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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 00:51

Il est de ces airs qui apparaissent dans la tête comme ça, sans prévenir, de manière très sournoise et qui s’immiscent pour une durée bien plus grande que de raison. Je l’ai déjà évoqué récemment : je me réveille avec un Cd. Et forcément, il vaut mieux que je fasse très attention à la première plage, car c’est elle que j’aurai en tête sous la douche (non, je n’y chante pas, je ne suis pas du tout suffisamment réveillé pour  ne serait-ce que penser à chanter. Je pense à me rincer, ce qui est déjà pas mal). Ces airs là, j’arrive à les identifier.

 

Quand je regarde La Folle journée de Ferris Bueller (ce fut le cas tout à l’heure, et c’est toujours aussi bien), je sais que j’aurai soit du Yello (Oooooooh Yeah…tchika tchika) soit Twist and Shout qui trotteront pendant un moment. Suivant mon humeur, il m’arrive même de m’imaginer sur un char dans un défilé entouré de tyroliennes, mais c’est une autre histoire.

 

Quoiqu’il en soit, avant d’être sauvé par Matthew Broderick in extremis, j’ai cru ne jamais me débarasser d’un air plus qu’improbable, sorti de je ne sais ou et qui a bien failli me rendre fou tout la journée : Les poèmes de Michelle, de Téri Moïse.

Bon sang que je déteste cette chanson.

 

Sans raison particulière en plus, et je n’ai pas du l’entendre depuis une douzaine d’années (à mon avis, je ne suis pas le seul à ne plus jamais l’avoir entendue). Ce qui nous ramène à l’été de mes 19 ans. Le bac tout juste en poche (oui, j’ai redoublé ma seconde, tout ça parce que je n’arrivais pas à rire à Ionesco. Je me suis rattrapé depuis), un mois passé à jouer les manutentionnaires (j’avais déjà la passion du carton) et faire des courses de Fenwick, et me voici sur la route, direction le sud, avec quelques amis triés sur le volet (que je n’ai plus jamais revus depuis, d’ailleurs, c’est dire si mes volets sont bien triés).

 

J’ai passé trois semaines au milieu de nulle part, pas loin de Montpellier, à faire la bombe dans l’Hérault (vous croyez quand même pas que je vais passer des vacances à Palavas ou la Grande Motte ?), et à dormir dans…comment décrire ça…une sorte de cabane en pierres au milieu des vignes, sans eau courante ni électricité ni toilettes, façon Koh Lanta, sauf qu’on pouvait aller acheter du rôti de porc à la boucherie du coin si on voulait, le riz et les vers (surtout que par là bas y’a que des limaces) ça va cinq minutes. Et ma seule fenêtre sur le monde, la seule façon de suivre Marie-José Perec et Michael Johnson, c’était la radio. Et cet été là, le tube c’était la Macarena (je préfère jouer une des tyroliennes plutôt que de me lancer dans la chorégraphie de la Macarena, il est des choses auxquelles je ne m’abaisse pas), suivi de près par la reprise de Killing me softly par les Fugees (One time). Et au milieu de cette cacophonie, cette chère Téri (j’ai longtemps cru que c’était un homme, d’ailleurs, derrière cette chanson horrible) qui nous explique que dans les poèmes de Michelle, les enfants ont des ailes pour, tenez-vous bien, voler. Ces vacances sont plutôt un bon souvenir, au final, donc mon aversion pour cette chanson de vient pas forcément de la réminiscence induite. D’ailleurs je l’ai détestée probablement la première fois que je l’ai entendue, c’est donc pas de la discrimination radiophonique face à la supériorité de la télévision (j’étais jeune et immature à l’époque). Non, c’est tout simplement arbitraire. J’ai aussi décidé que je ne supportais ni Toto ni Dire Straits, et bon courage pour me faire changer d’avis.

 

J’ai donc passé la journée à demander aux clients de me chanter une chanson, dans l’espoir vain qu’elle viendrait supplanter la tenace. C’est fou le nombre de clients méfiants, d’ailleurs, dont la première réaction était ‘pour quoi faire ?’ et non ‘oh mais oui bien sûr, avec plaisir, égayons cette pièce morne’. Il est là le problème avec le monde aujourd’hui : les gens ne chantent plus spontanément.

