous laissant la charge de la trésorerie pendant 1 mois ou 2 (je sais pas si je suis très clair. Au pire, c’est pas bien grave, retenez juste que ça craint du boudin de trop se planter dans ses achats, surtout si on négocie pas d’échéance supplémentaire).

 

Voilà pour le debrief.

Pour résumer : je suis très content et soulagé. Après 9 mois d’exercice (fiscal hein...pour le reste j'ai la Kinect), je sais où je vais et où je serai au bilan.  Je peux dire à mes apprentis que j’aurai pas besoin de les virer tout de suite pour grappiller quelques euros afin de payer ma Mercedes.

 

 

Et pour ceux qui se demandent ce que c’est qu’une journée normale, sachez que là, aujourd’hui, j’ai vu 16 clients pour un chiffre d’affaires de 420 €. Vivement Décembre prochain.

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 23:56

J-1

Mardi 24 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

On va pas se mentir, là je suis en train de puiser au fin fond du tréfonds de ma motivation pour écrire cet article à la force de mes dernières forces.

 

Je vais donc faire bref, d’autant plus que j’ai des paquets à faire (et pas un apprenti sous la main) pour demain matin et une bonne nuit de sommeil réparateur qui m’attend.

 

La journée fut chouette. Une ambiance comme j’aime, des gens comme j’aime, des conseils comme j’aime avec ce qu’on peut qui nous reste sous la main et en plus pile le chiffre d’affaires que je devais atteindre.

 

J’ai même entendu une fille traiter sa mère de garce (affectueusement) et ladite mère traiter sa fille de salope (avec amour), tout ça dans une humeur joyeuse de rires de partout (oui je sais, ça parait improbable, comme ça, il faut juste me croire sur parole. C’était beau), et repartir avec 3 kilos de Vuillemin ainsi que Le petit livre rock (décidément…) sous le bras après s’être éclatées avec Terreur Graphique et Sous l’entonnoir (de Sibylline et Natacha Sicaud) l’année dernière. Des gens bien, vous dis-je.

 

Seuls deux éléments sont venus entacher cette journée parfaite pendant laquelle je tenais debout sans trop savoir comment et où j’étais totalement inexistant (et heureusement, les clients aussi) à partir de 17h30 : tout d’abord, une jeune fille, charmante au demeurant (c’est pas tous les jours que j’en croise des jolies, autant le mentionner) que je vois une fois par an et qui n’a rien trouvé de mieux comme première phrase à me dire que ‘tiens, tu as vieilli’. Ce qui est un fait, mais je doute qu’elle entendait par là que j’avais pris un an comme tout le monde. Et ensuite, je ne sais pas qui est le fautif, mais une de mes saloperies d’apprentis s’est trompée de cinq centimes en saisissant une carte bleue. J’ai donc dû vérifier un par un TOUS les tickets de cb, alors que je ne rêvais que de sauter sur le canapé familial pour manger des Bugles 3D goût nature bien mérités. Et évidemment, il y en avait 70, et c’était un des derniers, sinon c’est moins marrant. Faut que je trouve une punition qui soit à la hauteur. J’ai quelques jours pour y réfléchir.

 

Et demain, chose curieuse et peu vue ce mois-ci, le rideau restera fermé. Et moi ailleurs que derrière un comptoir.

 

Je finis avec une croissance de 1% en fréquentation depuis le début du mois, malgré un samedi en moins. Ce qui est une bonne nouvelle. Je ferai un point avec vous au sujet de tous ces chiffres très bientôt. Promis. Je sais à quel point ça vous tient à cœur.

 

En attendant, des joyeux de partout, merci d’avoir suivi ce feuilleton haletant.

Nous nous reverrons.

