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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 01:30

Le Jeudi est, et à plus forte raison à l’heure où blanchissent la campagne et la fin du mois et qu’il faut commencer à choisir entre un plein d’essence et un plein de Bd, le jour le plus morne et désert de la semaine.

Le lundi après-midi, c’est le début de la semaine, le dimanche a été long, les cours de maths aussi, donc on s’empresse de venir me voir à la sortie des cours.

Comme le lundi tout ce qui est administratif et commercial autour de moi est fermé (c’est ça, la campagne), les mères et pères au foyer viennent au centre ville le mardi chercher leur carte grise et en profitent pour récupérer le nouveau XIII.

Le mercredi c’est le jour des enfants, et faut bien les sortir, les marmots, du coup j’ai pas mal de monde l’après-midi. Surtout qu’il faut aussi compter sur ceux qui se sortent tout seul et qui n’ont nulle part d’autre où aller après les cours.

Le vendredi, c’est déjà le week end pour certains, « casual Friday » pour d’autres (ça veut dire qu’ils ont le droit de s’habiller en jogging violet avec des tongs et venir me voir dès 16h). Quelques clients ont besoin de leur pile de Bds salvatrice à amener pour lire chez les beaux-parents ce week-end, et c’est pour ça que c’est une journée chargée (y’a beaucoup de beaux-parents, en France).

Le samedi, c’est la fête. Je reste ouvert en continu, c’est jour de marché, c’est l’effervescence, la promenade dominicale est remise à demain (oui, je sais…) et l’orgie consumériste du samedi ne saurait attendre. Ça m’arrange, j’ai aucune envie d’ouvrir le dimanche, le dimanche est fait pour acheter des pâtisseries et boire du chocolat chaud (enfin chez les gens normaux. Pour moi le dimanche sert à dormir jusque 13h et en faire le moins possible tout en glandant devant des programmes improbables à la télévision, mais pas Drucker, ça je peux pas).

Cependant, j’étais d’humeur mélancolique moi aujourd’hui, c’est pour ça que je n’ai pas pour autant mis la musique Famesque à fond les ballons pour perfectionner mes entrechats, malgré le désert local. Non. J’ai fait des retours. C’est moins sexy que de m’imaginer en collants et à dos d'âne, mais promis, je me rattraperai.

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 00:43

Cette fois-ci j’étais pas derrière le comptoir (j’aimerais bien pouvoir rentrer mon stock dans l’ordi, puis tout lancer directement d’où je suis pour que ça atterrisse tout bien sur les étagères et en présentation. Quel gain de temps considérable, sans oublier le côté ludique

*soupir*

). Du coup elle (Elle, pardon) a foncé sur moi pour me faire la bise, ne me donnant pas le temps de me retourner et fuir en courant vers la réserve. Ce qui de toute façon n’aurait servi à rien, c’est comme dans les films d’horreur quand la voiture ne veut pas démarrer, eh bien là je suis sûr que j’aurais pas réussi à tourner la clef dans la serrure (heu non, là non plus ce n’est pas une métaphore, ma clef va très bien, merci).

Ceci est très anecdotique, elle est restée 2 minutes, n’a pas tenté une approche du style de m’inviter au mariage de son cousin (j’aurais refusé, je déteste danser, à moins d’être seul dans la boutique avec la musique de Fame à fond. Je vous laisse visualiser), puis est repartie vers de nouvelles aventures en gambadant.

Mais cet intermède mi-horreur mi-musical m’a fait me rendre compte que je fais la bise à très peu de clientes. C’est pas mon truc. Je tutoie 80% de mes clients réguliers (y’en a, c’est tout simplement pas possible, un peu comme tutoyer son beau père général de l’armée de terre, il est des choses qu’on ne peut forcer), je serre tout plein de mains dans une journée, je dis salut ça va ? Sans attendre la réponse et demande des nouvelles du petit dernier (en attendant la réponse, cette fois-ci). Mais faire la démarche volontaire d’empiéter sur l’espace vital d’une demoiselle/madame et lui en coller deux (des bises, hein). En plus ça vous donnera une idée d’où j’habite, tant la carte géographique de la France est déterminée par le nombre de bises octroyées. Du temps de mon adolescence, c’était quatre et très fastidieux, on y passait un temps fou. Heureusement que la mode Parisienne est contaminante, à présent tout le monde marche vite et n’importe comment ET on est passé de quatre à deux.