 

Et quand ils le font dans ma boutique, je leur demande s’ils ont craqué, ou bien ?

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 21:01

Avant de m’épanouir quotidiennement dans l’exercice bloguesque ici présent, je me suis essayé à l’exercice romanesque ainsi qu’à la nouvelle. C'était pas non plus il y a 20 ans, donc on peut raisonnablement affirmer que ces textes se rapprochent beaucoup de ce que j'écris aujourd'hui, le thème de la librairie en moins.

 

Bon, pour le premier (qui doit faire 120 pages, je crois, je sais plus trop), je voulais voir si j’en étais capable, et je raconte donc l’histoire d’un mec (moi, déjà beau et pimpant) qui cherche à écrire un livre pour être encore plus mec (beau et pimpant). Pour la nouvelle (une trentaine de pages), il s’agit du thème de la procrastination, thème qui m’est cher.

 

J’ai longtemps hésité, mais je me dis que ça peut en intéresser quelques uns parmi vous, et quand j’ai une idée qui trotte, elle a tendance à galoper (j’y connais rien en équidés, j’espère que l’image est bonne et que c’est pas l’inverse, vais passer pour un pingouin sinon). Gardez cependant en tête que ces textes n'ont jamais eu (et n'ont pas) pour vocation d'être publiés, je vous les propose car Partage est mon deuxième prénom (Narcisse étant mon troisième)

 

Donc si vous voulez ces textes (format .pdf), il suffit de m’envoyer un mail (lelibrairesecache@gmail.com) avec soit un message super gentil vantant les effets de l’odeur de mon gel douche sur ma peau, soit un message vierge, je comprendrai.

 

Je ne mets pas de lien direct pour des raisons diverses et variées, mais bon, un mail c’est pas grand-chose.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 01:00

Ce soir je suis fatigué.

Pas du tout parce que j’ai eu une journée épuisante (même si j’ai passé l’aspirateur, c’est dire), mais surtout parce que, parfois, je suis un peu crétin (le mot clef c’est l’adverbe, pas l’adjectif, merci).

 

En me levant ce matin, je sentais que quelque chose clochait, le sentiment qu’un je ne sais quoi était pas en ordre. J’effectue mon rituel du matin : réveil à 9h avec un Cd, je laisse généralement la première plage en entier puis me décide à me lever péniblement (je hais les matins), évacuation de la vessie, j’allume l’ordinateur, je file sous la douche (9h10), je sors de la salle de bain (9h16), fringant et habillé je prends une banane et un jus de fruits (je préfère le faire habillé, à poil je me sentirais un peu con, une banane à la main, je sais pas pourquoi, ça doit être Freudien) puis m’installe devant l’ordinateur pour vérifier mails, regarder rapidement quelques sites d’information et valider les premiers commentaires du jour (9h20), puis direction la salle de bain pour le brossage de dents (je profite du coup très peu de la délicieuse sensation de la banane sur le palais, ça doit aussi être Freudien) et d’un coup d’un seul il est 9h40 et je dois partir ouvrir la boutique pour 10h.

 

Mais ce matin, je ne sais pas pourquoi, y’a pas à tortiller, quelque chose ne va pas. Tout ce calme, ces oiseaux qui gazouillent, c’est pas normal.

 

 Ça me rappelle la fois où je m’étais habillé un peu à la hâte, en partance pour le collège (j’étais en 5ème, je crois) et que je me suis retrouvé je ne sais par quel miracle avec un slip dans la poche arrière de mon jeans. Un slip vert. Qui était peut-être la chose la moins sexy de l’univers à cet instant précis, surtout quand on a 12 ans et qu’il y a des motifs dessus (on devient adolescent à partir du moment où on passe du slip pas beau tout moche au caleçon tout moche aussi, mais moins ridicule. On devient adulte une fois qu’on nous offre notre premier boxer, l’équivalent du soutien-gorge chez l’adolescente, mais tout le monde sait que le mâle atteint sa maturité sexuelle longtemps après la femelle). Résultat, quand je sors de chez moi, j’ai tendance à machinalement vérifier ma poche arrière, tandis que parallèlement à ça j’oublie une fois sur deux mon téléphone portable. On a les priorités qu’on mérite.