 

 

Tickets : 86

CA : 4 043 €

Livres : 198

 

Paquets : aucune idée. Plein, je dirais.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 23:24

J-2

Lundi 23 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Là, y’a plus à tortiller, on est bien dans la dernière ligne droite. La ligne droite des retardataires, ceux qui font les cadeaux au dernier moment, qui prennent le marathon en route. C’est le moment où chacun prend ce qu’il y a sous la main (c’est une façon de parler), et je peux mettre à peu près n’importe quoi sur les tables, ça partira. C’est assez fascinant. Je n’avais pas vendu un seul recueil Reiser (alors que quand même, Reiser, merde quoi) ou making of de Star Wars je sais plus combien (oui bon, là ok), et puf, aujourd’hui ils sont partis (3 de l’un, 1 de l’autre). Ces deux derniers jours sont connus sous le nom de : jours où on vend tout un tas de trucs qu’au moins on aura pas à les retourner, comme ça.

 

Je les aime bien, ces deux derniers jours.

Enfin surtout l’avant dernier (aujourd’hui, donc), avec des gens à la bourre mais pas non plus archi à la bourre, qui sont donc pas plus pressés que ça et qui prennent le temps de suivre nos conseils. Demain, ce sera pas la même danse, on va passer du tango de ces derniers jours à la danse des canards, ça va être du grand n’importe quoi.

 

C’est aussi le moment où on crée quelques cartes de fidélité. Des gens qui trainent dans le coin à la vague recherche d’une idée cadeau qui ne soit pas du parfum (à force, y’a plus de place dans la salle de bain, et faut en laisser un peu pour les sels) et qui tombent sur nous et qui se disent que ah bah oui, tiens, pourquoi pas, et puis qu’est ce qu’il est beau, le libraire, dites donc.

 

Il y a évidemment des gens qui s’égarent tout seul comme des grands. Comme ce couple avec enfants qui entre en affirmant que ah c’est bon, ici ils vendent des Dvds, regarde ma chérie, y’en a partout, prends celui que tu veux.

Moi je veux bien, sauf qu’il n’y a pas un seul dvd dans la librairie. Enfin si, il y avait bien Ferris Bueller’s Day out dans mon sac dans la réserve, mais je pense pas qu’ils l’aient repéré de tout là bas.

 

La journée s’est terminée avec cette cliente qui venait pour la première fois et qui a commencé par demander conseil en jeunesse. Puis elle s’est laissé guider pour un ado/adulte fan de métal (il a fallu se creuser un peu la tête, pour celui-là). Et après avoir payé se 6 ou 7 Bds, elle me demande si au fait, j’aurais pas une Bd un peu érotique, un peu coquine, en passant ? Il faut dire que ça rapproche, le conseil, au bout d’un moment on se sent bien, on se sent en confiance, on demande des livres avec des nichons dedans.

C’est comme ça qu’on est passé de Mon petit poney (que je vous conseille chaleureusement car très drôle comme tout) à Filles Perdues (dans lequel il y a un cheval, certes, mais c’est pas tout à fait pareil). Le grand écart du conseil en librairie.

Et c’est ça qu’est bien.

 

Allez, zou, préparez les granolas pour demain, ce sera le gouter de Noël. On va bien rigoler.

 

Et après ça, je dors.

Pour toujours.

 

Tickets : 65

CA : 3 400 €

Livres : 231

 

Paquets cadeau : 45

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 20:54

J-3

Dimanche 22 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

La pression est retombée, le rush aussi, je sais très bien que je verrai 4 à 5 fois moins de monde aujourd’hui, mais je suis confiant, et puis, tout comme dimanche dernier, ça laisse le temps de tout bien ranger la librairie, refaire les facing, combler les trous (that’s what she said), passer un coup de balai et se rendre compte que ah tiens, y’a de la place dans la surface de vente pour mettre toutes ces piles qui trainent dans la réserve depuis 3 semaines.

