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  • : Les libraires se cachent pour mourir
  • : Un libraire se livre (oui bon...). Les doutes, les joies, les peines et les découvertes sans cesse renouvelées dans ce milieu merveilleux. Ou alors c'est simplement le quotidien d'un mec qui lit des Bds et qui est payé pour ça
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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 22:38

Je vous livre de manière un peu brute et brutale un texte que j’ai écrit pour la revue Tind ! et qui finalement n’y sera pas publié. Un des avantages d’internet étant qu’un texte reste rarement au fond d’un tiroir virtuel, je me propose donc de le publier ici-même, dans la tribune que j’ai créée exprès rien que pour moi.

 

Mais sinon, pour de vrai, outre le fait que je trouve certains collaborateurs et dessinateurs de La Revue Dessinée très beaux (et belles – Marion Montaigne, je t’aime), je vous encourage à vous abonner, histoire de pérenniser cette histoire, cette farandole de joie éditoriale.

Zou.

 

 A l’heure où les prix à la page pour les auteurs Bd semblent baisser inexorablement (ou tout du moins stagner depuis 10 ans) et où le lectorat presse s’effrite, de fort beaux auteurs de qualité se sont lancé dans une folle aventure : créer un mook (oui, c’est moche, ça fait un peu nom d’animal imaginaire pondu par les mêmes qui ont inventé le mot trip-hop). Alors oui, depuis le succès de XXI, ça pullule de partout dans les librairies avec plus ou moins de bonheur, mais on ne peut pas les taxer d’opportunistes. Déjà, parce que le pari est risqué. Se mettre à bien payer ses collaborateurs, on n’a pas idée (autour de 150€ la page, ce qui met le seuil de rentabilité à 12 000 exemplaires), collaborateurs qui plus est pas forcément connus du grand public. Ensuite, parce que oui certes, la Bd (dite) de reportage a le vent en poupe en veux tu en voila, mais plus personne ne s’y retrouve entre le vrai propos de fond réfléchi et le simple récit de vacances à la campagne parce qu’on ne savait pas trop quoi raconter d’autre, et faut dire que tata Gabrielle elle fait toujours marrer tout le monde.

 

Ce qui est sûr c’est que, en tant que libraire, c’est un plaisir d’en mettre des piles sur le comptoir, de les présenter en disant que regardez, c’est Gipi et Mattotti qui ont fait les couvertures, c’est dire si la qualité est au rendez-vous, et puis mais si, ceux qui ont lancé ça c’est Franck Bourgeron, Sylvain Ricard et Kris (entre-autres, mais j’évite le name-dropping devant mes clients), ils savent ce qu’ils font, ils ont pris les choses en main, c’est un boulot de dingue en parallèle de leur activité de créateurs, vraiment faut les soutenir et en plus, accessoirement, j’insiste là-dessus mais c’est du tout bon dans le fond et dans la forme. Alors, je vous en mets combien ? Apparemment, si j’en crois les échos des lecteurs en général et des miens en particulier, tout va bien. Comme quoi il n’y en a pas que pour la course au numérique et que d’autres modèles continuent d’exister.

 

C’est pas non plus la fête du tirage (20 000 ventes pour le numéro 1, 17 000 pour le second et autour de 13 000 pour les 3 et 4), mais le bouche à oreille tourne à plein régime, la presse a bien relayé l’info et les initiateurs du projet tentent l’ubiquité pour être partout en même temps et rappeler que la bande dessinée peut aussi (mais pas que) coller à des sujets généraux d’actualité passionnants.

 

C’est ce qui fait par ailleurs que le projet est stable et non soumis aux aléas de ladite actualité (parce qu’il faut le temps de la dessiner, la revue, mine de rien, et qu’on a vite fait d’arriver après la bataille et de, soudain, juste comme ça, ne plus être à la mode et traiter un marronnier à la mauvaise saison (en journalisme, il n’est pas toujours chic d’être en retard, même quand c’est pour grimper aux arbres)) : tout comme dans XXI, leur modèle à tous – trimestriel, pas de pub, maquette réussie, vendu en librairie car il parait que c’est là que se trouvent une partie des lecteurs – les sujets sont vastes et variés, parfois graves, parfois légers, mais ce qui est sûr c’est qu’ils ne sont jamais traités à la va vite (c’est un des avantages d’être payé correctement).

 

Moi je vote pour.

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Published by Le libraire en question
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