 

Je tourne la clef de contact de la voiture (qui n’explose pas, on est pas dans Casino), et la vitamine C ainsi que le potassium ont enfin fait effet : je regarde le tableau de bord et me rends compte qu’il est 8h42. Et c’est même pas le passage à l’heure d’été, je n’ai pas cette excuse (l’excuse étant simplement que je me suis planté en mettant mon réveil hier), c’est simplement un paragraphe de plus à ajouter à mon chapitre ‘crétineries passagères’ (ce coup-ci le mot clef c’est bien l’adjectif).

 

Le pire c’est qu’il était trop tard pour me recoucher, ça m’a tout déréglé, encore et toujours ce fichu changement tenace. J’ai plus qu’à me coucher une heure plus tôt et prier pour que tout rentre dans l'ordre.

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 00:28

Le changement, c’est pas trop mon truc. De toute façon, on ne devient pas libraire si on a soif de grands espaces, de voyages et de rencontres insolites à chaque coin de rue (ah, si ça un peu quand même).

 

Mais moi, je me transforme en stressé de la vie handicapé par une incapacité à appréhender de près ou de loin tout ce qui contient un changement dans mes habitudes. Bref, je suis un petit vieux dans un corps de jeune Apollon, refusant la vie alors même qu’elle m’ouvre les bras (oui bon je dramatise, mais en vrai j’aime pas trop qu’on me propose de manger une choucroute alors que j’avais en tête de me faire un festin de pâtes).

 

J’ai tenté maintes fois de me forcer un peu, de me dire d’arrêter d’être bête, je suis pas comme tous ces moutons qui se rassurent d’un rien, j’ai pas besoin de tout le temps avoir la même place dans le bus, allez, je vais m’asseoir par là bas, ça a l’air tout aussi accueillant, en plus la vue sera différente, j’aurai l’impression d’être en vacances, ça va être super. Sauf que non.

 

Super pas.

J’avais surtout l’impression d’être une biche apeurée au milieu de la route, alors que tout ce que je voulais c’était être bien au chaud dans la forêt avec mes amis les sangliers (franchement, je les soupçonne de bien se marrer, les sangliers, dans la forêt. Ils se baladent en groupe et ont à mon avis des habitudes rassurantes, et en plus quand des humains non armés les aperçoivent, ils restent à bonne distance en se disant ‘oh c’est trop mignon, des sangliers, viens voir chérie’, sans même chercher à les caresser car bon, quand même, paraît que ça charge, un sanglier (mais ça moi j’y crois pas trop)).

 

Tout ça pour dire qu’en ce moment, y’a du changement qui s’opère partout autour de moi, ça me déstabilise. Ça a commencé par un changement de repré Delsol, ce qui n’est pas rien. C’est comme si on m’avait quitté du jour au lendemain en me disant ‘j’ai été promue chef à New York, je m’en vais, tu ne peux pas me suivre, je t’aime mais ce serait trop compliqué d’être libraire là bas, et en plus ton passeport est pas valable, mais ne t’inquiète pas, je t’ai trouvé une remplaçante, elle commence demain’. Je doute que mon repré était amoureux de moi, mais l’idée est là. Et donc il faut tout recommencer à 0, apprendre à se connaître, sortir au restau, se faire des ciné (alors qu’on est tellement mieux chez soi peinard), parler de soi, encore de soi, avouer ce qui est avouable, parfois écouter, et puis y’a la première fois, qu’on redoute toujours, pour au final se rendre compte que c’était plutôt naturel, on remet ça dans 1 mois ?

 

Ça a continué avec Panini quittant Interforum pour Delsol/Hachette. Du coup moi j’étais habitué à recevoir la plupart des comics le Jeudi, à présent c’est le Mardi, c’est n’importe quoi.

 

Et là, ce matin, le transporteur qui m’apporte généralement Hachette et que Hachette me dit qu’il a 6 colis à récupérer. Je lui dis que non, c’est une erreur, les 6 colis sont pas pour lui mais pour MPL (messagerie parisienne du livre, qui me livre Flammarion et la Sodis). J’ai dû me tromper en envoyant le fax.

 

Il revient plus tard dans la journée avec des colis Flammarion. C’est n’importe quoi. C’est pas censé arriver. Si ça continue bientôt on trouvera des produits Auchan chez Monoprix et ce sera le chaos. Il m’explique que désormais c’est lui qui les transporte, qu’il en sait pas plus, que ça a l’air permanent, mais il ne sait pas si je dois changer les étiquettes sur mes retours.