 

Sauf qu’il ne faisait pas un temps à mettre une poussette dehors. Couplé au fait que le centre ville par chez ici est un peu mort (et complètement mort le dimanche) et qu’ils sont tous agglutinés et ensardinés dans la grande surface du coin, ça fait que j’ai pas vu grand monde (moins que dimanche dernier, d’ailleurs). Il y a même eu moins de monde l’après midi (15) que le matin (16). La fête au n’importe quoi côté statistiques.

 

Beaux joueurs, mes bons clients sont passés (se) faire des cadeaux et trainer un peu et ainsi contribuer à un bon chiffre d’affaires dominical. En dehors de ça et des 17 paquets faits par mon apprenti pour un seul des clients susmentionnés, RAS. On commence à avoir quelques manques côté piles (vendu le dernier Ma révérence, dernier Mauvais Genre, dernier Blake et Mortimer, dernier Kililana Song) mais ça va, il reste largement de quoi faire (5 500 références et 8 500 volumes).

 

Et pour les quelques uns, bienveillants parmi vous qui se poseraient la question (merci, vous êtes chous), sachez que oui, je suis crevé, que je rêve d’une journée calé sur mon canapé à lire non stop, mais que bon, allez, suis commerçant, c’est la règle du jeu, je sers le livre et c’est ma joie, plus que deux jours avant de se servir un bon gros verre de Dr Pepper et de trinquer avec soi-même (et ceux qui me suivront).

 

Hop.

 

 

Ps : je reçois à l’instant une déclaration d’amour (coucou) d’une lectrice qui m’a fait confiance en cassant sa tirelire et qui a découvert grâce à moi, un peu, l’intégrale de Calvin & Hobbes. Elle me dit qu’elle frémit de bonheur. C'est pas rien, en 2013, de frémir de bonheur.

Je les aime, moi, ces messages. Finalement, je suis pas si lourdos que ça, avec C&H. J’y retourne, pour la peine.

 

Tickets : 31 (oui, je sais, j’avais annoncé 50…ça va hein)

CA : 2 400 € (oui, c’est pas dégueu, côté panier moyen)

Livres : 109

 

Paquets : 31

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 20:26

J-4

Samedi 21 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Eh bien ma foi, on s’est fait défoncer, comme on dit vulgairement dans le secteur après une bonne grosse journée comme celle là. Nous savions que ce serait la plus grosse journée de l’année (suffisait de regarder son mur Facebook spécial commerçants/libraires pour s’en rendre compte), je l’avais même annoncé ici-même (130 tickets, souvenez-vous), nous étions tous préparés, sur le pied de guerre, allez, ramenez-vous, on a du répondant (et du sourire), même pas peur, vous voulez un paquet cadeau (enfin un ‘papier cadeau’ comme disent mes apprentis un peu dyslexiques) ?

 

Pour comprendre cette journée, il faut imaginer celle de samedi dernier mais avec encore plus de monde, plus de demandes de renseignement, bien plus de paquets cadeau, mon meilleur client manga qui choisit pile ce jour là pour passer (il passe tous les 4 mois et prend pour 400€ de mangas. C’est beaucoup, 400€ de mangas, ça fait une sacrée pile. J’ai fait un très joli fort sur le comptoir, d’ailleurs), un autre qui choisit pile le méga coup de feu de la mort avec tsunami de clients qui envahissaient tellement le magasin qu’il fallait quasiment faire la queue dehors (bon ok, peut être pas, je vends pas non plus des macarons Ladurée) pour tergiverser sur quelles séries compléter parmi les 45 qu’il a en cours (je peux voir le Soul Eater tome 23 ? je sais que j’en ai lu en ligne mais je sais plus lequel…voyons…non c’est pas celui là…vous avez le 20 ?) et complètement embouteiller la caisse (j’ai géré, c’est bon, vous en faites pas, personne n’a râlé), un autre qui m’a fait un sketch complètement improbable dans lequel je devais répéter 10 fois la même chose (non, il n’y a pas de tome 9 de l’Epervier, oui, il y en a bien 8 en tout, non, il n’y a pas de tome 9, oui, la première série est en 6 tomes, non il n’y a pas de nouveau tome des Passagers du vent, c’est une série terminée, oui ça veut dire qu’il n’y aura pas de suite, oui il y en a bien que 7, non il n’y en a pas 8 etc etc (je la fais courte)), et l’équipe qui passe 25 minutes à tenter de retrouver 10 exemplaires de Matteo tome 3 censés être en stock, jusqu’à ce qu’une cliente bienveillante vienne exprès me dire que au fait, ce seraient pas ceux qui sont en vitrine, que vous cherchez ? (le mélange de soulagement et de sentir con est assez étonnant, dans ces cas-là).