Pour bien faire, faudrait que je fasse une boîte à idées, et si je vois qu’une majorité des propositions contient, outre ‘plus de mangas gratuits LOL’, un beau et sobre ‘on veut la bise du beau vendeur ténébreux là bas qui ose pas nous approcher alors que nous sommes majeures et consentantes’ alors ouais, j’y réfléchirai.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:41

Je savais que la journée serait spéciale (ça c’est du teaser).

Rien à voir avec le café, ce coup-ci, mais plutôt une dame sans âge qui passe la tête par la porte et qui me demande :

« Bonjour monsieur, est-ce qu’il y a un medium dans le coin, j’ai senti des ondes étranges en passant ? » (un peu comme quand un Highlander ou un Jedi en croisent un autre de la même espèce, j’imagine)

Je ne savais pas quoi répondre, si ce n’est que promis, j’ai rien à voir la dedans, que mon karma est impeccable grâce à une balance bonjour/au revoir parfaite. Elle est repartie le nez et les cheveux en l’air, bravant le pavé d’un pas incertain.

Et là-dessus, si j’ose dire, arrive un type d’une quarantaine d’années, tout décontracté, heureux de vivre et de visiter ma boutique (normal, je suis un marchand de bonheur). Il me pose plein de questions sur plein de livres différents, me demande conseil, me fait sortir porte folios et autres tirages spéciaux, me dit ‘je vais prendre ça et ça et ça et ça’, fait sa pile sur le comptoir, toujours contaminé par la symphonie du bonheur et les oiseaux qui chantent dans une basse-cour au loin (ça change des ânes. Et puis des ânes dans une basse-cour, c’est encore plus n’importe quoi). Je passe 45 minutes avec lui, il en est presque au point de me montrer des photos de son petit dernier et de sa femme au bord de la piscine, je sens le nouveau client fidèle pour la vie (vous faites quoi pour le nouvel an ?).

« Je vais chercher l’argent, je reviens »

Ca n’a pas fait tilt, sur le coup. Après tout, pourquoi aller retirer de l’argent quand on peut payer directement avec sa carte bleue ?

Je l’ai attendu, son sourire ayant contaminé le mien, telle la femme qui attend son mari parti chercher des cigarettes.

Et tout comme le mari lucide sus mentionné, mon « client » n’est jamais revenu. Il nous a abandonnés, mon sourire niais, la pile sur le comptoir et moi.

 

Ou alors il fut kidnappé par un médium, apparemment ils traînaient dans le coin aujourd’hui.

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 00:25

Je vais préciser certains points de ma note d’hier, car bon, si ça se trouve la majorité silencieuse a tout bien saisi, mais certains commentaires m’ont fait dresser l’oreille, et je n’aime pas être incompris.

J’en ai parlé dans les commentaires, justement, mais si je suis accablé après un conseil raté, ce n’est pas car je me rends compte que l’humanité n’a pas les mêmes goûts que moi, non, ça je le sais déjà, c’est pas pour rien que je suis un snob élitiste. Ce qui me chagrine c’est de me dire que j’ai failli à ma tache, que je n’ai pas su cerner les goûts de mon client et que du coup il n’a pas pris un plaisir immense dans sa lecture, plaisir qui le mène à camper toute la nuit devant la boutique afin d’être le premier à l’ouverture pour être sûr d’avoir des produits frais.