 

J’appelle donc Flammarion pour éclaircir ce point (vous noterez à quel point le récit est haletant. Bon ok, pas vraiment, mais c’est nécessaire, il faut me visualiser tout paniqué, avec les yeux un peu fous qui tentent de s’accrocher à ce qui leur paraît être une vérité tangible : tout change en ce début d’année)

‘ah heu non on sait rien à ce sujet’

Fort bien

J’appelle MPL

‘Oui monsieur, c’est normal, on ferme fin Mars, mais le protocole reste le même’

Je me suis retrouvé un peu bête, je ne savais pas trop quoi répondre à quelqu’un qui m’annonce, en substance, qu’il sera sans emploi (enfin j’imagine) dans un mois et qui a pris le temps de me répondre sans irritation aucune et très aimablement (peut-être que lui ne vit que pour le changement et voit ça comme une chance). Je ne supporte pas qu’on me dise ‘bon courage’, donc je n’allais pas suivre cette voie, je me suis contenté d’un ‘merci beaucoup’ banal de circonstance.

 

Et me suis souhaité bon courage.

Vais en avoir besoin, j’ai l’impression qu’ils ont supprimé mon arrêt de bus.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 00:42

Je prends très  (trop) à cœur mon rôle de saltimbanque là pour vous divertir pendant votre pause café, mais comme le sujet imposé quotidiennement ou presque est ‘racontez votre journée’, eh bien fatalement, parfois je me retrouve avec des platitudes de collégien qui copie sur son voisin à qui il n’est strictement rien arrivé.

 

Et aujourd’hui, je suis ce voisin.

Et j’aurai beau mettre mon bras devant ma feuille pour pas qu’on copie, ça ne retirera rien au fait que j’ai vu personne, que c’est les vacances, que l’office du jour était ridicule et qu’à midi j’ai mangé une pizza. J’ai certes eu une conversation enthousiasmante avec boulet 01 qui m’affirmait que les teams de fansubs (comprendre ceux qui passent leur temps à traduire et mettre en ligne les scans de mangas pas encore sortis en France) étaient totalement désintéressées et le faisaient uniquement pour promouvoir des titres Japonais auprès d’éditeurs Français potentiels. Des fois que ces derniers ne seraient pas déjà en contact avec les éditeurs Japonais, n’ayant pas senti le potentiel du marché ici. On sait jamais. Mais bon, pas de quoi en faire une note (ou alors très courte, à peine le temps de touiller le sucre (d’ailleurs c’est le sucre ou le café qu’on touille ? ou les deux ?)).

 

Et comme personne n’est venu m’acheter des Bds, j’ai préféré parler romans avec un ptit jeune qui avait soif de connaissances et de découvertes. Je l’aime bien lui, il est humble, naturel (je veux dire par là qu’il ne se cache derrière aucune posture, si ce n’est celle du mec naturel), et en plus il a compris à dix-huit ans qu’il y avait dans la nature des romans qui valaient la peine d’être lus, qui ouvraient sur le monde et qui procuraient des sensations autres que celles imposées par l’éducation nationale (alors attention, j’ai moi aussi été traumatisé par la Princesse de Clèves, mais la comparaison s’arrête là. Disons que les livres qu’on m’a fait lire à 16 ans, j’aurais préféré les découvrir à 25). Il a le potentiel, mais a encore tout à découvrir (j’adore jouer les vieux sages, alors même que ma liste de lecture en retard doit atteindre les 200 livres entassés dans la chambre et que ça ne fait que quelques années que je rattrape, petit à petit, mon retard sur les ‘classiques’. Donc je joue les donneurs de leçons, mais en toute modestie, et à mon échelle, en tentant de me souvenir de ce qui m’avait marqué moi à cet âge là, et de ce que j’aurais aimé qu’on me conseille aussi).