 

Bref, de la bonne grosse journée de folie furieuse avec rien que des gens adorables et patients, et pas un seul pénible (il y en a pourtant toujours) et même des jolies filles (en spé Bd, ça arrive pas tous les jours (oui je sais, mais c’est quand même pas ma faute si c’est vrai)).

 

J’avais prévu 210 tickets et j’en ai fait 212.

J’avais prévu 10 000 € et fait 10 200 €.

C’est magique, les tendances et les chiffres, je vous le dis, moi.

 

Allez, le plus dur est à venir, paradoxalement. Demain, c’est décrassage et journée un peu cool de repos pendant laquelle on rit en buvant un chocolat chaud saupoudré à la cannelle, mais lundi et mardi, ça va être de nouveau du sport, avec les vrais cadeaux de dernière minute et les demandes impossibles (vous avez une Bd pour un fan de kitesurf, mais qui se passerait au pied d’un volcan ?).

 

En attendant, moi, je vais prendre un bain. Je l’ai bien mérité. Même que j’emmène ma collection de canards (oui, j’ai une collection de canards pour mon bain, parfaitement. Ne soyez pas jalouses)

 

Tickets : 137

CA : 7002 €

Paquets : n/c

 

Livres : 490

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 21:53

J-5

Vendredi 20 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Psychologiquement, c’est une date importante. Déjà, parce que c’est le début des vacances et que bientôt, déjà, l’hiver. Et qu’en plus, ouhla, à y’est, on est dans la vingtaine et Noël aussi, y’a plus à tergiverser, faut vraiment songer à s’occuper des cadeaux, tant pis pour Julien Lepers et les pubs pour les fosses septiques.

 

Autant dire que je misais beaucoup sur cette journée. Je m’attendais à ce qu’elle marque le début du méga cycle de fin de la saison d’accrochage au fauteuil, façon derniers épisodes de The Shield ou de 6 feet under, avec crescendo du tonnerre jusqu’au 24 au soir. Mais ça a débuté très (très très) doucement. Aussi doucement que depuis le début de la semaine. Autant dire que de mon côté, c’était un peu la soupe à la grimace de grenouilles. Je manque de vitamine D et d’endorphines, à croire que je ne ris pas assez (et faut que je fasse plus de sport (et de sexe, apparemment)).

 

A 17h, j’en étais à 40 tickets. C’est faiblard. 40 tickets en 6 heures, ça veut dire 55 à la fin de la journée. Nul. Et des demandes somme toute plutôt normales, si ce n’est une demande de Bd pour un jeune homme dont les parents sont des cons (ça arrive) et qui passent leur temps à la rabaisser et lui expliquer à longueur de journée que c’est rien qu’un nul qui n’arrivera à rien (c’est pas en mettant son nez dans la merde qu’il va en sortir). La cliente souhaitait quelque chose d’un peu poétique, qui le ferait lire. J’aime bien, moi, ce genre de demande, je trouve ça salvateur (j’ai notamment suggéré Le mangeur d’histoires, car apparemment lui-même écrit un peu).