D’ailleurs, si j’étais samouraï à l’ère d’Edo, je me ferais seppuku (quoique je sais pas, ça a l’air de faire mal, quand même. Va pour Ronin, c’est plus réaliste).

De toute façon, Dieu m’a façonné à son image, certes, mais moi je n’ai ni sa mégalomanie, ni son arrogance, du coup je laisse mes clients aimer ce qu’ils veulent (eh oui, suis comme ça moi, un exemple de tolérance indéfectible). Je me vois mal conseiller du Sienkiewicz à un amateur exclusif de la collection Vécu. Enfin je pourrais mais il risquerait de partir en courant, façon Le Cri de Munch.

Voilà, je suis content d’avoir éclairci ce point. D’autant plus qu’il ne m’est rien arrivé aujourd’hui, donc ça m’arrange.

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 00:14

Quand mon premier geste professionnel de la journée c’est de renverser mon café partout sur des documents bancaires importants, alors je sais qu’elle risque d’être pénible. Quand mon premier geste personnel de la journée c’est de me prendre les pieds dans mes draps et me rétamer par terre sur la moquette, je sais que c’est même pas la peine de sortir. Heureusement pour mes clients, je n’ai fait que mettre du café partout par terre aujourd’hui, ils auront la chance de me voir évoluer dans mon espace naturel, et peut-être même que je me laisserai prendre en photo.

Mon premier client, un jeune homme peu dégourdi et très grande gueule, voit le nouveau  tome de Goblin’s, explique à ses amis que c’est stylé, puis vient me voir

« Mais y’a eu un tome 2 ? je l’ai jamais vu »

« C’est une question rhétorique ? »

« Quoi ? Non mais sérieux, y’a eu un tome 2 ? »

« Ben oui, puisque là tu vois le 3 juste devant toi. Ils font rarement dans l’originalité niveau numérotation » (oui, ça arrive, je sais. Vous noterez le « rarement », qui implicite des exceptions)

« Stylé »

La caféine n’a pas encore fait son effet, du coup je lui accorde le dernier mot, il s’en sort bien.

Une cliente à qui j’ai conseillé Ma maman est en Amérique il y a peu pointe le bout de son nez par la porte et m’explique qu’elle passe en coup de vent exprès pour me remercier, qu’elle a adoré (sa lecture…je précise au cas où), qu’elle va la prêter à toutes ses amies et qu’elles formeront un club.

Bon, voilà qui rattrape ma journée plutôt maussade pour l’instant, je l’avais mal jugée, mon café renversé ne voulait rien dire, tout ça ce sont superstitions et salamalecs de bas étages, j’ai mal lu le marc.

Sur ce arrive un de ces clients qui ont tendance à écouter mes conseils aveuglément (les fous).

« Tiens j’ai lu L’autre fin du monde hier » (chef d’œuvre absolu d’Ibn Al Rabin)

« Ah ! c’est supra chouette et extra fou non ? »

« Bof, j’ai vraiment trouvé ça supra nul, surtout. Extra pourri. Rien à retenir. Très mauvais. Rien à sauver. T’as aimé pour de vrai ? »

« Bah oui, j’essayais pas (seulement) de te vendre un livre à 40€ en mettant un coup de cœur de derrière les fagots dessus. »

En toute logique, me connaissant, ça va annihiler tous les bons points du club qui s’est ouvert à ma gloire, tout a l’heure. Dans ma balance personnelle, il faut environ 19 764 clients satisfaits pour 1 client mécontent. Sinon je me sens plus bas que l’ombre du platane de mon jardin de quand j’étais gamin. Bon, vais me traîner à plat ventre jusque mon lit, ça ira mieux plus tard (vous me dîtes si je fais un peu trop dans le dramatique…)

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 23:51

Cher Journal,

Aujourd’hui c’était vraiment une chouette journée. Personne n’est venu me plaquer au sol en m’hurlant « Heil quoiquecesoit ! » dans les oreilles, personne ne m’a demandé combien il y aura de tomes à One Piece, personne pour savoir quand sort le prochain Donjon de Naheulbeuk. Il y a bien eu une tentative de débat pour savoir quelle était la meilleure saison des Pokémons, mais j’ai beau être instruit et cultivé, je dois reconnaître que mon silence n’était pas qu’une tactique subtile pour ne surtout pas y prendre part.