 

Mon auteur culte étant Bukowski, je lui ai suggéré de commencer par là. Je me souviens de Jaenada me disant, il y a de cela trois ou quatre ans, de me procurer la correspondance qui venait d’être éditée, même si ça voulait dire ne pas avoir de quoi manger pendant quelques jours, tellement c’est une leçon de vie. Je pensais tout connaître de Bukowski (j’ai presque tous ses recueils de poésie et tous ses romans, et une bonne partie de ses nouvelles, même si c’est pas ce que je retiens), mais il avait raison. Il y a plus d’humanité dans ses lettres que dans l’œil du chien quand il remue la queue, pour paraphraser Desproges.

Je lui conseille de laisser tomber Barjavel et Süskind, que des ‘amis’ lui ont prêté (enfin non, qu’il les lise pour se faire une idée, mais bon quand même) et de passer directement par la case Ellroy et Selby Jr. C’est pas de la littérature d’enfants de chœur, mais au moins ça remue les tripes et il sera vite fixé si c’est son truc. Qu’il lise la conjuration des imbéciles, Lolita, La vie devant soi, Dalva et Pastorale Américaine. Qu’il tente Proust, Racine et Sartre (oui, je fais des sortes de pot pourri avec des auteurs évidents, mais ces auteurs je les ai découverts tard, et je fus tellement émerveillé par leur écriture que j’avais l’impression d’être un born-again reader). Qu’il fonce sur Brautigan et Jaenada s’il veut sourire, sur Fante et Jim Thompson s’il est d’humeur plus grave, et, enfin, si ce n’est déjà fait, sur Voyage au bout de la nuit et Le joueur d’échecs.

 

Il ne connaissait aucun de ces ouvrages, j’étais exalté, j’étais parcouru de tout ce que ces livres m’avaient apporté alors même que j’en parlais, je n’avais qu’une envie c’était de foncer chez moi et terminer mon roman en cours (Un pays à l’aube, le nouveau Lehane, très bon par ailleurs).

 

Et c’est là que je me rends compte que je ferais un très mauvais libraire généraliste, car allez demander à quelqu’un qui vous demande conseil s’il a lu Voyage au bout de la nuit, le Dahlia noir ou A la recherche du temps perdu...Mais en tant que libraire Bd enthousiaste face à ce jeune homme plein d'avenir, je fais illusion.

Demain je lui apporterai quelques uns des titres cités. Il pourra vous les faire passer si vous voulez.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 12:25
Certains l'auront constaté, désormais les bannières s'affichent de manière aléatoire. Il m'a fallu beaucoup de courage, beaucoup de cambouis et beaucoup d'assistance de la part d'Ak pour m'en sortir, mais j'ai vaincu (les scripts php pour moi c'est du Klingon).

Pour les auteurs des bannières, sachez que je mettrai très rapidement une section là à gauche avec vos noms et sites respectifs, ça va être super beau, nous serons une belle famille unie.

Si j'ai tout bien compris aux promesses (*tousse*) qui m'ont été faites, d'autres bannières devraient arriver et la famille s'agrandir.
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 01:54

J’ai eu la tête baissée et les yeux sur les baskets toute la journée car oui, autant le dire de suite, je ne suis pas fier.

 

Pourtant j’ai tout pour moi : la jeunesse (relative, je sais), la beauté (cf parenthèse précédente), une barbe qui tient chaud, l’intelligence (absolue), un chouette boulot et une peluche qui m’attend chaque soir sagement (plus qu’à lui apprendre à faire la vaisselle). Je ne vois vraiment pas pourquoi je m’abaisse à ces bassesses. Heureusement que j’ai ce blog comme exutoire expiateur de faute, ça devrait suffire à me garder ma place bien au chaud dans ma concession tout là haut, payée à la sueur de mon honnêteté (je visualise pas très bien le paradis, mais j’espère que y’a du Dr Pepper, ici on a un mal fou à en trouver).

 

Enfin jusque là.

Car oui, aujourd’hui, j’ai menti.

A un client.

Tout ça parce que j’ai pas voulu avouer ma faute devant les forces en présence (le client) et la reconnaître devant les forces orgueilleuses (moi).