 

17h, c’est le moment que j’ai choisi pour aller prendre l’air et un doliprane, histoire de chasser ce mal de crâne qui me vrillait l’esprit et qui s’annonçait très menaçant pour la suite de la journée. Et quand je suis revenu, le miracle avait eu lieu : du monde de partout. Des jeunes, des vieux, des mi-jeunes mi-vieux qui me disent que je fais pas mon âge (oh merci madame, vous non plus), des oncles paumés qui cherchent ils ne savent trop quoi pour des nièces inconnues, un jeune homme qui me demande de lui conseiller une Bd qu’il pourrait peut-être télécharger sur une tablette plus tard pour son père (ouais, mais non. Qu’il se débrouille sur internet, non mais oh), un autre qui me demande des figurines Dr Who (qu’est ce que vous avez, tous, avec Dr Who ?), et globalement énormément de Bds pour des jeunes enfants qui sont absolument tous, sans exception, bien en avance pour leur âge. Si j’en crois les statistiques, il faudrait songer à carrément supprimer les âges 6 à 8 ans et passer directement de 5 à 9.

 

Et c’est ainsi que j’ai fait 35 tickets de plus en l’espace de 2 heures. Ce qui a sauvé la journée. Comme quoi hein…Bon par contre, le seul point noir c’est qu’il y avait un écart de caisse. De 1 centime. Que je retiendrai donc sur la paie de mes apprentis.

 

Allez, je fais mes prédictions pour la fin de la saison. Il me reste 300 tickets à faire (en toute logique mathématique liée aux tendances de cette année). J’annonce : 130 demain, 50 dimanche (+50% par rapport à l’an passé), 60 lundi et 70 mardi.

 

Rien ne va plus….

 

 

Tickets : 75

CA : 3 200 €

Livres : 208

 

Paquets : 39

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 20:29

J-6

Jeudi 19 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Bon, aujourd’hui ne fut pas plus glorieux que les autres jours de la semaine. La dégringolade continue. Alors ça, pour fanfaronner sur des samedi records et des jours blindés, y’a du monde (je fanfaronnais, d’ailleurs ? j’ai déjà oublié. Tout semble tellement loin. Le temps s’étend curieusement quand il s’y passe rien). Mais dès que le soufflé de la vague retombe, y’a plus personne.

 

Alors, pour parler concrètement et parler chiffres (je sais que vous adorez ça), car après tout on est là pour ça (les anecdotes, c’est rigolo 5 minutes, mais soyons un peu concentrés et rigoureux sur notre gestion), sur la semaine, jusqu’ici, je suis à – 50% de chiffre d’affaires et -25 % de tickets. J’ai accumulé 8 000 € de retard depuis le début du mois (avec un samedi en moins, donc, mais là on arrive au stade où ça va compter de moins en moins) et 5 000€ sur mon objectif (je m’attends pas à faire aussi bien que l’an passé, en gros, pour tout plein de raisons que je vous épargne volontiers).

 

J’ai donc expliqué à mes troupes ce soir que TOUT, absolument TOUT allait se jouer demain et après demain. Ce seront nos swing states à nous (si vous savez pas ce que sont les Swing states, je vous encourage à améliorer votre culture générale, déjà, et en plus à regarder The West Wing, parce que bon, quand même), vendredi sera l’Ohio et samedi la Floride, allez. On avait pris un peu d’avance en terme de fréquentation, mais là c’est fini, la tortue nous a rattrapés, faut en remettre un coup et ne pas se rater. 210 tickets et 10 000 € sur deux jours minimum. Histoire que la baisse de cette semaine soit rattrapée sur le dernier jour en plus avant Noël de la semaine prochaine.

 

Je me rends bien compte que c’est pas très sexy de parler chiffres comme ça, mais c’est la triste réalité de notre métier. On s’imagine qu’on parle livres toute la journée et qu’on fait des piles qui se vendent toutes seules et qu’à la fin du mois y’a de l’argent pour tout le monde, sauf que bah non, pas trop. D’où mon obsession quelque peu démesurée en la matière. Mais blâmez plutôt l’absence de clients qui mène à une absence d’anecdotes (pas une seule demande un peu farfelue aujourd’hui, rien de bien intéressant, même pas une intégrale vendue. Le seul intérêt de cette journée, c’est qu’on est venu à 19h30 (je ferme à 19h) m’acheter des Epatantes aventures de Jules, ce qui me remplit toujours de bonheur. Pas de quoi en faire 10 lignes (ah si, tiens. Bon. D’accord)).