Non, cette journée ne fut que douceur, barbe à papa, point de croix et macramé. Surtout que tu ne le croiras jamais, mais il s’est passé quelque chose d’incroyable (par définition) : un homme est entré, de type professeur sérieux à barbe (c’est à ça qu’on les reconnaît, quand ils n’ont pas de pipe) et m’a demandé sans détours si j’avais des Bds non pas sur les girafes, les cochons, les dindes, les chevaux ou les chats (c’est d’un banal). Non. Lui il en voulait une sur les ânes.

Je lui ai répondu que bon sang, c’est foufou, moi-même je nourris en ce moment une certaine obsession étrange pour cet équidé, dans mes bras. Je pense qu’il a deviné cette dernière pensé, a fortement répondu intérieurement que jeune homme je ne vous permets pas, un peu de distance, du coup je n’ai pas insisté et me suis contenté de lui conseiller Philémon et Jerôme d’alphagraph.

Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour.

J’en suis tout émoustillé.

J’espère que je rêverai d’ânes, ce soir, du coup (mais pas de vieux messieurs à barbes,  et heu rien qui n'inclue des pipes, si possible, merci).

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 01:45

Tout de crâne rasé et de tatouages vêtu, il se dirige droit vers la tête de gondole, visiblement attiré par quelque chose de précis.

En tout cas, je ne l’ai jamais vu par ici, il a comme qui dirait un physique qui ne passe pas inaperçu, je m’en serais souvenu (j’ai tendance à vachement bien me souvenir des gens qui sont tatoués sur le crâne, je me demande si c’est de la curiosité malsaine ou de l’intolérance…). C’est ça aussi le métier de libraire : se souvenir des crânes et des possesseurs de cartes Visa Infinite (bonjour, vous prendrez bien un cognac avec votre café ?).

Et donc il prend la Bd ‘Il était une fois en France’, le tome 2, la pose sur le comptoir et me demande si j’en ai d’autres dans le même genre.

« Dans le genre saga historique, vous voulez dire ? »

Il tapote la couverture avec son index, pile à l’endroit où se trouve la croix gammée

Ah

Bien bien

« Je cherche tout ce qui représente cette croix, vous en auriez d’autres ? »

Ma mère et Jesus m’ont appris à ne pas juger quelqu’un en à peine 2 minutes, et après tout, je ne savais pas s’il me le demandait par fascination malsaine pour le IIIème Reich, ou par intérêt graphique. Je décide donc de tester un peu, car Jesus m’a aussi appris que c’est pas poli de demander à quelqu’un dès le premier jour si c’est un neo-nazi.

Je lui montre donc la couverture de Maus. S’il me répond j’en veux pas de cette Bd sur les juifs pas du tout objective, alors j’aurai ma réponse. Sauf qu’il me dit simplement que non, ça ne va pas trop, il cherche surtout des représentations graphiques du svastika. Retour à la case départ.

Je me jette à l’eau et lui demande, si c’est pas trop indiscret, et d’une voix neutre et souriante (je ne juge pas, Jesus me regarde) pourquoi il en a besoin, et il me répond que c’est pour une expo, mais qu’il n’a pas le droit de m’en dire plus.

Il repart avec un tome de Sir Arthur Benton, et moi à vrai dire je suis tout tourneboulé. C’est bien la première fois que je ne suis pas tout heureux d’avoir trouvé une Bd qui correspondait parfaitement à la demande du client. Et je sais toujours pas si j’ai bien fait…

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:32

« J’écoute »

 

Bon, en vrai je réponds pas au téléphone comme ça. Mais j’ai un collègue (qui est beau, fin et racé comme un lion des savanes grecques) qui le fait ainsi, et je trouve ça cool (oui, parfaitement, cool). Et comme toute personne faible comme une moule à gland, eh bien j’aspire à faire comme les plus forts.