 

En gros, ce client m’a commandé un livre en Décembre. Je l’avais prévenu que je risquerais de ne pas le recevoir à temps pour Noël, et comme souvent, j’ai eu raison (c’est épuisant cette omniscience, heureusement qu’elle est contrebalancée par une certaine bêtise qui m’est propre). J’avais d’autant plus raison que je ne risquais pas de recevoir la commande, puisqu’elle n’a pas été transmise. Je passe les détails, mais moi je l’ai bien validée de mon côté, j’ai bien clické sur le bouton, mais il y a eu un problème au niveau de la transmission téléphonique et aucune commande n’a été effectivement transmise. Ça arrive très rarement, et comme j’ai un rapport complet par mail des commandes passées, je vois le problème immédiatement. Sauf que là, c’était Noël, c’était l’effervescence, des commandes j’en valide chaque jour, j’ai pas fait attention, j’ai relâché l’effort dans la montagne, et ça pardonne pas, on se retrouve vite dans la voiture balai, dernier de la classe, pas de bisous (je sais pas si vous avez remarqué, mais au Tour de France ils savent jamais bien combien de bises il faut faire pendant la remise des maillots et autres podiums. Ils ont pédalé une bonne partie de la journée, j’imagine qu’ils ont pas eu le temps de se demander dans quelle région ils se trouvent et quelles sont les coutumes en vigueur (alors que c’est pas le monde qui manque en bord de route, mais c’est ça les mecs, ça refuse de se renseigner, ça préfère se mettre dans la panade tout seul)).

 

Et moi, quand le client venait récupérer son livre, je mettais ça sur le compte des distributeurs, car en fin d’année c’est le rush pour eux aussi et les délais (bordel) sont plus longs que d’habitude, et après tout mon logiciel il me disait que oui oui c’est bon c’est validé ça va arriver bientôt, ne nous affolons pas, chacun son tour.

 

Il m’explique qu’il doit repartir sur sa colline avec son bouquet d’églantines, qu’on va annuler la commande mais qu’il revient dans un mois ½, qu’on reprendra à 0, je vais et ne te hais point. Ouf.

 

Lorsqu’il revient il y à 10 jours, j’ai eu le temps de me rendre compte de l’erreur (ma perspicacité à court terme était endolorie par le froid de décembre), je lui explique tout, on rit, on oublie, il pardonne, on se demande comment on a pu être aussi bêtes, bon allez, on recommande tout ça, je repars de toute façon dans dix jours, y’a pas mort d’homme, j’ai des bouquets de rechange, tout va bien, on est toujours copains (ah, la relation privilégiée entre libraire et lecteur…).

 

Et la semaine dernière, je me suis rendu compte trop tard que j’ai oublié de valider les commandes. Comme un crétin étourdi que je suis. Mais c’est parce que j’ai des amis qui décident de fêter leur anniversaire un samedi soir, et moi je suis trop lâche pour dire non merci, et donc je ferme à la va vite, pressé, et je fonce dans la librairesecache-mobile et dans la nuit sans me retourner.

Je ne m’en suis rendu compte que Mercredi, et il était déjà trop tard pour avoir le livre à temps.

 

Donc quand il est arrivé tout à l’heure, je n’ai pas eu le courage d’admettre que j’ai fauté, que décidément je suis un professionnel de pacotille, que j’ai mis ma vie privée devant mes obligations d’ami libraire, que je ne mérite pas les senteurs d’églantines dans ma boutique.

 

‘Vous ne me croirez jamais, mais j’ai bien reçu votre livre, sauf qu’ils me l’ont envoyé abîmé, j’ai dû le renvoyer, le sort s’acharne, mais promis je devrais l’avoir de nouveau demain ou après-demain, on va pas se laisse abattre hein !’

 

Il m’a cru.

Pourtant, plutôt que d’être soulagé de m’être sorti d’une situation périlleuse, je suis pas bien fier. Alors que c’est pas comme si ça m’avait jamais dérangé de tricher ou mentir. Je me fais vieux…

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 01:13

On est pas Mardi pourtant.

C’est la deuxième fois qu’il me fait le coup en trois ans, la deuxième fois en 3 mois. La première fois, c’était à Noël, et l’univers a tenu le coup, mais là je sais pas, j’ai l’impression qu’il cherche un peu des noises à l’ordre cosmique, ce qui est rarement une bonne idée (en tout cas moi ça m’a jamais réussi. Je me souviens d’un jour…je vous raconterai une autre fois), et j’ai un peu peur pour mes futurs enfants et les présents que je n’ai pas reconnus.