 

Ne vous en faites pas, j’arriverai bien à pondre un article dans lequel je parle de la magie du métier de libraire, de tous les paquets qui volent, des conseils par milliers (en vrai, les gens viennent avec une liste, n’allez pas croire un instant qu’on fasse tant de conseils que ça), du bonheur que nous apportons à nos congénères (qui en vrai sont comme tout le monde : ils nous aiment bien, mais ça les gonfle quand même de faire des courses un samedi quand c’est blindé), de toute cette culture (*tousse*) que nous défendons et des bébés chats qui se baladent en permanence dans la librairie, à coté de la machine à fabriquer de la barbe à papa. Mais ça, ce sera dimanche, une fois que j’aurai eu tout plein d’étoiles (d’euros) dans les yeux.

 

Hop hop hop

 

Tickets : 50

CA : 1902 €

Livres : 146

 

Paquets : 31

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 20:15

J-7

Mercredi 18 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Alors ça va aller plutôt vite : cette journée fut la copie conforme de celle d’hier.

 

En même temps, j’avais prévenu que j’aurais pas toujours un truc à raconter et que nos journées se suivent et se ressemblent.

 

Beaucoup moins de monde que l’an passé (30% de moins), même matinée (un coffret calvin & hobbes vendu) et mêmes types de conseils l’après midi, avec son lot de oh, vous êtes rudement chouettes, merci d’être là, ma fille vous aime bien parce qu’au moins avec vous on rigole, vous avez quoi sinon d’orienté à gauche politiquement ?

 

Moralité, on s’emmerde un peu (mais on s’éclate en passant le balai dans une librairie inlassablement vide), mais au moins on a l’occasion de rougir et de dire que rho mais heu non, c’est vous les géniaux, d’abord, enfin voyons, allez, on se revoit dans un an sans faute. L'avantage c'est que du coup, je suis pas trop crevé. J'en ai un peu marre de voir la gueule de la librairie tous les jours (et inversement, je suis sûr), certes, mais au moins je cours pas dans tous les sens à la recherche d'un second souffle qui compte les jours. Je reste jeune et vaillant le coeur léger et le pas leste. 

 

Mais les piles continuent de baisser, samedi soir il ne restera quasiment plus rien et il faudra commencer à ruser pour les demandes un peu plus pénibles (‘vous avez des Bds d’humour comme Les pompiers ?’). Vu le peu de monde ces deux derniers jours, ça va être rattrapé plus tard, cette histoire.

 

On verra bien si ça commence dès demain.

 

Vous faites pas les cons hein, vous venez à un moment ou un autre. J’ai besoin de vous.

Dites.

Hein.

Faites pas les cons.

 

Tickets : 45

CA : 1798

Livres : 99

 

Paquets cadeau : 28

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:31

J-8

Mardi 17 Décembre

 

Cher journal de Noël,

 

Pour rester dans l’esprit de Noël : aujourd’hui, on s’est bien fait chier.

 

J’ai vu 30% de gens en moins par rapport à l’an passé. Bon, finalement c’est un peu logique, je vais voir 400 clients d’ici Noël, répartis sur les jours qui restent, et il reste un jour de plus que l’an dernier puisque ça tombe un mercredi et non un mardi (je sais pas si vous me suivez. Je sais même pas si c’est logique ou si je cherche juste à me rassurer. On cherche souvent à se rassurer, en cette période).