Non, moi, en vrai, quand je réponds au téléphone, je prends ma voix suave de mec qui a une voix suave, j’annonce le nom de ma librairie suivi d’un « bonjour » plutôt sobre et classique. Ne pas effrayer le client potentiel dès les premiers mots.

Et puis bon, tu parles de clients potentiels, généralement ce sont soit des marketeurs directs (sic, je sais) qui savent pertinemment que je ne veux pas d’un rendez vous pour parler d’opportunités de placements (vu ce que j’ai à placer…) mais qui sont quand même payés pour ça, soit des gens qui me demandent si j’aurais pas Autant en emporte le vent en cassette vidéo (je ne crois pas, laissez-moi vérifier).

 

« Bonjour monsieur »

C’est l’avantage de prendre une voix suave, on reconnaît de suite mon côté mâle. Quand j’étais enfant, j’avais les cheveux longs et soyeux et un visage d’ange immaculé. Donc forcément, les gens jaloux se vengeaient en me confondant avec une fille. A part la barbe permanente, j’en ai pas gardé particulièrement de séquelles. Par contre, je hais l’humanité.

« Est-ce que vous auriez le carnet de croquis de Warren Deems ? »

Ah

Bon

En tant que professionnel qui tente de se respecter le matin devant sa glace face à lui-même, j’ai tendance à ne pas aimer être collé. Sauf qu’en fait, je n’ai aucune idée de qui est ce Warren Deems et encore moins de quel carnet de croquis il est responsable.

« heu vous l’écrivez comment ? » me décidé-je à demander, mort de honte, songeant à ma reconversion (finalement, le marketing direct, c’est pas si mal, y’a aussi contact avec les clients, et les fauteuils sont sûrement confortables, j’en ai marre moi d’être debout toute la journée).

« War

en

deems »

 

Et là ce fut le déclic. J’étais tellement soulagé d’avoir la réponse que je n’ai même pas songé à me moquer de son accent, ou plutôt de sa tentative d’accent (j’ai toujours trouvé moins crétin de dire Speedairman que Spaïderman (ne surtout pas prononcer le « r »)).

« Ah, vous voulez dire le War and Dreams chez Point image ? Oui c’est bon, il m’en reste un »

 

Tout va bien, je peux passer une journée de plus en me regardant en face sans miroir. En attendant demain…

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 00:03

Boulet #7 (en fait j’espère secrètement que les gens qui chercheront le blog de Boulet tomberont sur le mien, et qu’ainsi je serai enfin le maître des blogs Bd sans Bds), Boulet #7, donc, ne sait jamais ce qu’il veut.

Il sait qu’il a 20€ d’argent de poche par mois, qu’il doit économiser un peu pour acheter un cadeau à sa sœur pour Noël et que sa boîte de tirlibibis est bientôt vide. Et que par conséquent il peut s’acheter 2 ou 3 mangas. On établit donc un plan d’action à l’avance, histoire d’être bien préparés :

« Y’a quoi comme sorties dans ce que je fais, ce mois-ci ? »

« T’as pas Internet ? »

« Si, mais je préfère quand c’est toi qui me dis »

Dans ces cas là j’ai un peu l’impression d’être la mère à qui la fille demande de lire une histoire, et qui veut surtout pas du père pour cette tâche, parce que oui, c’est mieux quand c’est maman qui raconte (les mômes, rien que des ingrats).

Ceci dit, l’histoire en question c’est un planning Manga-News, donc je ne peux m’empêcher de me dire que c’est mignon, certes, mais qu’il se fout un peu de moi. Pas grave, j’ai l’habitude.