 

Bref, voir mon client du mardi, celui qui dit bonjour, fait son tour, dit au revoir et puis s’en va, débarquer une fois de plus un non-mardi n’était pas pour me rassurer. En plus c’est les vacances, et une ambiance post-apocalyptique régnait sur ma petite ville tranquille du far-west visiblement désertée par le sheriff occupé à choisir ses poireaux ailleurs.

 

Je sens que quelque chose le perturbe, il n’a pas sa concentration habituelle, feuillette à peine les pages des quelques ouvrages de la semaine, le regard fuyant, oui, c’est sûr, il est turlupiné.

 

Il se plante devant moi et me dit :

‘Question’

 

Alors.

J’ai toujours un peu peur moi des phrases ne contenant qu’un mot, elles sont rarement très agréables (sauf si le mot est ‘oui’ ou ‘prendsmoicommeunebête’) et souvent porteuses d’impératif. J’espère surtout qu’il va pas me proposer une charade ou un rébus, suis pas encore bien réveillé (je suis rarement bien réveillé, mais on va dire que là encore moins que d’habitude), surtout que j’ose à peine imaginer les conséquences si je trouve pas la bonne réponse, et il est hors de question que j’aille récupérer une clef au milieu des vagues en plein mois de Février (que ceux qui veulent en profiter pour lancer une vanne à propos de passe-partout se fassent plaisir, c’est le moment).

 

‘heu oui ?’ réponds-je penaud et sur mes gardes

‘C’est vous qui tenez le blog des libraires qui je sais plus quoi ?’

Je pense qu’après plus de trente années (brillantes et consécutives) passées sur terre, c’est sûrement la question à laquelle je m’attendais le moins en ce samedi matin. Et pourtant je suis habitué aux questions incongrues. Mais là, ça dépasse l’entendement. J’ai devant moi la personne la plus improbable, celle dont le nom figure tout en bas des gens dont je parle et qui seraient susceptibles d’un jour se reconnaître, et qui pourtant chevauche les moulins à vent avec sa quinte flush royale dans les mains, qu’il abat sous mes yeux qui n’en reviennent toujours pas (de toute façon j’avais une paire de 2, ça aurait fait un très mauvais scenario de film sur le poker à cheval sur des moulins).

 

Il m’explique que son neveu lui a refilé le lien. Moi je suis un peu gêné, j’essaie de me rappeler rapidement ce que j’ai bien pu écrire dans cette note , s’il y a matière à provocation en duel (surtout qu’en tant que potentiel insulté, il aurait le choix des armes, et je doute qu’il choisisse le cutter, je suis cuit). Mais je vois à son sourire rassurant non sadique qu’il ne m’en veut pas, et il ajoute qu’il a trouvé ça amusant et bien tourné. C’est dans ces moments là que je suis heureux de ne pas être un méchant cynique qui insulte tout le monde derrière un anonymat qui décidément ressemble de plus en plus à du carton fin trempé.

 

Je suis victime de mon succès.

Ça doit être ça, les six clicks de séparation. Je ne suis plus à l’abri, je dois faire plus attention à ce que j’écris, faire jouer les protagonistes de mes histoires par des acteurs professionnels. Finis les amateurs trop proches de la réalité.

 

Et comme je l’avais dit à  l’époque : plus rien ne sera comme avant. Il n’est pas simple de faire abstraction du fait que je sais qu’il lira ces lignes. ‘Vais essayer de faire abstraction…

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 13:13
Pour les plus curieux, voici une liste de mes indispensables à moi. C'est purement gratuit, purement égotique, mais si ça peut faire decouvrir quelques bonnes séries, on va pas se gêner hein.

7 vies de l'Epervier (Les)

A la recherche de Peter Pan

Age de bronze (L')

Akira - N&B

Anita Bomba

Art invisible (L')

Astérix

Autre fin du monde (L')

Banana fish

Batman - Dark Knight

Black hole

Bone

Bouche du Diable

C'était la guerre des tranchées

Cages

Calvin et Hobbes

Combat ordinaire (Le)

Cromwell Stone

Cthulhu

Daredevil (100% Marvel)

David Boring

De mal en pis

Deux du balcon (Les)

Docteur Jekyll & Mister Hyde

Donjon Zénith

Elektra (Sienkiewicz)

Fog

From Hell

Fun home

Gardiens (Les) (Watchmen)