 

Sur le front Calvin & Hobbes, sachez que j’en ai vendue une, aujourd’hui, d’intégrale. Une autre cliente a demandé à la voir suite au mail que j’ai envoyé, et sa réaction a été la suivante :

 

‘Ah oui non le dessin est moche, je veux quelque chose de bien dessiné’

 

Bon.

Très bien.

Je fais un métier dans lequel je suis habitué à gérer les goûts divers et variés de mes congénères. On peut lire Les Sisters, Lanfeust, se réjouir d’une adaptation de Marc Levy en Bd, je répondrai toujours avec le sourire, sans juger, grâce à un moyen très simple : je trompe mon cerveau en lui faisant immédiatement penser à la petite dans Despicable me qui dit ‘It’s so fluffyyyyyyyy’. Résultat garanti.

Mais c’est tout de même pas une raison pour dire absolument n’importe quoi. Et dans ces cas là, l’image mentale que je me fais va fonctionner (je souris), mais ça va pas m’empêcher de contredire la personne en question avec force arguments.

 

Le dessin est moche….non mais et puis quoi encore. Pas bien dessiné…pfff…ses enfants auraient pu être les plus heureux de la terre de la planète de l’univers de Spaceman Spiff, et au lieu de ça ils vont se retrouver avec un dessin tout lisse tout convenu tout ressemblant. Quelle tristesse.

 

Tant que j’y suis à n’avoir rien à dire (et j’ai conscience d’être un peu saoulant avec mes Calvin & Hobbes (mon propre apprenti me l’a fait remarquer. Il n’aura donc pas de cadeau de Noël cette année), mais je fais aussi un métier dans lequel on répète les mêmes arguments et les même pitchs (résumés…rien à voir avec ces délicieuses brioches chimiques au chocolat) à longueur de journée), je vais donner trois éléments qui sont vraiment propres à la période de Noël.

 

1/ Je passe ma vie devant le site de Meteofrance dès la fin Novembre pour m’assurer qu’il ne neigera pas. La neige est l’amie du commerçant de centre ville, sauf que le centre ville ne suffit pas à faire mon chiffre d’affaires. Je suis dans un coin où ma zone de chalandise s’étend sur 30 kilomètres, et j’ai besoin que les gens puissent prendre leur voiture et polluer jusqu’à moi. Bon certes, être tous en t shirt dehors à faire du roller (y’a encore des gens qui font du roller, d’ailleurs ?) ça fait pas à fond esprit de Noël, mais je m’en fiche un peu.

 

2/ Il faut ultra maitriser son assortiment. On peut pas se contenter de faire des piles de nouveautés. Il en faut pour tout le monde, dans tous les genres, qui fassent ‘beaux livres’ mais qui reflètent aussi le positionnement de la librairie. Et c’est pas toujours évident. On a un panier moyen élevé, mais qui reflète les choix faits en termes d’assortiment.

De plus, c’est le moment où on voit les clients qui ne passent qu’une fois par an, donc c’est pas totalement crétin de remettre en avant certains de nos chouchous choupis de début d’année qui ont fait leur temps parmi nos clients habituels. En plus, les éditeurs ils aiment bien, ça, et se montrent reconnaissants.

 

3/ C’est une période magique et éprouvante, mais pendant laquelle on nous fait tout plein de compliments et où on a un peu l’impression que si Noël chez mamie était réussi l’an passé et celui d’avant, c’est grâce à nos paquets rouges sous le sapin (oui, nos paquets sont rouges) et nos sourire d’ange accompagnant des conseils toujours parfaits. Mes clients habituels me remercient en revenant régulièrement et en m’offrant de temps en temps des granolas et du gateau de riz, tandis que mes clients de passage reviennent une fois par an avec un petit mot gentil et le soulagement du devoir accompli (‘mais maman, comment tu savais que c’était pile ce que je voulais, bon sang, tu es formidable, je retire ce que j’ai dit, tu es toujours ma mère’).

 

 

Quel métier formidable.

 

Tickets : 40

CA : 1180

livres : 90

Paquets : 17

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