 

Une fois le planning établi, la liste dressée, le plan d’action en place, il revient avec ses sous durement gagnés (j’imagine qu’il met son assiette dans le lave-vaisselle après dîner pour les mériter). Et là, je me dis que si les généraux de l’armée Napoléonienne avaient été plus comme lui, soit cette dernière aurait été anéantie en deux jours (et nombre de Bds n’auraient pas existé), soit au contraire elle serait toujours en poste à attendre les ordres, et le monde ne serait qu’un champ de coton en poudre avec du pollen partout et des gens qui éternuent en se tenant par la main. Toujours est-il qu’il n’arrive jamais à se décider en moins de 15 minutes (ou 3 minutes si je lui force un peu la main en lui rappelant que y’a du monde derrière qui attend pour faire la guerre, on ne change pas l’Histoire aussi facilement). Il pèse le pour, le contre, le ni pour ni conte, le peut-être, et la balance reste à l’équilibre, ce qui n’est pas pratique pour que justice soit rendue.

 

« Finalement je vais faire comme on a dit au départ, je vais prendre le Young GTO »

Voilà, faisons comme prévu, l’ennemi n’aime pas les surprises.

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 00:20

Ça n’aura échappé à personne, moi y compris : cette semaine, je suis dans Télérama. Eh oui. Bon, c’est moins important pour ma grand-mère que s’ils publiaient mes recettes de cuisine dans Femme Actuelle ou mes romans photos dans Nous Deux, mais par contre en termes de visites (de qualité) c’est plutôt pas mal.

 

Je ne suis pas ici pour m’auto congratuler, surtout que pour le coup je n’y suis pour rien, aussi mérité par ailleurs soit-ce, mais plutôt pour me poser la question essentielle qui suit : ai-je des lecteurs qui me demandent des Bds dont ils ont entendu parler sur Internet et autres médias ?

 

Tenez-vous bien : bof

 

J’ai bien un prof de lycée qui me prend tout ce que chronique Télérama (après validation de ma part, mais comme généralement je suis d’accord avec eux, ça évite les empoignades et négociations. D’ailleurs je sais pas trop s’il va prendre Minik cette semaine, puisqu’il a déjà acheté Groenland Manhattan. Ça va être tendu.), mais à part ça, j’ai rarement des clients qui viennent avec une coupure de journal, la plaquent sur le comptoir et disent JE VEUX CA ! Ça arrive un peu au moment d’Angoulême (seul moment de l’année où on parle Bd dans les médias en dehors de la sortie de Titeuf, et bientôt du nouveau Lucky Luke). D’ailleurs j’avais mis un coup de cœur sur La où vont nos pères et je l’ai laissée pendant des mois en présentation, et il a suffit du prix à Angoulême pour que j’en vende 3 fois plus. Je fais pas le poids…

 

Après, j’ai bien conscience que la pub est insidieuse, et que le critère qui définit le choix final peut très bien être lié à un coup de cœur vu quelque part, ou à un entrefilet dans le 20 minutes de l’autre jour. Mais bon, ils peuvent faire tous les efforts de communication du monde sur un titre médiocre, il décollera pas pour autant (on le voit beaucoup avec les mangas et sur Asterix aux Jeux Olympiques).

 

Ah quoique si, il y a eu un cas cette année. Ils ont parlé des Filles perdues, d’Alan Moore (génie de son état) dans le Grand journal, sur Canal Plus. Je me faisais donc un plaisir de montrer cet ouvrage ouvertement pornographique aux clients qui tentaient de masquer vaguement (ou non, d’ailleurs) leur gêne.

« oui tout à fait, elle caresse le sexe d’un cheval, oui »

« ah heu ça ce sont les frères de Wendy qui se masturbent mutuellement pendant que Peter Pan s’occupe d’elle »

Par contre, je ne sais pas si c’est le pouvoir de la Télévision, ou celui de la curiosité pornographique qui en est la raison.

Je leur demanderai, tiens.

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