Gaston

Goldfish

Golgo13

Guerre d'Alan (La)

Guerre éternelle (La)

Ibicus

Idées noires

Île des morts (L')

Incal (L')

Innommables (Les)

Jimmy Corrigan

Jules (Une épatante aventure de)

Julius Corentin Acquefacques

Krazy Kat

Légendes des contrées oubliées

Léon la Came

Lone Wolf & Cub

Love and rockets

Ludologie

Lupus

Maus

Mauvaises gens (Les)

Mondes d'Aldébaran (Les)

Murena

Notes pour une histoire de guerre

Number 5

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Peanuts

Péplum

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Petits ruisseaux (Les)

Philémon

Pinocchio (Winshluss)

Pogo

Preacher

Quête de l'oiseau du temps (La)

Qui a tué l'idiot ?

Ratafia

Raymond Calbuth

Rêve de Béton

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Sharaz-De

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Sin City

Smart monkey

Soda

Sommet des dieux (Le)

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The autobiography of me too

The far side

Transperceneige (Le)

Un été indien

Universal War One

Véridique

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 00:36

Aujourd’hui je fus menacé physiquement.

J’en ai pas franchement l’habitude, la violence physique ou verbale ne faisant pas franchement partie de mon quotidien.

 

Je ne me souviens pas non plus avoir jamais participé à une rixe (j’aime bien ce mot), je suis pour la médiation et contre les instincts bestiaux naturels, et j’imagine que si on me tapait en premier, je ne tendrais pas non plus l’autre joue (suis ni Jesus ni maso) mais lui demanderais plutôt si bah alors, ça va pas non, t’arrêtes maintenant. La honte l’envahirait alors, il baisserait la tête, répondrait que oui pardon, je sais pas ce qui m’a pris, je t’ai confondu avec un autre, ce qui est impossible en plus tellement tu es beau et unique, faisons la paix, viens, je t’offre une nouvelle voiture pour me faire pardonner. J’ai foi en l’humanité des peuples unis dans la non-violence.

 

Alors attention hein, je suis pas une mauviette pour autant, je ne me planque pas sous la table dès que les tabourets de bar se mettent à voler, je suis un homme moi, un vrai, j’ai déjà joué au rugby et fait un bras de fer.

Non. Simplement, j’évite les bars.

 

Sauf que là, je suis derrière mon comptoir, à la merci du premier sauvage(on) venu, sans issue, mais avec toujours mon fabuleux cutter  à portée de main, même si je saurais pas trop quoi en faire sinon foncer sur le premier carton qui se présente à moi pour l’ouvrir et faire diversion (aha ! tu la voyais pas venir celle là hein ?).

 

L’alpha boulet se présente devant moi, du haut de sa hauteur imposante, et me demande, plein d’a propos, voyant le présentoir Soul Eater (un manga à venir, et on va en bouffer, sans mauvais jeu de mots) :

‘Tu l’as le manga Soul Eater ?’

‘Nope, il sort le 12 Mars, y’a marqué en gros dessus’

‘Ah oui je le savais en plus’

 

La question qui suit, on me la pose fréquemment. Je ne m’en offusque pas, je la comprends, même si du coup j’ai l’impression d’être relégué au rang de libraire de seconde zone qu’on livre après tout le monde, s’il reste du rabe et de l’essence dans le camion :

‘Et tu l’auras le 12 Mars, comme à la Fnac ?’

‘Heu oui les dates de sorties sont les mêmes pour tout le monde’

‘Bon, t’as intérêt, sinon on revient te taper dessus’, répond-il en tentant d’être spirituel devant une fille qu’il avait l’air de vouloir impressionner par son aisance en ma présence (règle numéro un en prison : toujours taper sur le plus fort pour se faire respecter. Comme je suis le seul ici, je suis par définition le plus fort. Manque de pot, je suis aussi le garde et le directeur).

 

ça doit être de l’humour de boulet mal dans sa peau

 

‘Non je crois pas non’ lui ai-je répondu, confiant comme un paon qui a toutes ses plumes au derrière et qui va pas se laisser impressionner par un ragondin.

 

L’humanité entre les peuples n’est pas encore tout à fait assurée, mais au moins mon intégrité physique, si. Et c’est bien là le principal.

 

 

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